CHAPITRE IV
Bien qu’elle soit positivement signalée dans les lettres d’Iberti, on n’a pu jusqu’à présent retrouver la trace d’une autre grande toile peinte alors par Rubens pour le duc de Lerme, qui s’était enfin décidé à emplover
l’artiste. Mais, depuis la mort de sa femme, les goûts du ministre de Philippe III avaient bien changé. Au lieu des sujets profanes, des fêtes galantes et des scènes d’amour qu’il aimait autrefois, il ne recherchait plus que des tableaux religieux. Alors qu’autour de lui on songeait à le remarier, il pensait à se retirer du monde et il parvenait même, peu de temps après, à se faire octrover le chapeau de cardinal.
En dépitde ces nouvelles dispositions et comme pour mêler aux souvenirs de sa grandeur politique je ne sais quelles velléités, assez imprévues, de gloire militaire,
SAINT l-RANl'OIS RECEVANT LES STIGMATES.
Musée de Vaiiadolid.) fi avait demandé à Ru-
bens de le peindre à
cheval et en armure. L’artiste s’était mis bravement à l’œuvre. Mais, au
milieu des nombreux dérangements que ses fonctions multiples imposaient à son modèle, le portrait commencé à Vaiiadolid n’avançait guère. Le duc avait même dû quitter bientôt cette ville pour se rendre, à une quinzaine de lieues de là, dans une de ses propriétés, à Ventosilla, où les ducs de Savoie étaient Aenus le visiter et où le roi et la reine firent aussi