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MAXIME HENAULT (Page 205)
R. — Je suis allé au presbytère demander à M. le curé pour faire mes Pâques.
Q. — Qu'est-ce qu'il vous a demandé d’abord en vous disant bonjour ?
R. — Je suis entré et j'ai dit : bonjour monsieur le curé, il a dit : bonjour M. Henault. Il m'a demandé : comment vont les rouges ? J'ai dit: ‘Il vont assez bien dans ce temps-ci, mais ils ont des difficultés pour faire leurs pâques et je voudrais bien faire mes pâques, comme je les ai toujours faites depuis ma première communion. ” Il me ditlà, dans cette occasion là : pour quel parti avez-vous voté ? J'ai dit : j'ai toujours voté pour M. Sylvestre. Il m'a dit : voilà une élection qui se présente, voterez-vous dans le
* même sens ? ai dit: oui. Il m'a dit: ‘“ eh bien ! pas de
Pâques ! ” BERNARD RIBARDY (Pape 229)
Q. — Le curé at-il parlé de ceux qui voulaient se damner et qu'est-ce qu’il a dit à ce sujet ?
R. —— Oui; toujours en parlant du parti libéral, il a dit: “ Si vous voulez vous damner vous avez en belle, allez et votez pour le parti libéral.”
Q. — Vous rappelez-vous s’il a parlé de serpents et qui il a dit étaient des serpents ?
R. — Oui, c'était dans le mandement qu’il disait qu'il avait oublié, disant que ça venait de Moncsigneur, qu'il avait oublié de le lire et dans ce mandement Monseigneur nous comparait à des serpents.
Q. — A-til dit les enfants de qui, et quelle sorte de têtes étaieb les libéraux qui ne voulaient pas écoui:r leur euré ?
R. — Il s’est exprimé plusieurs fois. Il a dit que c’étaient des ‘têtes croches ”
Q. — Et les enfants de qui ?
R. — Les enfants du diable ; les deux mots se suivaient, les enfants du diable et les enfants du démon. :
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50 AU PAYS DES RUINES DAVID FRÉCHETTE (Page 244)
Q. — Qu'est ce que vous avez cumpris des paroles de votre curé, qu'un électeur catholique pouvait faire ou ne pouvait pas faire relativement au parti libéral ?
R. — J'ai remarqué un jour que monsieur le curé a dit, dans l'explication du dimanche, que le parti libéral était le parti qui ressemblait en couleur au feu de l’enfer ; il a dit cela d’une manière excitée, en frappant un coup de poing sur la chaire.
ADOLPHE LAJOIE (Page 277).
Q. — Avez vous eu une conversation avec le révérend M. Brien après votre confession terminée ?
R. — Après que j'eus fini, je me suis levé pour partir et il m'a rappelé et il m'a demandé pour qui j'étais, j'ai dit “il y a trois ans, j'étais pour M. Sylvestre” et il m’a demandé ‘à présent êtes-vous pour lui, ? j'ai dit “oui” et il a dit “à présent il faut changer ce parti là et prenilre l’autre parti ”. J'ai dit ‘j'ai toujours été de ce parti, je ne connais pas l'homme qui se présente, je ne l'ai jamais vu et M. Sylvestre, je le connais comme il faut ” Il a dit : ‘ mon enfant si tu es pour lui, et bien tu n’es pas capable de faire tes Pâques. ” J'ai dit: gardez-les, s’il n’y a pas moyen, je suis pour lui. ?
FRANCOIS COMERTIN (Page 315)
Q. — Comment étaient considérés les libéraux au point de vue de la religion d’après ce que disait votre curé. ?
R. — Pour des déchaînés, des diables !
Q. — Après votre confession terminée, c’est à-dire après
l’absolution ou la bénédiction, avez-vous eu une ‘conversation avec votre curé au sujet de l'élection ?
R. — La bénédiction qu’il m’a donnée, il s'est levé et il m'a dit : ‘“ de m'en aller me damner avec mon parti ” C’est la bénédiction qu’il m'a donnée.
EDOUARD BELAND (Page 321)
Q. — Avez-vous eu occasion d'entendre prêcher votre curé sur la politique et l'élection ?
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R. — Oui.
Q. — Quelles sont les paroles dont vous vous rappelez le plus ?
R. — Il nous a dit que le parti libéral était un parti condamné par l’église et il à fait une comparaison, que les libéraux étaient en comparaison comme des œufs qu'on mettait à couver sous une poule lorsqu'ils n’éclosaient pas, qu’on était pourri, qu’on avait le cœur pourri et enfin beaucoup de choses qu’il a dit dans le temps.
Ce sont là les réponses typiques d’un procès pris au hasard, sans avoir égard à l'opinion politique qui y est exprimée.
D'ailleurs, si les circonstances s’y prêtaient, il serait facile de trouver les mêmes dénonciations contre des conservateurs lorsque le curé qui avait entrepris de discipliner la paroisse était, par exemple, un castor.
L'esprit de domination est tellement inné dans tous les rouages de la machine ecclésiastique ; sa conviction dans l’abjecte soumission du peuple canadien est si bien ancrée, que rien n'arrête le curé prédicateur ou cabaleur politique.
Quand on songe qu'il a fallu des années et des années avant qu'un juge osât dire ce qui suit, sans être, non pas condamné par le clergé, mais lapidé par le peuple :
“ Il peut y avoir ou il y a, dans les sermons ou discours qualifiées tels, des matières temporelles qui tombent nécessairement sous ma juridiction. Le sermon n’est donc pas de lui-même en dehors de toute jurisdiction laïque ; c’est la matière de ce sermon et la nature de la demande faite au tribunal à son égard, qui déterminent de quelle juridiction il relève.”
