Acte du deptU du rorp« ôt la reine iiorteiiRe duclie5Me de St. T^u
Le 19 novembre 1837, diaprés l'autorisation du Gouvernement, a été déposé, par M. le comte Tascher de la Pagerie , général-major chambellan de S. M. le roi de Bavière , membre de la Légion-d'Honneur , chevalier de la Couronne de Fer du royaume d'Italie , grand'croix de Tordre militaire de TÉpée de Suède , officier de Tordre de TÉtoile du sud du Brésil , un cercueil contenant les dépouilles mortelles de Hortense-Eugénie de Beauhamais, reine de Hollande , duchesse de Saint-Leu , née à Paris le 10 avril 1783 , fille du premier lit de Marie-RoseJoséphine Tascher de la Pagerie , impératrice des Français et de Vincent- Alexandre de Beauhamais, belle-fille eC belle-sœur de Napoléon, Empereur des Français, roi d'Italie, marié à Paris le 3 janvier 1802, à Louis Napoléon, roi de Hollande, proclamée reine le 14 mat 1806 , et décédée en son château d' Aremberg , canton de Turgovie, le 5 octobre 1837, à cinq heures du matin ; ledit cercueil a été placé dans une chapelle , ledit jour 19 novembre 1837, en attendant qu'il pût être mis dans un caveau.
Signé : le comte Tascher de la Pagerie, Mauguin, l^ffitte. Mariner, curé de Rueil.
[ExtiHfit des reffistres de In fmynissp de BtteU. )
\cie rl'inhamation de la mne Horten^.
Le 9 janvier 1838 , le cercueil déposé 'le 29 novembre 1837 , suivant Tacte de dépôt en date dudit jour 19 novembre , dans Téglise paroissiale de Rueil , par M, le comte Tascher de la Pagerie, général-major, cbambeUan de S. M. le roi de Bavière, membre de la Légion-d'Honneur , chevalier de Tordre de la Couronne-de-Fer du royaume d'Italie, grand -croix de Tordre militaire de TÉpée de Suède, officier de Tordre du Sud du Brésil.
Ledit cercueil , contenant les dépouilles mortelles de Hortense-Eugénie de Beauharnais, reine de Hollande, duchesse de Saint-Leu , née à Paris le 10 avril 1783 . fille du premier lit de Marie-Rose-Josépbine Tascher de la Pagerie , Impératrice des Français et du vicomte Alexandre de Beauharnais, belle-fille et belle-sœur de Napoléon 1", Empereur des Français, roi dltalie, mariée à Paris , le 3 janvier 1802 , à Louis Napoléon , roi de Hollande, proclamée reine le 24 mai 1806, et décédée en son château d'Arenberg, canton de Thurgovie, le 5 octobre 1837, à 5 heures du matin , a été placé dans le caveau de famille construit en conformité de la transaction passée entre ledit sieur comte Tascher de la Pagerie et la fabrique le 12 décembre dernier, creusé dans la chapelle dite de Buzenval , à la gauche du sanctuaire, et ayant son entrée dans la chapelle de la Sainte-Vierge.
Le tout fait en présence diidit (!ointe Tascher de lu Pagerie , de M. le lieutenant-général François , marquis de Beauharnais , ancien ambassadeur de France, grand'croix des Ordres d'Autriche et d'Espagne, de Saint-Jean de Jérusalem , chevalier des Ordres de la I>^ion-d'Honneur et de Saint-I^uis, oncle de la reine. M. le maréchal comte [Clausel , grand-cordon de la Légion-d'Honneur , etc., etc.; M. Jacques Laffitte , banquier, ex-député; M. Mauguin , avocat, député, etc.; M. le baron Félix Desportes, ex-préfet de l'Empire, etc.; M. Rotanger, maire, etc.
Signé : le marquis de Beauharnais , le comte Tascher de la Pagerie , le comte Charles Tascher de la Pagerie , Félix Desportes, Mauguin et Laffitte, Martner, curé de Rueil.
