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I. Elle avait elle-»nême quatre-vingt-un ans

leurs de sa strangurie et j'ajouterais d'un excès de gloire qui a trop secoué sa faible machine. » Walpole fit cette courte réponse : « Je ne suis pas son enthousiaste, mais qui est-ce qui le remplacera? » M»^ Denis, légataire universelle de Voltaire, vint, le 16 juin, voir la marquise. «C'est, dit-elle, une bonne grosse femme sans esprit, mais qui a un gros bon sens et l'habitudede bien parler, qu'elle a sans doute prise avec feu son oncle. » L'Académie alla en corps complimenter « cette bonne grosse femme », dont « le gros bon sens » ne l'empêcha pas de faire la sottise de se remarier à soixante-dix ans. Elle épousa un commissaire des guerres, M. du Vivier, qui, tout glorieux d'une pareille alliance, donnait le matin des audiences dans le lit nuptial. D'Alembert voulant vérifier le fait et demandant à un domestique qu'il avait chargé de remettre une lettre à la nouvelle mariée s'il avait trouvé le mari avec la dame : « Pour le mari, si ça rétait, je ne puis l'assurer, répondit naïvement le valet, mais c'était toujours un quelqu'un. » D'Alembert ne manqua pas d'en amuser ses collègues et les plaisanteries qu'en firent les Quarante déterminèrent M™'^ Denis à donner à la Comédie-Française la statue de son oncle, destinée d'abord à l'Académie.

M™° Du Deffand survécut à Voltaire deux ans et cinq mois. Elle garda jusqu'à la fin son profond ennui, dans lequel se combinaient le dégoût de la vie et l'horreur de la mort. Dès 1759 (1), elle exhalait ce gémissement : « Toutes les conditions, toutes les espèces me paraissent également malheureuses depuis l'ange jusqu'à l'huître; le fâcheux c'est d'être née... » Nouvelles lamentations en 1774 (2), non plus sur le thème de l'entrée dans ce monde, mais sur la sortie : « Si nous pouvions nous en aller en fumée, ce genre de destruction ne me déplairait pas, mais je n'aime pas l'enterrement. » En 1778 (3) autre antienne : « Si je pouvais devenir dévote, c'est tout ce qu'il y aurait de plus heureux. » Elle oubliait sa vaine tentative d'autrefois, lorsqu'elle

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