DE LA SYNTAXE DES NOMS
L'accord du substantif avec l'adjectif, du relatif avec l'antécédent et du sujet avec le verbe, est en arabe le même que dans les autres langues; il y a seulement à observer que : i° le pluriel n'exprimant pas des êtres raisonnables se construit élégamment comme un sin-
gulier féminin; ex. jl^s*5H , «des
jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, » où les singuliers féminins U> et sont consfruits avec les
plmïeîs c^U> etjl^JÎ; 2° devant les pluriels des substantifs exprimant des êtres raisonnables, le verbe se met élégamment au singulier, avec le même genre d'ordinaire, s'il est au prétérit, mais souvent avec un genre différent, s'il est au futur; ex. ^LUî JLi, «les hommes ont dit; » JjJb et Jyis, «les sages
disent; » mais si le verbe suit, les choses restent dans
l'ordre; ex. yPyMj • {{^es hommes ont dit
et disent. » lien est dp même du duel. 3° L'adjectif joint
à un vocatif ou à un nom affecté par le mot ^ ne s'accorde pas toujours en cas avec son substantif. Au reste, l'adjectif et le substantif constituant un même membre de phrase, c'est-à-dire appartenant tous deux soit au sujet, soit à l'attribut, doivent s'accorder sous le rapport de la détermination ou du vague dans la signification , c'est-à-dire que , si le substantif a une signification déterminée de sa nature ou par construction , l'adjectif doit prendre l'article, et ne le prend pas quand
le substantif est indéterminé; ex. ^âs. <>lx^= , «grand livre-, » i^iâxîî t^UXJî , «le grand livre;» (^v^l f^j^\ ,
«le fidèle Abraham;» idLwjJÎ »<X£ J^î ^jSJ\ jî,
«mon honorable père m'a envoyé cette lettre.» Mais, s'ils ne constituent pas le même membre de phrase , cela
n'a plus lieu; ex. jj<*£ *MÎ, «Dieu est puissant;» l«X-tf>
<->U5 , « ceci est un livre. »
Mais le substantif commun qui, par l'adjonction d'un adjectif, constitue un nom propre rejette l'article; ex.
jjyuûJÎ <->U , « la petite porte , » nom d'une des portes
de Damas ; ^«xJuJî oy^> , « la maison sanctifiée , » c'est-à dire, «Jérusalem1.»
Un substantif régit un autre substantif au génitif; ex.
*Xj «la main de l'homme; » ,«le fils de
1 D'après Silvestrc de Sacy, Erpénius est tombé ici dans Terreur, et l'on doit dire, en employant le génitif, y$k*d\ <->b , y* tXÀ»«J 1
LIVRE V, CHAPITRE I. 115 Marie;» (j-p , «coupe d'or,» c'est-à-dire, en or;
ij^^l J<^> , «la totalité d'homme, » c'est-à-dire , «tout homme. »