CHAPITRE PREMIËK
Topogra|>kie. Statiftique.
La commune de Rueil appartient au canton de Marlyle-Roi et à Farrondissement de Versailles. Son territoire, qui renferme 1013 hectares 35 ares 49 centiares, est borné par celui des communes de Nanterre , Puteaux » Suresnes » Saint-Gloud , Garches, Vaucresson , La Gelle- Saintr-Gloud , Bougival et Groissy,
Le sol est, en général , formé d*atterrissements composés d*un sable fin, jaune, argileux sans coquilles , et, en certains endroits , de sable et d*argile plastique re-
emnrraiit de la craie. Quelques parties da territoire
kfnoèe% de coocfaes de pîerm à bèdr de la même i que la pierre de Xanterre. Quelques carrières ont éle exploitées, mais elles sont abandoonees maîntenant.
Le bourg de Kueil est silné à dooie kiomèfres oœst dePsuis, ODie kilomètres de Versailles, ei onze de Saint- Germain.
n est bâti en partie sur le versant nord d*une petite roiline formant assise au Mont-Valérien . et partie dans la plaine, sur la route royale de Paris en Normandie. Les maisons sont eu général bien construites, les rues assez larges ; de beaux boulerarts établis sur d'anciens chemins de ronde, et plantés d*ormes, de platanes et d'acacias , entourent la moitié du bourg et lui donnent des promenades qui lui manquaient.
La population de Rueil . d'après le rei-ensement de 1841 , est de trois mille sept cent soiiuinte-un habitants; mais on peut hardiment , en y comprenant la garnison et la population flottante , la porter efTectirement à près de cinq mille âmes.
La culture des terres a toujours été la principale induttrie des habitants de Rueil , ainsi que l'attestent les di- ▼erses chartes mentionnées. Anciennement , la commune était riche en prairies: elle possède encore beaucoup de terre» labourables et de bois ; là vigne y était ^n plein rapport dé» 1113 , et depuis n*a cessé d'être une source de richesses pour les habitants. Les cultivateurs de Rueil font , avec Paris, un assez grand commerce de légumes, surtout d^asperge», de petits pois et de haricots.
Une nouvelle industrie a pris une grande importanoe
à Rueil , depuis trente ans, c*est celle du blancbissage du linge , qui offire à la classe ouvrière des ressources et du travail qui ne chôme en aucun temps de Tannée. On compte à Rueil quatre-vingts maîtres blanchisseurs, qui occupent plus de quatre cents femmes. Chez plusieurs d*entre eux , qui ont eu le bon esprit de ne pas suivre la routine , les lavoirs, séchoirs , fourneaux de repassage , machines à calandrcr et à presser, sont au niveau des connaissances mécaniques les plus avancées , et fatiguent moins les ouvriers que les anciens procédés. Nulle part on ne rencontrerait déplus beaux ateliers de blanchissage, et on comprend facilement que cette industrie soit à Rueil dans un état aussi prospère , en raison de Fabondance des eaux que, depuis dix ans, l'administration communale a sagement et fructueusement répartie.
Trois fabriques établies à Rueil contribuent encore au bien-être de la classe ouvrière. La fabrique d'étoffes de laines appartenant à H. Trottry-Latouche , et située près du pont de Ghatou * ; la féculerie de M. Rarbier , et la fabrique de glucose de MH. Labiche et Tugot, donnent dp l'importance à son commerce intérieur.
On trouve à Rueil les ouvriers nécessaires à tous les besoins de la vie, et en général aussi habiles que ceux do Paris. Plusieurs d'entre eux ont même poussé très-loin leurs connaissances en mécanique, et les ouvrages sortis
' Cette îotéresMDte et curieiue («brique, emploie 50 ouvriers danft son intérieur, et 90 femmes à Chartres; 25 machines différentes et de nouvelle invention fonctionnent dans ses ateliers. On y fabrique particulièrement les bmineti frrecs, les étoffes de santé, etc. etc.
des ateliers de Ducellier né seraient pas désavoués par d'habiles serruriers en renom dans Paris.
L'habitant de Rneil est actif , laborieux, économe, in« telligent, surtout en ce qui regarde ses intérêts. Il est naturellement doux , bienveillant , bon époux et bon père. Il est à regretter qu'il ait si peu de confiance en quelques hommes qui ne cherchent que ses intérêts , et que de Uh nestes préventions l'empêchent souvent de reconnaître ce qui est d'utilité publique. À Rueil , comme dans tou-r tes les campagnes des environs de Paris, l'intérêt maté^ riel l'emporte trop sur les intérêts de Tâme et de Tintel-i ligence. Nous verrons au paragraphe des écoles, que |^ plus grave reproche que l'on est en droit de faire à beau* coup d'habitants de Rueil , est le peu de soin qu'ils apportent à l'éducation religieuse et à l'instruction de leurs enfants.