Et maintenant quelle a été la conséquence de ce mode de faire au point de vue religieux, que nous examinons seul aujourd'hui ? La destruction du respect du prêtre.
À force de le voir se mêler aux luttes, on l'a réduit à sa juste valeur d’agent électoral et un
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procès récent, qui s’est déroulé devant la Cour d’Appel, montre toutes les éclaboussures dont a été criblée leur soutane.
Qu'on en juge par cette déposition officielle :
R. — La question est celle-ci : Si les faits qu’il y a dans le document étaient publics dans la paroisse comme ayant été prononcés par le demandeur lui-même ?
Q. — C'est-à-dire pas le mot à mot, mais quelque chose dans ce sens-là ?
R. — Je ne sais pas du tout ce qui a été reconnu dans la paroisse pour avoir été dit par le candidat.
Q. —- Prenez l’ensemble ?
R. — Il y avait certaines choses qui n'étaient pas connues dans la paroisse. Il a été connu dans la paroisse qu’une sœur au couvent avait été affrontée et que c’était devenu public par la publication sur les journaux et que le seigneur avait été employé pour empêcher les journaux anglais de le publier. C'était connu que c'était le curé dans le temps. Quant aux sept sœurs qu’il était connu dans la paroisse, qu'il y avait eu sept filles d’attrapées duns la paroisse chez nous et parmi lesquelles était une des filles du demandeur. qu’il l'avait envoyée chez sa tante à Montréal, mais qu'il disait qu’il lui avait envoyé apprendre l'anglais dans les townships, ça été dit, j'étais présent dans l’église, pour les sept filles; au lieu de sept sœurs c'était sept filles de la paroisse qui avaient été affrontées. Voici ce qui était connu dans la paroisse. |
Q. — Mais ce n'était pas le demandeur qui avait affronté les sept filles ?
R — Non, le curé nous a dit qu’il y avait sept filles de la paroisse qui avaient été affrontées, parmi les sept, il y avait une fille du demandeur, que le curé disait en chaire ?
Q. — Je vous demande s’il n’était pas connu que le candidat avait dit cela en dehors ?
R. — Non, cette affaire-là, par rapport aux curés, que c'étaient tous des m..., excepté un.
Q. — Ce que je vous demande, docteur, c’est ceci : Si c'était connu dans la paroisse que le demandeur avait dit cela ?
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R. — On attribue au demandeur d’avoir dit que le curé lui avait dit dans un couvent du comté, après un examen, qu’en France, dans un couvent, qu’un grand nombre de sœurs avaient été séduites, et que la supérieure, jalouse de voir que le chapelain s’amusait plutôt aux jeunes qu'aux vieilles, s’était jetée dans un puits. C'était le curé qui le lui avait dit, et il lui a dit qu’i avait appris cela. à une retraite de prêtres, ici, par un curé français qui avait prêché la retraite et qui avait rapporté ce fait-là. Voila ce qui était connu dans la paroisse, par rapport à cette affaire du couvent de France. Moi, j'ai appris du demandeur ce fait-là.
Qui donc restaurera dans leur ancienne grandeur les bons prêtres d'autrefois qui refusaient de se mêler à nos luttes intestines ?
Encore une ruine qui ne se relèvera pas, et pour cause.
L'exemple vient- de trop haut pour espérer une réforme.
Les premiers vendus sont les chefs du clergé ; ont-ils ensuite le pouvoir de reprocher à leurs inférieurs de les imiter ou même de chercher à les devancer ?
Prenez garde à ce que l'avenir vous réserve, craignez que le peuple ne se soulève.
Ce jour-là, si les privilégiés ecclésiastiques veulent faire entendre leur ancienne voix et songent, comme autrefois, qu'il y a toujours une ressource, que le peuple est superstitieux, et qu'il faut l'effrayer par les noms de Dieu et de la religion.
S'ils viennent à s'écrier :
“ Nos chers frères, nos enfants ! Dieu nous a établis pour vous gouverner. ”
Il se pourrait bien que le dialogue suivant vint à s'engager :
Le Peuple Montrez-nous vos pouvoirs célestes ?
Les Prêètres
Il faut de la foi, la raison égare !
Le Peuple
Gouvernez-vous sans raisonner ?
Les Prêtres
Dieu veut la paix ; la religion prescrit J’obéissance. Le Peuple
La paix suppose la justice ; l’obéissance veut la convic tion d’un devoir.
Les Prêtres
On est ici bas que pour souffrir Le Peuple
Montrez-nous l’exemple.
| Les Prêtres
Vivrez-vous sans dieux et sans chefs ?
Le Peuple
Nous voulons vivre sans oppresseurs.
Les Prêtres
I] vous faut des médiateurs, des intermédiaires. Le Peuple
Mediateurs près de Dieu et des rois ! Courtisans et prêtres, Vos services sont trop dispendieux : nous traiterons désormais directement nos affaires.
Et alors le petit groupe s’écriera : “ Tout est perdu, la multitude est éclairée. ”
Ce serait le moment pour le peuple de répondre : “ Tout est sauvé ; car si nous sommes éclairés, nous n'abuserons pas de votre force : nous ne voulons que nos droits. Nous avions des ressentiments, nous les oublions ; nous étions esclaves, nous pourrions commander ; nous ne voulons qu'être libres et la liberté n'est que la justice.