‹ Ruelles, salons, et cabarets (volume 2)Chapitre 1 sur 138 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

jusqu'à l'in-folio. Le philosophe hyperphysique, qui devait finir dans la peau du dernier des gallicans, avait pour interlocuteur ordinaire l'ex-professeur de philosophie universitaire, Dulamon, dégringolé d'une chaire de collège dans une fabrique de bacheliers, et dontréternelle redingote, maculée de taches d'origines diverses, contrastait étrangement avec l'élégance de son langage.

Ils avaient pour pendants Charles Romey, auteur d'une très savante histoire d'Espagne, et un Espagnol de marque. Bermudez de Castro, frère du ministre des finances et du ministre au Mexique, et qui fut lui-même chargé d'affaires à Athènes. Bizarre diplomate que ce loquace et bruyant hidalgo, expectorant à jet continu tout ce qu'il avait appris dans les universités d'Heidelberg et d'Oxford, et parlant, au gré de la galerie, l'allemand, l'anglais, l'italien et le français, jusqu'à l'argot de la place Maubert, qu'il jetait, comme une note gaie, au milieu de ses discussions avec un contradicteur moins polyglotte que lui, et d'un savoir moins étendu, mais plus solide. Aussi long et maigre que le seigneur de la Manche, borgne comme le compatriote de ce dernier (Bermudez), très correct de tenue et dissimulant avec art la sénilité de ses vêtements, Charles Romey, dans ses loisirs d'his-

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