‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 56 sur 553 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

vateur de l’opéra italien. Rubens était- il indifférent aux jouissances que procure la musique ? Nous l’ignorons, mais nulle part, dans sa correspondance ou dans ses œuvres, nous n’avons trouvé trace du goût marqué qu’ont manifesté pour cet art presque tous les grands peintres et surtout les grands coloristes, Giorgone, Titien, Véronèse, etc. En revanche, il prenait un plaisir extrême à la conversation, et avec son instruction déjà très étendue, son esprit ouvert et son savoir-vivre, il était fait pour s’y distinguer. « Comme il avait été bien élevé, nous dit de lui Félibien, il savait de quelle manière il faut vivre avec les gens de qualité. » Mais si partout il pouvait tenir sa place, de bonne heure il dut préférer à la frivolité et aux commérages des courtisans les entretiens des lettrés, des savants et de ces fins connaisseurs d’art qui étaient alors nombreux en Italie.

Adroit, plein de souplesse et d’agilité, Vincent de Gonzague excellait à tous les exercices du corps ; aussi l’équitation et la chasse étaient ses passe-temps favoris. Après avoir vanté la grandeur et la magnificence dp son palais qui, indépendamment des nombreux appartements réservés au prince et à sa famille, contenait « force autres logis tout prêts pour recevoir souverains et ambassadeurs », un voyageur français qui visitait Mantoue quelques années après (i ), parle du luxe de ses écuries qui renfermaient « plus de i5o chevaux de toutes sortes, turcs, d’Espagne, barbes, frisons, etc.». C’était là chez les Gonzague une tradition de famille et la race de ces chevaux élevés dans leurs haras était fort estimée en Europe. Dans une des grandes salles du Palais du Té, on peut encore voir, peints du temps de Jules Romain, les portraits fidèles de quelquesuns des types les plus choisis de cette race qui présentait un mélange, alors très recherché, d’élégance et de force. Rubens, qui devait conserver toute sa vie le goût de l’équitation, trouvait là bien des facilités, non seulement pour devenir un bon caA^alier, mais pour se familiariser, comme peintre, avec les proportions et les allures du cheval. Nul doute qu’il prît également plaisir à suivre les chasses organisées à la Favorite, à Marmirolo, au Bosco délia Fontana et dans les diverses maisons de campagne d’un prince dont les équipages et les meutes étaient tenus sur un très grand pied. Les belles cavalcades, le mouvement et l’imprévu de

(i) lîn if)ii ; cette relation manuscrite appartient à la Bibliothèque nationale. MS. n° iqoiS; p. </)■

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