CHAPITRE HT
d’humeur fort aimable, non seulement il avait mis son expérience de la vie romaine au service de son nouveau compagnon, mais il l’initiait aussi aux procédés de la gravure qu’il pratiquait lui-même. Rubens trouvait d’ailleurs, pour le mettre en relations avec les artistes de la colonie étrangère, un autre Flamand, le paysagiste Paul Bril, parti comme lui d’Anvers et depuis longtemps établi à Rome où il jouissait d’un grand crédit. C’est probablement par l’entremise du cardinal Montalto qu’ils s’étalent connus, car Bril avait exécuté pour ce dernier des travaux considérables et décoré une des salles de son palais.
Chez le cardinal luimême, Rubens rencontrait des lettrés,* des amateurs, des archéologues, et l’on peut croire que, dans cette société choisie, il ne négligeait aucune occasion de
s’instruire sur une foule de sujets auxquels il s’intéressait.
Son temps s’écoulait ainsi, rempli par les études qu’il faisait pour luimême et par les copies qu’il exécutait pour son maître. Habile et expéditif comme il l’était, il pouvait, en peu de temps, s’acquittera son honneur des tâches qui lui étaient confiées, et comme ses appointements étaient des plus modiques, il avait dû chercher à gagner d’autre part de quoi suffire à son entretien. La seule trace d’un paiement fait au pensionnaire du duc de Mantoue, que nous trouvions dans les archives des Gonzague, est l’avis transmis le 14 septembre 1601, à Chieppio, par Lélio Arrigoni, résident du duc à Rome, du versement d’une somme de