LE JARDIN D’AMOUR
de ces répétitions sont assurément celle de la Galerie de Dresde (om. gS sur I m.22) et plus encore celle que M. le baron Edmond de Rothschild a acquise du duc de Pastrana. Peinte sur panneau, comme la précédente, mais de dimensions un peu moins grandes (i m. 25 sur im.yij, cette dernière est une œuvre d’une habileté et d’une finesse merveilleuses. Pourquoi ne pas le reconnaître cependant, en dépit de l’admiration très légitime qu’elle inspire, elle nous paraît avoir été simplement retouchée par Rubens dans quelques-unes de ses parties; poussé à ce degré, le fini de l’exécution manifeste, à notre avis, l’adresse d’un copiste consciencieux bien plutôt que la décision et la volonté d’un créateur. Déjà bien avant cette époque, même dans ses morceaux de chevalet les plus minutieusement soignés, dans la Bataille des Amazones ou VAdam et Ève du Musée de La Haye, par exemple, on sent dans la touche de Rubens une sûreté et une décision qui n’ont rien à voir avec les mièvreries et la patiente virtuosité où se décèle la main d’un copiste. Mais, dira-t-on, quel était à ce moment le disciple ou le collaborateur capable d’un pareil travail?^ Nous n’avons que des hypothèses à proposer à ce sujet. Van Thulden, Cornelis Schut et Ab. Diepenbeck, auxquels on pourrait songer, étaient, il est vrai, à Anvers à ce moment; mais ils n’ont, croyons-nous, assisté Rubens que dans des ouvrages de grande dimension. Peut-être est-ce à d’autres élèves moins en vue qu’il conviendrait de penser, à Fr. Wouters, à Panneels, ou à ce Jacob Meermans dont on ne connaît aucun tableau authentique, mais qui faisait alors partie de l’intimité de Rubens, à ce point que celui-ci, dans son testament, le désignait pour veiller, avec deux autres de ses confrères, à la vente des œuvres d’art qui resteraient après sa mort dans son atelier.
Quoi qu’il en soit, le seul exemplaire entièrement original du Jardin d’ Amour est, k notre avis, celui du Musée du Prado, peint sur toile, complètement de la main du maître et de dimensions un peu plus grandes Q m.98 sur 2 m. 83), bien que le nombre des personnages y soit un peu moindre. Dans un parc aux épais ombrages, près d’un portique orné de statues, debout, assis ou couchés sur le gazon émaillé de fleurs, sont groupés de jeunes seigneurs et des dames, tous parés de riches costumes. C’est par une tiède après-midi de la fin de l’été, car les arbres commencent à jaunir et, dans l’air embaumé, des fontaines aux eaux jaillissantes entretiennent une agréable fraîcheur. Près des vasques, dans le ciel