MARIAGE AVEC HÉLÈNE FOURMENT
beauté enfantine l’ont si complètement charmé, était Hélène Fourment.
Depuis longtemps, il était en relations avec sa famille, alliée à la sienne propre. Le frère d’Hélène, Daniel Fourment — il portait le même prénom que son père — avait, en effet, épousé, le 22 septembre 1 61 g, Clara Brant, sœur d’Isabelle, la première femme de Rubens. Des dix enfants du vieux Daniel, Hélène, baptisée le G'’ avril 1614 à l’église Saint-Jacques, était la dernière, et bien souvent l’artiste avait eu l’occasion de la voir chez ses parents, puisqu’il avait peint d’après une de ses sept sœurs, Suzanne, mariée à Arnold Lunden, directeur de la Monnaie, de nombreux portraits, notamment le célèbre tableau de la «National Gallery », connu sous le nom du Chapeau de Poil. C’est d’après une autre sœur d’Hélène, Claire Fourment, et d’après son mari, Pierre Van Hecke, que, vers 1624-1625, il avait exécuté les deux magnifiques portraits qui appartiennent aujourd’hui à M. le baron Edmond de Rothschild, œuvres d’une conservation merveilleuse et qui, par l’éclat de la couleur et le sentiment de la vie, comptent parmi les plus puissantes et les meilleures du maître. Enfin, c’est aussi grâce à l’entremise de Nicolas Picquery, un beau-frère d’Hélène, fixé à Marseille, que Rubens faisait le plus souvent parvenir à destination les envois adressés à Peiresc, et plus d’une fois il avait recommandé aux bonnes grâces de l’érudit provençal cet obligeant intermédiaire.
Les Fourment — ainsi que le prouve la dot assez considérable qu’ils firent à Hélène, malgré le nombre de leurs enfants — n’étaient pas sans fortune; ils appartenaient à la haute bourgeoisie et avaient eux-mêmes des armoiries. Sans s’arrêter à la disproportion des âges, ils n’avaient pas résisté aux avantages de toute sorte qu’une pareille union devait procurer à leur fille. Celle-ci, séduite par la gloire et la haute situation du maître, peut-être aussi touchée par la vivacité de son amour, avait accepté sa main. Mais si vif que fût cet amour, Rubens, fidèle à ses habitudes d’ordre, n’avait pas manqué, avant son mariage, de régler avec le plus grand soin ses affaires avec ses fils. Le 29 novembre i63o, il présentait ses comptes aux membres du conseil de tutelle et obtenait d’eux quittance de la part d’héritage maternel revenant aux deux mineurs. Le 4 décembre suivant, le contrat de mariage d’Hélène et de Rubens était passé en présence des membres de la famille, par devant le notaire Toussaint Guyot. Dans cet acte, Rubens est qualifié de « chevalier, secrétaire du Conseil privé de S. M. et gentilhomme de la maison de S. A. la princesse Isabelle ». Les