‹ Rueil, le chateau de Richelieu, la Malmaison, avec pièces justificativesChapitre 13 sur 32 · IMPÔTS DIRECTS DE DIVERSES NATURES ID. INDIRECTS ID · texte numérisé non relu

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42,206 fr.

CHAPITRK II.

Eglise de Uueil.

La première pierre de cet ëdilico fut posée en 1584 y par Antoine 1", dix-huitième roi de Portugal , et par ses fils, don Emmanuel et don Christophe, alors tous trois exilés de leur pays. Avant 93, on lisait encore sur le deuxième pilier de la nef, à gauche en entrant par le grand portail , une inscription portant les noms des fondateurs. Cette inscription fut détruite, mais leurs armes.

(}ue nous donnons ici, avaient été conservées, grâce à la (.'onche épaisse de badigeon dont elles avaient été recoiivertes , et qui ne fut lavée qu'en 1836 , par un des

(H^clésiiibtiques de la paroisse. L'église est de cette arcliiteotui-e que Ton cx)nmiença à mettre en usage sous François V^ et sc»us Henri II. I^« arceaux en plein cintre , le mé*

lange des ordres dorique et ionique , les guirlandes de fleurs mêlées d'animaux , tout s'y retrouve comme dans les châteaux construits sous les règnes dont nous venons de parler. Ce monument fut élevé sur remplacement deTancienne église , dont le fondateur est inconnu. 11 est évident que Ton conserva quelques parties de Fancien édifice : le clocher , de forme octogone , appuyé sur les quatre principaux piliers ; le chevet et le portail , placés maintenant dans les ailes. 1^ construction des croisées de ces deux parties indique évidemment une époque bien antérieure à celle de la nef et du chœur.

On suppose que le clocher est Touvrage des Anglais , et qu'il a été bâti pendant le temps de leur séjour dans rile-de-France , c'est-à-dire de 1420 à 1436. L'église actuelle est orientée comme l'ont été, depuis le règne de Charlemagne, presque toutes les églises de France. I^ portail est en face de l'Occident , le chevet à FOrient ; de sorte que le prêtre , disant la messe , se tourne , comme tous les fidèles, vers l'Orient.

L'abbé Lebeuf commet une grave erreur dans l'orientation de cette église ; il dit tout le contraire de v.e qui a eu lieu : a On a placé vers le nord , dit-il , le chœur et le sanctuaire^ qm^ txuparaoant^ étaient du côté de V orient^ et Vùn a élevé la nouvelle nef du côté du midi; de sorte que le portail fait face au soleil vers le point de midi ou d'une heure.

L'église de Rueil a quarante mètres de longueur, du (*hevet au portail, et dix-neuf mètres soixante centimètres dans sa plus grahde largeur.

La nef principale a trente-un mèti'es soixante-dix cen* timètres de longueur, depuis le tambour du poiiail jus*

qu'à la grille du chœur, et sept mètres ti'ente ceiitiiuètres de largeur. La voûte priacipale a treize mètres de haut.

Le chœur , au({uel ou peut faire le reproche d'être beaucoup trop étroit pour sa longueur, a dix mètres dix centimètres , depuis la grille jusqu'aux degrés du sanctuaire» et quatre mètres quatre-vingt-neuf centimètres d'un côté des basses stalles à l'autre. 11 est garni de vingthuit belles stalles en chêne , simples et sans sculptures , mais larges et commodes.

Les bas côtés ont trente-trois mètres quatre-vingt-dix (centimètres de longueur, trois mètres quatre-vingt-cinq centimètres de large» et sept mètres trente centimètres de hauteur.

L'édifice est percé de trente-quatre croisées régulièrement placées ; il a quatorze piliers. Les ornements du <;hapiteau du deuxième pilier à droite , en entrant par le portail , ne sont pas terminés : on y voit deux pierres saillantes , placées dans l'intention évidente d'y sculpter deux têtes comme aux autres chapiteaux.

