‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 7 sur 553 · JEAN RUBENS · texte numérisé non relu

JEAN RUBENS

VUE PANORAMIQUE D’ANVERS, PRISE DE LA CATHÉDRALE. (Dessin de Boudier, d’après une Photographie.)

heure de nombreux prosélytes; cependant ils avaient pu y vivre sans être trop inquiétés, grâce à la complaisance secrète des magistrats qui éludaient l’exécution des peines rigoureuses édictées contre l’hérésie. Jean Rubens ne laissait pas d’être porté lui-même vers les nouvelles doctrines ; mais il évitait de se compromettre trop ouvertement. En sa qualité d’échevin, il avait même été plus d’une fois chargé par les gouvernants d’instruire des affaires relatives à l’orthodoxie de certaines personnes qui paraissaient suspectes. C’est ainsi qu’au mois de juillet i Sôq, il avait eu à interroger les luthériens Christophe Fabricius, qui devait payer de la vie ses opinions religieuses, et Olivier Bockius, impliqué avec lui dans cette poursuite. Étrange époque, où le magistrat auquel était confiée l’instruction d’une pareille affaire se sentait lui-même soupçonné et passait pour un des chefs du parti calviniste ! Peu à peu, des deux côtés la lutte était devenue de plus en plus vive ; des controverses et des pamphlets d’une violence extrême étaient échangés. Sentant l’intérêt qu’il y aurait pour eux à gagner à leurs idées un centre aussi important qu’Anvers, des ministres protestants étaient venus s’y installer d’Alle-

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