Il y a , depuis quelques années , une amélioration notable dans la construction des maisons. Quelques habitants ont fini par comprendre que des maisons bien closes, suffisamment élevées au dessus du sol , tenues avec propreté, offrent une économie réelle, en ce qu'elles exigent en hiver moins de combustibles ; qu'elles préviennent le développement d'une foule de maladies, diminuent la mortalité, surtout chez les enfants, et rendent les convalescences plus faciles et plus courtes ; tandis que des portes et des fenêtres mal closes , une chambre humide, située de manière qu'il faut descendre pour y entrer, et qui se trouve au dessous du sol d'une cour remplie d'un fumier infect, dont les infiltrations et les émanations sont mortelles , ne peuvent que ruiner ceux qui
les laissent en cet état, en les privant de la force et de la santé, les premiers des biens pour le travailleur.
Il serait à désirer que les portes des chambres s'ouvrissent sur une allée, et non sur une cour sale et humide ; que les fumiers fussent disposés comme en Angleterre et en Allemagne , dans des espèces de bassins bien cimentés, et placés le plus loin possible de Thabitation.
Nous nous attendons bien ici à toutes les réclamations des petits propriétaires d'une maison exiguë, d'une cour un peu petite. Il est facile dira-t-on , de donner des conseils; mais que faire dans un espace qui n'a souvent que vingt à trente pieds carrés?
Que faire? Apporter la plus grande propreté, renouveler l'air aussi souvent que le permet la température , blanchir à la chaux tous les deux ou trois ans , et cela, on peut le faire soi-même ; en un mot, comprendre que les neuf dixièmes des maladies ne viennent que des circonstances habituelles au milieu desquelles vivent les hommes , et non de la vieillesse , du travail ou des privations.
Nous dirons peu de chose du vêtement et de la nourriture ; nous ne dirons rien de ce qui existe , mais de ce qui pourrait être. On ne peut que déplorer cette perturbation funeste qui s'introduit chaque jour dans les habitudes d^une classe si intéressante d'ailleurs ; on ne peut raisonner avec la passion ! Que dire à l'homme qui, à un genre de vie sobre et réglé , préfère le vice et toutes les conséquences qu'il amène avec lui : la paresse, la misère, Tabandon de sa famille? Tel individu se nourrira pendant trois mois d'aliments insalubres , parce qu'ils
sont à bon marché ; qui , dans un repas de noce ou de frérie , consommera ce qui aurait suffi , pendant plusieurs mois, à lui donner une nourriture saine et fortifiante.
Que dire à la coquette de village, qui préfère se vêtir des chiffons légers de la ville , et gagne ainsi des fluxions de poitrine , plutôt que de se procurer des vêtements chauds et solides.
Quelques habitants de Bueil parlent avec plus de correction qu'il y a trente ans ; on doit attribuer ce progrès aux relations fréquentes avec Paris. Cependant, il y a beaucoup encore à désirer pour Taccent , le choix et la propriété des termes.
Administrai iofi comiminare civile.
L'administration civile de Kueil se compose du maire, de deux adjoints , de 23 conseillers municipaux et d'uu secrétaire de la mairie. Plusieurs personnes s'étonnent de Tabsence d'un commissaire de police dans une popula* tion si forte. Il est vrai de dire que bien rarement on aurait besoin de son ministère : les rixes et les querelles sont assez rares ; et, jusqu'ici, l'intenention du sex^nd adjoint, qui remplit les fonctions de commissaire de police , celle des gendarmes, qui ont un poste à Rueil, ont toujours suffi pour l'ordre public.
AdmiiiistratMiii relîgièuw.
La cure de Rueil est de première classe. Un vicariat y fut établi en 1836. (Voyez le paragraphe Eglise, ponr plus de détails.)
Garde nationale.
La garde nationale se compose de cinq compagnies formant un total de quatre cent vingt^un gardes natio> naux , commandés par un chef de bataillon , six capitaines, etc.
La musique est composée de trente concertants , qui , tous, y mettent la meilleure volonté.
Un corps de soixante pompiers est chargé de la manœuvre et de la conservation de deux pompes. Les incendies sont rares à Rueil.
Un garde champêtre et un tambour afficheur complètent l'administration.
On retrouve encore à Rueil Tinstitution des messiers , c est-à-dire qu'on élit tons les ans des cultivateurs chargés de la garde des récoltes , et pouvant dresser procès-verbal. Ils sont armés d'une pique , et paraissent en corps dans les processions et autres solennités.
Rueil est la résidence d*un notaire, d'un huissier, d'un avocat consultant et de deux hommes d'affaires.