Cousin, Jeunesse de MaJaiiie de Longucville, p
« Dur à ses inférieurs, difficile avec ses égaux, il savait parfaitement ménager son crédit et pousser sa fortune. Né protestant. il se convertit par passion pour sa femme et aussi par p()litique (i). »
Complétons son portrait :
« Comme il étoit extrêmement inégal, chagrin et pédant, dit Segrais, aujourd'hui il étoit pour Quinault et il l'exaltoit cent piques au-dessus de Corneille, et le lendemain c'étoit Corneille qui étoit son héros, et alors Qj.iinault étoit le plus méprisable des hommes (2). »
Ce grand frondeur de préjugés n'eut pas le courage de braver le ridicule que les précieuses ont commencé à attacher à l'antique bonnet de coton. Cette antipathie des « délicats » fut spirituellement raillée par le frère de Julie d'Angennes, le marquis dePisani, qui ne redoutait pas le scandale. Tallemant des Réaux, toujours aux aguets, n'a pas manqué de recueillir cette folie de jeune homme :
« 11 faut, dit-il, que je conte une chose de lui qui est plaisante. Madame de Rambouillet, qui a l'esprit délicat, disoit qu'il n'y avoit rien de plus ridicule qu'un homme au lit, et qu'un bonnet de nuit est une fort sotte coiffure. Madame de Montausier avoit un peu plus d'aversion qu'elle pour les bonnets de nuit, mais Mademoiselle d'Arquenay, aujourd'hui abbesse de Saint- Etienne de Reims, étoit la plus déchaînée contre ces pauvres bonnets. Son frère, un jour, l'envoya prier de venir jusque dans sa chambre. Elle n'y fut pas plus tôt qu'il ferma sa porte au verrou; incontinent cinq ou six hommes sortent d'un cabinet avec des bonnets de nuit qui, à la vérité, avoient des coiffes bien blanches, car les bonnets de nuit sans coiffes eussent été capables de la faire mourir de frayeur. Elle s'écrie, et veut s'enfuir. « Jésus 1 ma sœur, lui dit-il, pensez-vous que je vous aie voulu donner la peine de venir ici pour rien ? Non, non, vous ferez col-