‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 346 sur 553 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

marquis de Leganès. Il devait, de plus, aussitôt après son retour à Madrid, épouser la fille de Spinola et pendant son séjour à Bruxelles, son futur beau-père ne pouvait que confirmer dans son esprit l’opportunité de la

TRIOMPHE DE l’ E U C II A R ! S T 1 E SUR L'IGNORANCE. (Esquisse du Musée du Prado.)

politique préconisée par Rubens qui n’avait jamais agi que d’après les instructions de Spinola. L’artiste a\ait, du reste, des raisons personnelles de s’entendre avec don Diego qui, grand amateur de curiosités et d’objets d’art, avait réuni dans son palais de Madrid une très riche collection de meubles en marqueterie, de pièces d’horlogerie, d’armes de prix et de peintures des maîtres les plus renommés. Dans le post-scriptum d’une lettre qu’il écri\ait à Dupuy, le ij décembre 1627, Rubens lui annonce qu’au premier jour il commencera le portrait de don Diego qu’il tient « pour un des plus fins connaisseurs qu’il y ait au monde ». Ce portrait qui, au dire de Mois, était autrefois dans la famille de Leganès se trouve-t-il encore chez un de ses descendants? Nous l’ignorons, mais selon toute vraisemblance, il n’avait pas été exécuté entièrement d’après nature : Rubens, ainsi qu’il l’a fait plusieurs fois, s’était probablement servi, pour le finir, du beau et vivant croquis appartenant aujourd’hui à la collection de l’Albertine, croquis d’une sûreté magistrale et qui représente Diego presque de face, le regard assuré, l’air impassible et un peu hautain. Avec ces hommes d’État dont les moments étaient comptés et qui

IMP.ORAEGER. PARIS

PORTRAIT D’OLiVARES.

ne pouvaient accorder au peintre que de courtes séances, force était bien deprocéder d’une manière expéditive, et nous sommes certains qu’un autre portrait, celui de Spinola, exécuté à cetté époque même par Rubens,

TRIOMPHE DE l’eucharistie SUR L'hÉRÉSIE.

(Esquisse du Musée du Prado.)

avait été terminé en l’absence du modèle. Dans une lettre écrite le i3 janvier 1628 à Dupuy, l’artiste lui dit, en effet, que « ce portrait est assez avancé et qu’il sera bientôt fini ; mais qu’en hiver les couleurs séchant difficilement, il faut beaucoup de temps pour venir à bout d’une peinture ». Or, depuis le 3 janvier précédent, Spinola était parti pour l’Espagne avec don Diego. Animés tous deux des dispositions les plus bienveillantes à l’égard de Rubens, ils devaient plaider chaudement sa cause à Madrid auprès de Philippe IV et d’Olivarès et témoigner du cas qu’il fallait faire de son intelligence et de sa loyauté.

Rubens, d’ailleurs, n’avait rien négligé lui -même pour se concilier les bonnes grâces d’Olivarès. Il est permis de croire que c’est dans cette intention que, peu de temps auparavant, il faisait graver par P. Pontius le portrait du ministre espagnol exécuté d’après une de ses peintures. La collection Kums à Anvers possédait récemment

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