( Extrait dps registres de la paroisse de Rueii. )
VARIÉTÉS
VARIETES
Introduction aux Variétés.
Nous avons réuni dans ce clmpitre, sous le titre de Variétés, plusieurs pièces qu'il nous aurait été bien difficile de faire entrer dans le texte. La plupart de ces morceaux sont inédits. Les autres sont tirés d'ouvrages très-rares, et qu'on ne trouve que dans les bibliothèques publiques.
Par le grand nombre de ces variétés, Taccessoire, il est vrai , remporte sur le principal , mais nous avons pensé qu'il était plus agréable de lire séparément des pièces qui n'ont entr'elles aurun rapport, que de les trouver cx>usue8 grossièrement dans le corps de l'ouvrage.
TiCttre de Kichelieu au comte de Cramail.
Si Richelieu savait punir ; il savait aussi récompenser et relever le prix des récompenses qu'il accordait, par des éloges ingénieux.
Dans les mémoires d'Aubery nous trouvons une lettre écrite au comte de Cramail après le combat de Veillant : nous la transcrivons ici tout à la fois cctmme pièce historique et comme curiosité littéraire.
Monsieur le comte.
Moins de lignes que vous n'avez reçu dé coups d'épée vous témoigneront la joie que J'ai que les ennemis aient donné plus de b(*sogne à votre tailleur que d'emploi à votre chinirgien. Je prie Dieu qu'en pareille rencontre vous ayez toujours plus à dépenser en étoffes qu*en onguent, et que pour l'avantage des services du Roi et la gloire de ceux qui en ont tant acquis dans cette occasion, il s'en trouve souvent de pareille. Entre lesquelles j'en souhaite quelqu'une propre à vous témoigner que je suis, etc.
^ Vie de Richeliev, )
Un oaper chts le cardinal ée Biciie<ieu.
La sévérité de ce ministre tout-puissant a donné nais* lanee à une foule de contes et de traditions populaires toates plus absurdes lies unes que les antres. De ce nom«brs nous mettons Tanecdote suivante que nous rappor* tons ici , comme pouvant intéresser sous le rapport Utténire , mais que, nous le répétons , nous croyons sans fondement. Nous ajoutons à la suite de cet article une note sur les oubliettes de Rueil , autre conte inventé par la haine et les préjugés.
M. Dumont , petit fabricant de la mer Saint-Denis , reçut un jour une lettre datée de Rueil , où le cardinal avait une maison de campagne. Cette lettre contenait une invitation à souper pour le lendemain cheE son Éminence.
M. Dumont ne pouvant en croire ses yeux , relit deux ou trois fois la lettre , regarde la suscription et finit par s*assurer que la lettre lui est réellement adressée. Gonibndu au dernier point , il appelle sa femme et ses deux filles, pour leur faire part de sa bonne fortune : qu'on juge de la joie et de lorgueil des trois mercières !
Vers les quatre heures , monté sur sa mule , il s'achemine vers Rueil. Il avait à peine passé la barrière , que les nuages s'amassent vers l'horizon, et qu'un tonnerre sourd annonce l'approche d'un violent orage. Le fabri-
cant ayant négligé de se pounoir d'un manteau , fit doubler le pas à sa mule, mais Torage allait plus vite que sa monture; les ëfclairsse succédaient avec une effrayante rapidité et la pluie tomba par torrents. Monsieur Dûment assailli par la tempête, mit pour la première fois sa mule au galop : et hors d'état de continuer sa route , il s'arrêta dans la première hôtellerie de Nanterre. D mit pied à terre, fit conduire sa mule à Fécurie , et se réfugia dans une salle basse où les servantes de Fauberge allumèrent un grand feu pour sécher les vêtements du malencon* treux voyageur.
Tandis qu'il procédait à cette opération en occupant un coin du foyer, la porte s'ouvrit et un second voyageur aussi trempé que le fabricant, vint s'emparer de l'autre coin. Les deux voyageurs gardèrent pendant quelque temps le isilence. H. Dumont le rompit le premier en s'écriant : Quel temps détestable !
