‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 42 sur 553 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ques-uns des tableaux que Rubens peignit entre i6i5 et i6i8. C’est aussi vers cette époque qu’il convient de reporter l’exécution de cette Tête de Vieille, de Munich, prestement enlevée avec toute la souplesse et la sûreté de pinceau que l’artiste avait alors.

Admis comme franc maître à la Gilde de Saint-Luc en i5g8, Rubens s’était établi à Anvers, où il commençait à se faire une place honorable. Mais il était travaillé par le désir croissant de voir l’Italie, vers laquelle un courant irrésistible entraînait de plus en plus les peintres flamands. Ce qu’il avait pu voir d’œuvres italiennes, les récits que lui avaient faits ses confrères, et surtout van Veen, l’avaient enflammé. Seule la pensée de sa mère aurait pu le retenir; il fallait la quitter au moment où, avec la vieillesse, elle avait plus besoin que jamais de garder auprès d’elle ce fils dont elle était fière. Mais ce que nous savons d’elle nous autorise à croire qu’avec l’abnégation dont elle avait déjà donné tant de preuves, elle s’était résignée à ce nouveau sacrifice. Le 8 mai 1600, Rubens recevait le passeport qu’il avait demandé à la municipalité d’Anvers, et dans lequel les bourgmestres et échevins de cette ville certifiaient que le porteur n’était atteint d’aucune maladie contagieuse. Dès le lendemain il se mettait en route pour l’Italie.

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