‹ Ruelles, salons et cabarets (volume 3)Chapitre 16 sur 23 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

» Si votts von» «ottVeBM il^avmr lu dans qoelq^e poëte la detciipiioii d^une république Baittanie oà' loi uns fOBi oeeupét à faire det lois et à créer, des luagistrals, les autres à partager les terres et h tracer le plan des maisoui , ceux^ à assembler des maté* riaf»* c6«x-^ à jeter les fondemeBts des temples ou des monôlles : imagiiief«*vous qu'il en fut à peu près de mesme en cette première institution de rAcadémi«| al qu'il s'y passa presque ea même temps plusieurs dioses qui ue peuvent estre rapportées que Tune après l^aotre*

Une des premières fut que eei messieurs grossirent kur oempagnie de plusieurs personnes considérables par leur mérite ^ entre lesqudles il y en avait qui restt^eiil d'aiUemrs par leur condition. Car emnme k eour embrasse toujours avec ardeur les inclinations des ministres et des favork, surtoué quand elles sont raisonnables et honnestes, ceux qui approeboient le |dus prêt du Cardinal et qui estoient en quelque ré« putation d'esprit, faisoient gloire d'entrer dans tin corps dont il estait k protecteur et le père. Noii<««ulement monsieur des Marests et monsieur de Boisvobert;

qui avoient SU les premiers ces assemblées secrètes, mais encore monsieur de Montmor, maistredes requêtes ; monsieur du Ghastelet , conseiller d* Estât ; monsieur de Bautru , aussi conseiller d^ Estât , et qui estoit en grande faveur ; monsieur Servien y alors secrétaire d^Estat, et monsieur le garde des sceaux Seguier, maintenant chancelier de France , voulurent estre de cette compagnie

Pour donner aussi quelque ordre et quelque forme à leurs assemblées, ils résolurent de créer d* abord trois officiers : un directeur et un chancelier, qui seroient changez de temps en temps , et un secrétaire qui seroit perpétuel ; les deux premiers par sort et le dernier par les suffrages de rassemblée.

Le directeur fut monsieur de Serizay, le chancelier monsieur des Marests, le secrétaire monsieur Conrart, à qui cette charge fut donnée en son absence d^un commun consentement, tout le monde demeurant d'accord que personne ne pou voit mieux remplir cette ^ace.

Dès lors il commença à écrire ce qui se passoit dans les assemblées et à tenir ses registres , d'où j'ay tiré la meilleure et la plus grande partie de cette relation. Us commencent au 13 mars 1634^.

Outre ces trois officiers, on créa un Hbraire de r Académie, lequel de voit aussi lui servir comme d'huissier. Cette charge fut donnée à Camusat , qui estoit de tous ceux d'alors celui que l'on estimoit le plus habile ; car outre qu'il estoit très-entendu en sa profession , il était honmie de bon sens , et n'imprimoit guère de mauvais ouvrages ; de sorte qu'encore

* Conrart tint très - exactement ses registres juif ai sa mort (23 septembre 1675).

lorsque nous sommes venus dans le monde, vous et moy, et que nous avons commencé à lire des pièces françoises, c^estoit presque une marque infaillible des bonnes que d^estre de son impression.

On délibéra aussi dans ces commencements du nom que prendroit la Compagnie , et entre plusieurs qui furent proposés, celui de V Académie française ^ qui avoit déjà été approuvé par le cardinal , fut trouvé le meilleur.

Quelques-uns Font nommée depuis Y Académie des beaux esprits, quelques autres Y Académie de l'éloquence, comme monsieur de Boissat, qui luy escrivit de Dauphiné avec ce titre , par erreur, bien qu^il en fût lui-mesme. Plusieurs autres ont cru qu^elle s^appeloit Y Académie éminente, par une allusion à la qualité du cardinal, son protecteur; et j^avoue que je m'y suis aussi trompé autrefois dans Tépistre dédicatoire du premier livre de la Paraphrase des Instituts , mais enfin elle ne s'est jamais appelée ellemesme que \ Académie française.

Au choix de ce nom , qui n'a rien ni de superbe ni d^étrange , elle a témoigné peut-estre moins de galanterie , mais peut-estre aussi plus de jugement et plus de solidité que les Académies de delà les monts , qui se sont piquées d'en prendre ou de mystérieux, ou d'ambitieux , ou de bizarres , tels qu'on les prendroit en un carrousel ou en une mascarade ; comme si ces exercices d'esprit estoient plutost des débauches et des jeux que des occupations sérieuses.

Ainsi leurs académiciens se sont appeliez à Sienne

IntronaU, à Florence délia Crusca, à Rome Huma-

risU, Lincei, Fantastid, à Bologne Oliosi, à Gênes

Addormentati, à Padoue Ricovratiei Orditi, à Vicenze

^Olimpici, à Parme Innominaii, à Milan NascosH^ à

Naples ArdenU , à Mantoue tnvagktti, à Pavie Affliaii, et je ne sache que la seule Académie florentine, la plus ancienne de toutes , quf ait voulu prendre un nom simple et sans affectation. » (Péllssea, ffistoire de t Académie.)

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