— Il est fort vilain en effet , répondit Finconnu ; mais ce n'est qtk'une pluie d'orage , qui, je l'espère« aura peu de durée.
— Je le désire bien vivement \ poursuivit le fabricant, car une affaire majeure m'appelle à Rueil.
I^ second voyageur se tut.
— Écoulez , poursuivit Dumont , Forage au lieu de s'apaiser, augmente. Les coups de tonnerre ébranlent la maison ; la pluie redouble, et cependant il faut que je parte.
— Monsieur, dit alors l'inconnu , pour se remettre en . roule, permettez-moi de vous diro cju'il faut des raisons bien grandes.
— Aussi les miennes sont d'une nature... Au reste je n'en fais point un mystère ; je suis attendu ce soir à isouper chez le cardinal de lUcbelieu.
— Ah ! je conçois qu'il est difficile de ne point se rendre à une pareille invitation : mais vous avez encore du chemin à faire, et comment pourrez-vous vous présenter chez son Éniinence dans Tétai où vous êtes.
— Son Éminence me saura peut-être gré de mon empressement.
— Si je ne craignais d'être indiscret, je vous demanderais si vous avez déjà eu quelques relations avec le cardinal.
— Aucune. J'avouerai même que rien ne pouvait me faire prévoir la faveur que je reçois.
— Le cardinal est fort jaloux de son autorité ; il n'aime pas qu'on juge les actes de son ministère ; il suffit quelquefois d'un seul mot pour éveiller ses soupçons : réfléchissez bien : n*avez-vous donné au cardinal aucun sujet de se plaindre de vous ?
— Je ne le pense pas : uniquement occupé de ma profession , je ne m'occupe point de ce qu'ils appellent la politique : cependant je crois, devant deux ou trois personnes seulement , avoir blâmé la mort du duc de Montmorency, et vous auriez fait comme moi ; car mon grand'père était maitre-d'hôtel dans cette illustre maison.
— Monsieur , vous avez la figure d'un honnête homme : vous m'inspirez de l'intérêt ; n'allez point à Rueil.
— Ne point aller à Rueil ! Je pars à l'instant en dépit de l'orage.
— Un mot encore, car votn? position me touche iulini-
ment : vous croyez donc être attendu à Rueil pour sou- . per avec son Ëminence? Détrompez- vous ; en effet elle vous attend , mais pour vous pendre.
— Ah ! que dites-vous? c*est impossible.
— Je vous le répète , pour vous pendre.
Ici , Dumont, glacé d'épouvante, se rapproclie de Tinconnu. — Au nom du ciel 1 comment pouvez- vous le savoir?
— J'en suis certain.
— Qu'ai-je donc pu hive pour mériter un pareil sort?
— C'est pourtant celui qu'on vous destine , et je peux vous l'assurer : car c'est moi qui suis chargé de vous pendre.
Le fabricant le visage pâle et défait , recule de trois pas: Eh ! qui donc étes-vous? Monsieur.
— Le bourreau de Paris, mandé par son Ëminence , pour vous expédier , songez que je vous rends un grand service, et que la moindre indiscrétion de votre part pourrait me perdre.
Le fabricant remonte sur sa mule sans s'inquiéter cette fois de l'orage qui le mouillait jusqu'aux os , et rentra dans Paris : mais au lieu de se rendre dans sa maison , il alla demander asile à un ancien ami qu'il instruisit de son aventure. On parvint avec de l'argent à lui procurer un faux passeport , et bien d^isé il partit pour Calais et s'embarqua pour l'Angleterre. Il y resta jusqu'à la mort du cardinal (|ui eut lieu deux ans après.
Baom'-Lormian.
Jardins de iiiclielicu.
De toutes les grandes propriétés sur lesquelles le vandalisme et le lucre cupide se sont rués, il n'en est point où ils aient si bien réussi à effacer tout vestige d'une grandeur qui les humiliait, que le parc et le château du Cardinal.