L'église a trois entrées. Le portail principal , bâti par Richelieu , a été élevé par l'architecte Lemercier, le même qui a fait celui de la Sorbonne ; on y trouve les deux ordres dorique et ionique. Avant la révolution de 93, on y voyait les armes de Richelieu , dont la place est encore très-visible, et quatre statues sculptées par Sarrazin. Deux de ces statues, représentant saint Pierre et saint Paul, patrons de l'église , étaient placées dans les niches du bas, à chaque côté du portail. Les autres représentaient deux anges et occupaient les niches sui)érieures : l'ange

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de Rueil

do gauche existe encore ; celui de droite est mutilé : le torse et la ti^te manquent.

I^ deuxième portail est du (M»té du nord , ««t porte la date de 1603 , cVst-îi-dire sept ans avant la mort

(l'Henri IV. Il ost fâcheux que la main du vandalisme s'y soit appesantie.

Le troisième portail est au midi, et nVst remarquable par aucuA ornement.

L'église de Rueil avait , avant 93 , de magnifiques vitraux de couleur. Prescpietous furent brisés, et ce qui reste fait regretter vivement ce qui est perdu.

Une grille en fer, simple, mais en rapport avec le style du reste de Tédifice , ferme Tentrée du chœur et deux chapelles collatérales. Une autre grille enveloppe le chœur derrière les stalles.

Deux degrés conduisent du chœur au sanctuaire, fermé par une grille formant table de communion , en fer doré et bronzé.

Le maitre-autel , en marbre blanc , élevé de quatre degrés, est long de deux mètres quatre-vingt-douze centimètres. La table est d'une seule dalle de marbre blanc de trois mètres de longueur , sur soixante-cinq centimètres de largeur. Il a été placé en 1837 , et entièrement consavvé par monseigneur Blanquart de Bailleul.

Cet autel , en forme de tombeau , présente , sur sa face antérieure , un magnifique bas-relief en bronze doré , de l'époque de la renaissance * .

Cet objet d'art, admirablement ciselé, fut redoré en

' Pour l'explication de ce mot entièrement, il faut dire ici que la plupart des autels n'ont qu'une pierre consacrée, de 30 centimètres carrés environ, et placée au centre de Tautel. Cette pierre renferme des reliques , ce qui rend raison de ces paroles prononcées par le prMrc lorsqu'il monte à l'autel, et le baise : quorum reliquiœ hic sunt.

— îtô —

1737, comme Tindiquo nne inscription plact'e \)hv In doreur.

II représente le corps du Sauveur près d'être embaumé et déposé dans le tombeau. II est entouré des saintes femmes et de Joseph d'Arimathie. On y remarque surtout la ciselure du vase renfermant les parfums.

Ce bas-relief fut acheté, en 1805, par Napoléon, pour Taulel de sa chapelle à la Malmaison; il le paya 15,000 fr., comme l'atteste l'état de ses dépenses particulières. En 1837, le propriétaire de la Malmaison , M. Ilaguerman , en fit don à l'église deRueil.

Le tableau du maître-autel, quoique pastiche d'un peintre peu connu, frère Jean- Andréa de Tordre dos Franciscains, n'en offre pas moins de grandes beautés. 11 re-

présente l'Assomption de la sainte Vierge , et il est peint dans la manière de Le Sueur.

Ce tableau est un don de Napoléon , en 1806.

D'autres tableaux de Téglise offrent des parties remarquables.

La tribune de Torgue est assez vaste

Le cardinal de Richelieu avait fait don à Téglise de Rueil d'un jeu d'orgues du prix de 45,000 livres tournois. Il fut vendu avec toutes les chaises de Téglise pendant les troubles révolutionnaires, pour la somme minime de600fr.

En 1837, la fabrique de Téglise acheta un orgue de dix jeux, assez fort pour la capacité du vaisseau;

Vers 1770, on construisit dans l'église même et adossé à une des plus belles croisées qu'il masque en partie, un ignoble escalier de clocher en charpente et en pisé. On ne peut retrouver la trace de l'ancien escalier ni le lieu où il existait.

Un défaut de construction très-grave existe près de deux des quatre gros piliers qui supportent le clocher. Une disproportion évidente se remarque dans Técartement de la nef, et l'on ne peut en trouver la raison : il eût été facile de l'éviter.

11 y eut quelques consécrations d'évéques dans l'église de Rueil. Le dimanche 17 avril 1649, Hardouin de Péréfixe , qui avait été précepteur de Louis XIV , et qui a écrit une vie de Henri IV, y fut sacré évêque de Rodez par les évêques d'Ain , de Dol et d' Avranches. C'est le même* qui fut depuis archevêque de Paris.

