‹ Ruelles, salons, et cabaretsChapitre 44 sur 148 · I. Lettre au général Conway, du 8 septembre · texte numérisé non relu

I. Lettre au général Conway, du 8 septembre

feint de battre rudement le coupable et masqué sa faiblesse par une diversion, — « l'histoire d'une dame dont le chien avait enlevé un morceau de la jambe à un monsieur, et qui, dans un accès de tendresse et d'alarmes, s'écriait : « Est-ce que cela ne pourrait pas rendre mon chien malade?»

Walpole, à qui, dans les derniers temps ,'Wiart rendait compte deux fois par semaine de l'état de santé de sa maîtresse, et dont les relations avec la marquise avaient, comme nous l'avons vu, commencé en 1765, s'était retiré dans son château de Strawberry- Hill, entre Londres et Hampton-Court, — pour n'en plus sortir, après son cinquième voyage à Paris, où, arrivé le 20 août 1775, pour y passer cinq semaines, il était resté plus de trois mois. Ce petit homme, autrefois aussi sec de corps que de cœur, aux yeux doux et fins, au sourire sans grâce, et qui avait l'air d'un jeune garçon, s'était boursouflé affreusement et pouvait à peine se servir de ses pieds et de ses mains déformés par la goutte, I! avait pris la France en haine et, à propos des succès de notre armée en Flandre, écrivait (i)à Georges Montaigu, avec un dépit de matamore : « Jadis un Anglais pouvait battre à lui seul trois Français ; nous voilà aujourd'hui tellement dégénérés que trois Français peuvent à coup sûr rosser un Anglais. » Oij ce radoteur de Montaigne aurait-il trouvé un personnage plus « ondoyant et divers » que ce gentleman, de qui M™» Du Deffand avait pu dire à lui-même en 1768(2): « II est tout à fait Français. » L'homme qui avait été un whig ardent comme son père, le ministre Robert Walpole et qui avait fait suspendre d'un côté de son lit la CMagna Cbarta et de l'autre le iVarrant d' exécution de Charles l"', devait se ranger parmi les adversaires les plus acharnés de la Révolution française. Du reste, il avait toujours, au fond, été fier de sa naissance et il mettait Alcibiade au-dessus de Socrate. Ses cent vingt mille livres de revenu lui permettaient de vivre princièrement dans son château gothique « un pastiche indécis et

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