Ces jardins célèbres, si vantés par les auteurs contemporains, ciiantés par les poètes, enviés par le grand Roi , qui voulut en faire l'acquisition , sont un triste exemple du peu de stabilité de Tœuvre des hommes. De tant de merveilles , il n'existe plus rien que les restes d'une grotte en rocailles, que l'on voit dans les jardins de H. Bréant , propriétaire actuel , du terrain ubi Troja fuit, et un petit étang, qui doit être celui où se trouvait le i)avillon du conseil secret.
On peut voir par les vues ci-jointes des anciens jardins du cardinal, qu'ils étaient dignes de l'estime qu'en faisait Louis XIV. 11 envoya Le Nôtre àRueil pour les étudier et les reproduire en grand dans les jardins de Versailles. Dans la collection des vues du parc de Richelieu , au cabinet des estampes à la Bibliothèque royale, nous retrouvons le tapis vert, la grande avenue , le o^nal , plusieurs des divers(îs pièces d'eau , et surtout trait jwur trait l'anî de triomphe du Carrousel et la cascade de Saini-Cloud.
Nous avons dit ailleurs que ce fut à Kueil que roii planta les premiers marronniers d'Inde introduits en France. Dans les jardins du cardinal, existait une allée de cres beaux arbres que plusieurs habitants de Rueil se rapl^ellent encore avoir vu les restes... Il y en avait un surtout, qui fut abattu en 1780, et que cinq personnes avaient de la peine à embrasser les bras étendus. Ceux qui entouraient la pièce d*eau au dessus de la grotte, se nonmiaient les Cardinaux. Us avaient alors plus de deux cents ans d'existence.
Malgré les travaux et les recHerebes éclairées de M . Bréant, le propriétaire actuel de remplacement où s'élevait la villa et d'une partie des jardins, il est presque impossible de reconstruire un plan, de reconnaître la situation (les bâtiments divers, des pièces d'eau dont nous trouvons les dessins à la bibliothèque royale. 11 est fâcheux pour l'artiste et Thistorien que M. Bréant n'ait pas été le possesseur immédiat de cette vaste propriété, après la mort de Masséna. A cett« époque, il y avait encore quelques restes remarquables qui auraient conduit sur la traee du plan primitif.
Des grottes de rocailles dans le goût italien, ne furent détruites qu'en 1835. Quelques pièces d'eau après avoir été dépouillées de leurs plombs furent comblées et le terrain fut nivelé.
I.es gravures que nous avons retrouvées, et les renseignements puisés dans les auteurs contemporains, nous autorisent à croire que la façade principale du château était tournée vers Fouilleuse au sud-est. Devant cette façade s'étendait le imrterre italien dont nous donnons ici
le dessin. Au l)out de l'avenue qui termine ce parterre, se serait trouvée la grand cascade, adossée à la colHiie, au dessus de laquelle se trouvait le grand réservoir. Devant la façade du nord-ouest tournée vers Rueil, s*^iidait la pièce d'eau entourée des marronniers dits lesCia-
DINAUX.
La grande grotte de rocailles était située à Tun des angles du pare, près du bois Préau et une immense avenue de platanes y conduisait. A l'autre extrémité de cette avenue, se trouvait la pièce d'eau appelée ie gouffre.
Il est probable que le chemin public, actuellement le chemin du château^ n'existait pas alors , et que les murs actuels ne sont pas ceux de l'époque, car le château se serait trouvé trop près de la voie publique.
Au reste, nulle trace des emplacements qu'occupaient les pièces du dragon^ du chasseur , etc., etc. 11 paraît évident que la grande pièce d'eau dont nous donnons ici le dessin, était celle dans le milieu de laquelle s'élevait le pavillon des conseils secrets du Cardinal.
On ne trouve aucune trace de l'arc de triomphe qu'une gravure indique comme la principale entrée de la vilk du côté de Rueil. L'arc de triomphe du Carrousel en donne une idée parfaite ; on dirait que son dessin a été calqué sur la gravure d'Israël Sylvestre.
