Rudiments de la langue arabe de Thomas Erpénius
Les Rudiments de la langue arabe d'Erpénius, dont nous offrons la traduction au publiq; sont une des meilleures grammaires arabes que^nous possédions; simples, concis, et clairs en même temps, ils offrent, sous un petit volume, tout ce qui est important et dont l'enseignement ne doit pas être abandonné à la lecture et aux dictionnaires, ou à l'usage. Outre qu'ils sont devenus assez rares dans le commerce, ils sont écrits dans un idiome qui en interdit l'usage à beaucoup de personnes, et nous avons cru , en les mettant à la portée de tout le monde, rendre un véritable service à ceux qui se livrent à l'étude de l'arabe.
Bien que cette grammaire traite uniquement de l'arabe littéral , nous pensons néanmoins qu'elle
ii PRÉFACE, ne sera pas sans utilité pour les personnes qui s occupent seulement de l'arabe vulgaire; en effet, l'arabe vulgaire diffère de l'arabe littéral, non pas par le changement des règles, mais par l'inobservation d'une partie d'entre elles; il est d'ailleurs impossible de se rendre compte du mécanisme de la conjugaison arabe dans les verbes dits irréguliers, si l'on n'en possède pas parfaitement les règles grammaticales, règles exposées d'une manière très-claire par Erpénius, et au moyen desquelles ces verbes se conjuguent d'une manière tout à fait régulière. Nous ajouterons que bien souvent les Arabes, qui n'ont reçu même qu'une éducation assez légère, emploient, dans leurs lettres, des formes littérales inusitées dans la conversation, et que cela suffirait pour rendre leurs écrits inintelligibles si l'on n'avait aucune connaissance de ces formes; or cette connaissance ne peut être puisée dans les grammaires purement vulgaires, Savary, dans sa grammaire, qui n'est, en plusieurs endroits , que la traduction presque littérale de celle d'Erpénius, a voulu s'adresser principalement aux voyageurs, aux commerçants et autres personnes qui n'ont besoin de connaître que l'arabe vulgaire, et,
PRÉFACE. m après avoir donné une idée du langage littéral , n'a plus traité que du langage vulgaire usité en Egypte : il a surtout omis, croyant à tort simplifier par ce moyen, les règles si importantes de permutation des lettres & ^ 5 ; il en est résulté beaucoup d'obscurité et de difficultés dans la conjugaison des verbes irréguliers. Ce défaut est plus grand encore dans la plupart des grammaires d'arabe vulgaire publiées récemment. Quant à celle de Silvestre de Sacy, ouvrage généralement et justement estimé , qui ne traite que de l'arabe littéral, comme celle d'Erpénius , dont elle n'est , sous beaucoup de rapports, que le développement, son volume effraie beaucoup de lecteurs, et son prix paraît trop élevé à ceux qui veulent se borner à apprendre le langage vulgaire.
Nous pensons donc que cette traduction1, que
1 Lorsque nous fîmes cette traduction, ne la destinant pas à la publicité, nous avons visé moins à l'élégance du style qu'à l'exactitude, et ! nous l'avons faite aussi littérale que possible : aujourd'hui encore nous pensons que dans un ouvrage de ce genre le fond est tout et la forme très-peu de chose, et, au risque d'y laisser quelques phrases d'une cons- L truction peu correcte, nous n'avons pas voulu la retoucher, afin d'y con- « , server, autant qu'il est possible, la couleur de l'original, et jusqu'aux intentions que l'auteur y aurait mises et qui auraient pu nous échapper.
iv PRÉFACE, nous avions faite primitivement pour notre propre usage, et que beaucoup de personnes nous ont engagé à publier, sera accueillie avec faveur. Nous y avons d'ailleurs joint un court supplément indiquant les différences entre les deux langages, le littéral et le vulgaire.