‹ Ruelles, salons et cabarets (volume 3)Chapitre 23 sur 23 · MADEMOISELLE DE L'ENCLOS · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE DE L'ENCLOS

M. Turrelin m'a une grande obligation de lui avoir donné vôtre connoissancc : je ne lui en ai pas une médiocre d'avoir servi de sujet à la "belle lettre que je viens de recevoir. Je ne doute point qu'il ne vous ait trouvée avec les mêmes yeux que je vous ai vue: ces yeux par qui je connoissois toujours la nouvelle conquête d'un amant, quand ils brilloient un peu plus que de coutume , et qui nous faisoient dire ,

Telle n'est point la Cylhërëe ', etc.

Vous êtes encore la même pour moi; et quand la nature, qui n'a jamais pardonné à personne, au roi t épuisé son pouvoir à produire quelque altération aux traits de vôtre visage , mon imagination sera toujours

1 Ode de Malherbe k la Reine, mère du Roi, sur sa bienvenue en France.

pour VOUS cette gloire de Niquée , où vous savez qu'on ne changeoit point. Vous, n'en avez pas affaire pour vos yeux et pour vos dents, j'en suis assuré : le plus grand besoin que vous ayez c'est de mon jugement, pour bien connoître les avantages de vôtre esprit , qui se perfectionne tous les jours. Vous êtes plus spirituelle que n'étoit la jeune ek vive Ninon.

(OEuvres de Saint- Évremont , 1739, t. V, p. 142-145).

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