Les restes découverts dans les fouilles faites par M. Bréant sont :
r Une grotte en rocailles , autrefois voûtée , environ de 18 mètres de circonférence ; quatre niches a plein cintre garnies de ('0(|uillHgcs m renfermant trois pins ])etites où l'on voit encore les plombs conducteurs do
plusieurs petits jets d'eau. Quatre autres niches carrées ronfennaient des bancs de pierre.
Le sol de la grotte est en mosaïque vénitienne. La 'voûte était à plein cintre à laides arêtes trè&-saillantes. Autour de la grotte se trouve un souterrain formant double enceinte. L*entréc est un portique à plein cintre , construit de larges pierres alternativement vermiculées et polies. De chaque côté du portique , on voyait deux mascarons versant de Te^iu. Le sol de cette grotte est environ à 4 mètres au dessous du sol actuel des jardins. Les eaux de la pièce d'eau principale viennent se verser avec bruit dans la grotte et la remplissent à 1 mètre de profondeur.
Tous les travaux des jardins du Cardinal étaient dans le genre italien, et semblables en tout à ce que nous avons vu dans les villas de Pamphili, Mathœi, etc., aux environs de Rome. Le parterre dont nous avons donné le dessin se retrouve encore dans ces villas, avec ses dessins de fleurs et d'animaux composés de sables de diverses couleurs bordés de buis et ratisses avec soin tous les jours.
2* Une pièce d'eau de 12 mètres de circonférence garnie de dalles et de plusieurs assises de pierre destinées évidemment à porter des groupes et des jets d'eau.
Ce bassin était recouvert d'un remblais de 1 mètre 40 c. et probablement était un des petits bassins du parterre.
3' Un acquéduc amenant les eaux de la montagne et passant sous la route dite du château.
Enfin en divers endroits du jardin , plusieurs pierres cintrées qui sont évidemment des restes d'anciens bassins.
M. Bréant a fait une découverte précieuse qui prou-
verait que Tancien cliAteau de chasso des rois de France se trouvait autrefois sur le môme emplacement que c«lui de Richelieu. Sous les fondations de Tancien chÂteau, il a trouvé un chapiteau doré qui paraît de Tépoque dont nous parlons.
De toutes les belles plantations des jardins de Bichelieu, il ne reste plus maintenant qu*un marronier près de la porte d'entrée , et quelques rejetons de deux des célèbres arbres dits les cardinaux.
De tant de groupes de statues, on ne voit plus qu'une Minerve de pierre que Ton dit avoir été sculptée sur le modèle d'une des belles dames venant à cette époque à la Villa. Un mot des vers suivants gravés sur deux des faces du piédestal et que Ton y voit encore, semblerait indiquer que l'original était une des Giiises.
1 '* Face de gauche.
Tif!* ca'iimet les esprits de m*s (rails sont émus , L'amour r^Rpertueux la craint et la caresse ; Préparez votre encenn , cWt Gui«e ou Vénus S«His les babitii de la Sagesse.
2"" Fare de droite.
La sagesse autrefois , sous le nom de Sophie, Avait été de< Oncs et des Komains servie;
MaiiKl>iriitùt Ifs mortels formtrent d'autreti yœui ,
Va livrée aiit plainirs , la bannirent dVntrr en\.
I^e riel nous* a rendu ret aimable dée<fte.
Klle donna non nom ii cet lieureuT séjour ,
Et veut bien , par pitié pour IMinmaine faible^si* ,
Prêter ii la \ertn le» grftros de l'amour.
On trouve encore un grand vase dans le centre du |)etit bois en face du pavillon.
I^es seuls meubles provenant du (;hAteau de Richelieu et qui soient connus maintenant , sont : 1* la table magnifique en bois sculpté et doré que Ton voit au Ix)uvre dans la salle des dessins ; elle est recouverte d'un marbre vert dans lequel on a encastré une fort belle mosaïque. 2* Un dessus de porte peint par Vouet et représentant la Fmnce portant à la main le portrait de Louis XIII, et entouré des Génies des sciences et des arts. Ce tableau i>éint sur panneau, est k llueil.
