‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 91 sur 553 · TABLEAUX POUR L’ÉGLISE UE LA TRINITÉ · texte numérisé non relu

TABLEAUX POUR L’ÉGLISE UE LA TRINITÉ

et les cendres de sa Sér'"‘= mère qui s’y était choisi une humble sépulture. Ces trois tableaux, composés et exécutés par le fameux Rubens , représentent, le premier, celui qui est placé en face, leMy^stère de la très sainte Trinité, à laquelle cette église est dédiée. On y remarque les portraits peints au vif de tous les membres de la famille Gonzague, alors régnante, à savoir le duc Vincent lui-même et sa femme, et L. A. ses père et mère, avec leurs fils et leurs filles ; 2° du côté où se lit l’Évangile, le Baptême du Sauveur par saint Jean-Baptiste ; et enfin, le troisième, du côté de l’Épître, le Mystère de la Transfiguration. Cet ouvrage est maintenant fameux dans le monde entier, et tous les étrangers les plus connaisseurs, qui ne manquent pas de le voir, en restent stupéfaits d’admiration. Si la renommée n’est point menteuse, les trois tableaux ont coûté à S. A. S"’® i3oo doublons ; mais la valeur d’un seul dépasse aujourd’hui ce prix. »

Ces trois tableaux, maintenant dispersés, ont subi les plus cruelles vicissitudes. En 1797, lors de l’occupation de Mantoue, l’église de la Trinité fut transformée en magasin à fourrages et un commissaire de l’armée eut le vandalisme de faire découper en morceaux le tableau central pour le transporter plus facilement en France. Des démarches faites à temps par la municipalité empêchèrent cet envoi et deux des fragments qu’on put retrouver sont aujourd’hui réunis au Musée de Mantoue. Celui du bas nous montre, à gauche, le duc Vincent et son père, le duc Guillaume; à droite, sa mère Éléonore d’Autriche et sa femme Éléonore de Médicis, tous quatre agenouillés près d’une balustrade, sous un portique orné de colonnes torses. De part et d’autre, des rideaux ajoutés après coup, pour masquer les lacérations opérées, tiennent la place qu’occupaient les fils et les filles du duc Vincent dont les portraits ont disparu, ainsi qu’un soldat des gardes, sous le costume duquel on dit que Rubens s’était représenté lui-même, avant auprès de lui un lévrier de haute taille, bête favorite du duc. Les yeux levés vers le ciel, les quatre personnages adressent leurs prières à la Trinité figurée dans le fragment qui occupait la partie supérieure de la composition. Des anges placés au sommet soutiennent ou écartent les pans d’une riche draperie qui encadre cette apparition.

Cette partie supérieure est d’une facture plus négligée; peut-être a-t-elle plus souffert que le reste ; peut-être aussi Rubens, ainsi qu’il le fit sou-

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