CHAPITRE VIII
Kiieil pendant la Fronde.
La France respim à l'aise quand le ixilosse qui avait pesé sur elle se fût écroulé. Après la nioil de Richelieu, il y eut un moment de calme et de bonheur , tout le monde avait souffert ou avait tremblé, mais ce moment fut court ; la réaction contre sa hautaine politique lut preM(ue instantanée , elle éclata avec fureur ; Mazarin à peine au pouvoir se trouva aux prises avec les grands , dont son prédécesseur n* avait pas seulement abattu les tètes superbes, mais qu'il avait dégradés. « Quand Riche-
lieu fut mort et que la royauté vint aux mains d*un autre prêtre moins audacieux mais plus subtil , moins entreprenant mais non moins tenace; toutes ces vanités se levèrent d*un seul bond * . »
Ce n'est plus le bourreau qui garde le trône ; on n*a plus le courage d'en appeler à lui. La lutte change de caractère; elle est moins sanguinaire, mais tout aussi cruelle : de grands noms y sont engagés, mais elle est sans grandeur ; et c'est chez les femmes qu'on trouve l'énergie et l'audace.
Richelieu traînait ses ennemis à l'échafaud , Mazarin vient en personne ouvrir aux sien^Ia porte de leur prison: il combat en fuyant , il désarme les vainqueurs par l'adresse , il se relève par l'intrigue , et à force de lâcheté il finit par vaincre.
Dans cette guerre il y eut des pourparlers, des transactions, des arrangements et des promesses sans (in, que chaque parti tenait tant qu'il y trouvait son compte. Un traité de paix fut conclu à Rueil en 1648. Voici le résultat des négociations du parlement et des grands. Il fut arrêté :
1*" Que le quart des tailles serait supprimé.
2^ Que la liberté serait rendue aux prisonniers et aux exilés.
S*" Que le roi retournerait à Paris.
4*" Qu'il ne serait permis d'emprisonner aucun citoyen qu'il ne ftit au pouvoir de ses juges de l'interroger dans les 24 heures.
* Laurentic.
5* Qu'il ne serait jamais établi d'impôt sans être enregistré au parlement.
Cette déclaration fameuse, Touvrage des princes et des magistrats , qui , selon le témoignage de Talon , renfermait les privilèges de la nation, reconnue et confirmée par mie longue suite de rois , qui devait faire évanouir jusqu'au moindre nuage de la tempête , fut enfreinte par Ihzarin et devint inutile.
«EEIL MOBEINE.