3** Un tapis des Gobelins de 3 mètres 53 c. de hauteur sur 2 mètres 25 c. de largeur, représentant Antoine et Cléopâtre. Il est entouré d'une bordure de fleurs d'un dessin et d'un coloris admirable. Ce tapis se trouve aussi à Rueil , dans la même maison que le tableau de
Oubli(*lte« de Ruril.
On u lieaiicoup parlé des prétendues oubliettes qui se trouvaient à Kueil au château du cardinal, et tout cela sur la foi de Dulaure; car il est le seul auteur qui en parle. On n'a jamais trouvé et on ne trouve nulle trace do «'PS oubliettes à Rueil. Richelieu, d'ailleurs, n'était pas homme à frapper dans Tombre ; il attaquait ses ennemis à découvert, en plein jour, quelque puissants qu'ils pussentètre. Celui qui faisait arrêter le maréchal de Marillac à la tt^te de son armée n'avait que faire d'oubliettes.
Exécution du maréchal de Marillac.
Le maréchal ignorait encore que son procès fÙt jugé. Le dimanche au soir, Des Ruaux vint lui dire qu'il venait de recevoir un ordre de le faire partir lundi au matin , 10 mai , et de le mener dans le lieu qui lui serait marqué. «Vous m'aviez dit, reprit le maréchal, que je serais jugé demain ; puisqu'il faut partir, que deviendront mes juges, où s'assembleront-ils? Est-ce à Yincennes ou à la Bastille que vous me conduisez? » Des Ruaux se contenta de lui répondre qu'il croyait que ce serait en effet à la Bastille ou à Vincennes.
Le lendemain , jour du départ , le maréchal se leva de grand matin ; il entendit la messe , et lorsque Des Ruaux entra dans sa chambre , il le trouva qu'il écrivait son testament. On le fit partir sur les sept heures du matin dans le carrosse du chevalier du guet ; jusque là il avait toujours été mené dans un carrosse du roi. Il s'aperçut de ce changement , et dit : « Voilà qui va mal pour moi ! » Trois gardes du corps entrèrent avec lui dans le carrosse dont on abattit les portières. La veille, le roi avait envoyé à Rueil sa compagnie de chevau-légers , pour accompagner le prisonnier avec les troupes qui le gardaient ordinairement. Le sieur Des Ruaux suivait le carrosse à cheval; on lui avait donné un pouvoir spécial pour commander
toute l'escorte ; elle fut encore augoientée au Roule de trois compagnies des gardes. Pendant tout le voyage , le maréchal s'occupait à réciter des prières. Il arriva sur les dix heures du matin à la porte de ril6tel-de-Ville. La place était déjà pleine de monde : le maréchal entendant un bruit confus , pria un de ses gardes de lui dire s'il y avait un échafaud d)*essé : le garde lui répondit qu'il n'y en avait point. On le conduisit dans une des chambres * de l'Hôtel-de-Ville, éloignée de la place de Grève. Le chevalier du guet, le prévôt des marchands, les échevins et lieutenants civil et criminel , et le procureur du roi du Chàtelet y entrèrent avec lui.
« Messieurs, leur dit-il, c'est une chose étrange que Ton m'ait poursuivi comme on l'a fait. Il ne s*agit dans mon procès que de foin , de paille , de bois, de pierre et de cliaux ; il n'y a pas dans tout cela de quoi fouetter un laquais. Il y a quarante ans que Je sers deux rois , j'ai suivi continuellement le premier, et me suis trouvé près de lui en plusieui's sièges et combats , à pied et à cheval. Je porte sur mon corps des marques honorables de mon courage et de ma fidélité : on les verra quand je serai dépouillé. J'ai servi le roi , son fils , en plusieurs occasions importantes et périlleuses; j'ai commandé ses armées, et il a témoigné plusieurs fois publiquement qu'il était satisfait de mes services ; il m'a honoré du bâton de mare-
' î^aqaeile chambre est au fond dudit hôtel, qui était tapissée. An bout d*icelle est une table, et sur elle, nne croix de cristal on était un cracîfix d*or, et un petit tableau qui était attaché à ladite tapisserie au milieu de ladite tabh*.