La collation de cette cure avait toujours appartenu

plenojure à Tévéque diocésain sans qu*on trouve qu'il se 8oit jamais dessaisi de la nomination. En 1308, \epritre de Rueui avait une vigne cm Ummer du Mont- Valérian, pour me servir d'un titre qu*on trouve dans le cartulaire de Saint-llagloire , où cette vigne est dite tenir d'une part à celle dont Tabbaye de ce nom fit un bail à un homme de Ruetden Parisis; et en 1273 Téglise de Rueil avait quatre deniers de rente sur une «vigne située à Charlevenne.

Il nous a été impossible de retrouver les noms des curés divers qui se sont sucx^édé dans l'administration de cette paroisse.

En 1804 , Téglise de Rueil , quoique rendue au culte, était encore dans un tel état de dégradation que M. le comte Robert Tascher de la Pagerie, dont le tombeau se trouve près de celui de Tlmpératrice , alla trouver Napoléon et lui fit quelques observations sur l'état déplorable de la paroisse de son château. Les fenêtres n'étaient encore fermées qu'avec des bottes de paille. La sacristie manquait des choses les plus nécessaires au culte. Je ne puis tout savoir , répondit Napoléon ; je ne puis être instruit que de ce qu'on me fait connaître ; et il fit donner à la fabrique la somme de 12,000 francs.

Au côté droit du chœur on pouvait lire, il y a peu d'années, les deux épitapHes suivantes , avant qu'un ignoble badigeon ne vint les recouvrir :

« Théodore Choart , chevalier et seigneur de Buzenval , enseigne de la compagnie d'ordonnance de M, le prince de

Condé ; après avoir rendu pretwe de sa vertu, valew* et gpnérorité eti plusieurs grandes occasions pow^ le service du Roi , tant dedans que dehors le royaume , ayant été surpris de maladie en la ville de la Rochelle , où il avait été euxyoyé pour la pacification de cet Etat et repos du peuple^ y décéda en l'âge de 39 «w*, le 22 aiml 1626. Son corps a été porté en ce lieu an tombeau de ses ancêtres , <wi lY aftend la réswrection.

Eustache Clioart, écuyer , seignetir de Ruzetwa/ , aymit vécu plein d'honneur et de vertu en la crainte de Dieu au fidèle service des rois, rendit heureusetnent son âme â Dieu /e 18 mars M.DC./X, âgé de soixante-six mis : et gist ici devant , près damoiselle Louise Ijc Sueur ^ sa femme , avec laquelle il a vécu en si parfaite concorde trente ans et plus, qu'il ne lui put longtemps survivre. Elle fut le refuge des pauvres et des affligés durant sa vie, et mourut le 27 fétfner M. DC. VIII ^ âgée de soixante-six ans.

Théodore Chotiri, écuyer, leur fils unique, pour témoignage du regi'ct et piété qu'il doit a leur mémoire , a fait cette éfMtai)hp .

On voit , par cette dernière épitaphe, que Théodore Choart , dont parle la première , était fils d'Enstache , et qu'il éleva ce tombeau à son père à Tàge de 17 ans. — Voira Tarticle Buzenval. — Chap : Châteaux et terres.

Imu l.err.?rcier à î\i^is

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ise içRucA.

En 1824, la reine Hortense et le prince Eugène achetèrent une des chapelles de cette église et y firent élever le tombeau de leur mère l'Impératrice Joséphine (pi. 3). Ce monument de marbre blanc veiné , exécuté par Gilet et IHibuc , d'après les dessins de Tarchitecte Berthaud, eonsifrte en une voûte à plein cintre , ornée de rosaces et supportée par quatre colonnes d'ordre ionique, élevées sur un piédestal de deux mètres de hauteur , quatre mètres de largeur et un mètre quatre-vingt-dix centimètres <ie profondeur. Les colonnes sont hautes de quatre mètres, et l'archivolte de trois mètres. Le corps de l'Impératrice est déposé dans le massif du socle. Il est renfermé dans trois cercueils , l'un de plomb , le second d'acajou , et le troisième de chêne.

Le socle porte l'inscription suivante, gravée en creux et dorée :

A JOSÉPHINK,

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