chalcl^ France ; je sais bien que j- en sais redevable à sa bonté : mais je puis dire aussi que de kmgs services avaient précédé cette marque de sa reconnaissance. l)e^ puis quarante atis que je ser»y je me suis philôl appiuvri qu'enrichi des biens* de la fortttne, et je m crains pas d V vancer qu'il s'en faut de beaucoup que j'aie à présent autant de bien, que j'en aivais lorsque j'eutrai au service. Accablé de dettes et de nécessités, quelle apparence que Ton puisse me convaincre du crime de péculat ! Péeulat! bon Dieu ! péculat ! »
Des Ruaux interrompit son discours , en loi disaal : « Monsieur, j'ai ordre et commandement du roi de tous laisser ici entre les mains du chevalier du guet. -*^ Voilà un horrible échange , reprit le maréchal ; mais pus^ne c'est la volonté du roi, il faut obéir, sa volonté sok fiiite.» Alors Des Ruaux, s'adressant aux gardes du eorp» » leur dit à haute voix : ci Gardes du roi , retirez-vots , vm» n'avez plus que faire ici. y> Ils s'approchèrent du maréchal et lui firent une profonde révérence. La plupart avaient les larmes aux yeux, et le cœur si serré de tristesse<|»'il8 ne purent pas prononcer une seule parole. « Adieu , mes compagnons , leur dit le mapéchal', je vous remercie du soin et de la peine que vous avez prise pour moi. i»
A l'instant , on fit entrer le sieur Tillotte^ greffier de la commission , pour lui lire son arrêt. Le chevalier du gaet lui dit que c'était la coutume d'entendre cette lecture à genoux; il s'y mit sans aucune résistance devant une petite table, sur laquelle on avait mis un petit crucifix. Le greffier lut d'abord le préambule de l'arrêt, où toutes les pièces (lu procès étaient énoncées, et entre autres, dilTérenles
comuiissioiis expédu»es pour lui donner des juges; les arrêts du conseil rendus à ChAteau-Thierri et à Metz, pour casser les arrêts du parlement de Paris et de la chambre de Verdun. Après aToir écouté les titres de toutes les piè» ces avec beaucoup d'attention , il interrompit le greffier en disant : « Il serait de Fbonneur du roi qu'on n'eût pas dit mention de toutes ces pièces , vu les injustices et les violences qui ont eu lieu en conséquence.»
Lorsqu'on vint à cet endroit de l'arrêt, où il était dit : Tout considéré , ladite chambre a déclaré et déclare ledit Marillac atteint et convaincu desdits crimes de péculat, concussion, levées de desniers, exactions, faussetés et suppositions, foule et oppression faite sur les sujets du roi : -^ « Cela est faux , dit-il , je ne le fis jamais. Un homme de ma qualité accusé de péculat. » Et à l'endroit où il était dit qu'on prendrait cent mille livres sur ses biens , pour les employer à la restitution de ce qu'il avait enlevé: — «Mon bien ne les vaut pas, s'écria-t-il, et on aura bien de la peine à les trouver. i> Il se leva ensuite, après avoir adoré la croix , en disant : a Mon Dieu , je vous résigne mon âme, mon corps est sacrifié. r>
Le siénr Des Ruaux s'étant ensuite approché pour lui demander le bâton de maréehal de France : a Monsieur, je ne l'ai pas ici ; vous savez bien , qu'il y a tantôt dixhnit mois , que je n'ai rien eu que vous n'eussiez su ; je vois bien que c'est une cérémonie qu'il faut observer : le roi me le donna et m'en mit le pouvoir entre les mains, les ayant teintes du sang de ses ennemis , je le lui rends anjourcT hui d'une façon bien plus sanglante.» Des Ruaux se retira. On fit entrer l'exécuteur qui ôta an maréchal