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législateur arrêétant ce mouvement de violence et s'adressant aux chefs et aux docteurs: “ Quoi! leur dit-il, instituteurs des peuples, est-ce done ainsi que vous les avez trompés ?
Et les prêtres troublés répondirent : O Législateur ! nous somines hommes et Les peuples sont st à superstitieux ! ils ont eux-mêmes provoqué nos erreurs.
Et les rois dirent :
# O législateurs! les peuples sont si serviles et si ignorants! eux-mêmes se sont prosternés devant le joug qu'à peine nous osions leur montrer.”
Alors le législateur se tournant vers les peuples: Peuples,leur dit-il, souvenez-vous de ce que vous venez d'entendre: ce sont deux profondes vérités. Oui, vous-mêmes causez les maux dont vous vous plaignez ; c'est vous qui encouragez les tyrans par une lâche adulation de leur puissance, par un engouement imprudent de leurs fausses bontés par l’aveulissement dans l'obéissance, par la licence dans la liberté, par l’accueil crédule de toute imposture : oui, qui punierez-vous des fautes de votre ignorance et de votre cupidité ?”
Et les peuples interdits demeurèrent dans un morne silence.
Il faut parcourir notre politique canadienne pour comprendre toutes la portée de ces paroles prophétiques.
En ouvrant par exemple un de ces procès d'influence indue qui ont révélé tant d’infamies, on est en droit de se demander si ceux qui ont écouté ces conseils et n'ont pas sauté à la gorge des imposteurs, n'ont pas mérité leur sort, et s'ils nous est permis de pleurer sur leur ruine.
Puisons à pleines mains dansles dépositions officiel-
les et voyons à quelles monstruosités nous nous heurtons. .
Contestation de Berthier. Elections de 1878.
Dépositions.
JOSEPH MAYER (Page 24)
Q. — Quand le curé a-t-il dit que le diable était sorti de l'enter ? |
R.—Tout ce qu'il a dit, il a dit ces mots-là en chaire : que Lucifer était sorti de l'enfer, qu'il avait pris la liste électorale qu'il avait parcouru tous les rangs et qu’il avait enregistré le nom de ses communiants et qu'il avait une grosse majorité dans la paroisse : de plus il a dit : Sur treize ou quatorze cents communiants, quatre ou cinq cents seulement sont dignes de s'approcher de la Sainte Table parcequ'il a dit : Si le chef de la famille a voté libéral, la femme et les enfants sont indignes de s'approcher, comme le chef. Les quarante heures comménçaint ce jour-là et il y en a eu bien peu qui'les ont faites, on les comptait.
Q. — Vous avez dit que vous marquiez au doigt ceux qui ont fait leurs Quarante Heures ?
R. — Je vous ai dit tout à l’heurc qu'on était marqué au doigt, les gens libéraux qui allaient communier. Pour cette raison-là vou: voyiez le monde à ia porte de l'Eglise, par petits pelotons, les bieus ensemble et les rouges ensemble ; et ceux qui allaient à confesse parmi les rouges, les bleus disaient : En voila un qu'i est converti et il y en avait parini ; et nous autres, en les voyant on leur disait : tu es converti ?
GEORGE FRÉCHETTE (Page 195)
Q. — Avez-vous entendu M. le curé parler de libéralisme catholique et de libéralisme politique et qu'est-ce qu'il en a dit ?
R. -— J'ai eu affaire à aller le trouver sur différents rapports, je me suis trouvé affligé dans le temps, et j'avais besoin de son secours ; il m’a entretenu en prêche passablement longtemps ; j'ai été dans le cas d’endurer et de ne rien dire, je me suis soumis à toutes choses, et à la suite, il m’a dit qu'il fallait faire des sacrifices. Il y a deux systèm@ dans la cause sur quoi il a entendu de me faire faire des
sacrifices : moi je n'ai pas eu de difficultés pour un système de faire un sacrifice ; pour le dernier systéme, il m'a proposé qu'on était en temps d'élection et qu'il fallait faire un sacrifice ; que j'avais toujours été libéral, que j'avais toujours été comme rebelle et que ça pouvait être une punition les afflictions que je por avoir ; qu'il fallait faire un sacritice, pour obtenir de la Providence une guérison ; mais je n’ ai pas été capable de faire un sacrifice dans ce sens là.
Q. — Quel sacrifice M. le Curé vous demandait-il de faire ?
R. — C'était de voter pour l’autre parti.
Q. — Quelles étaient les afflictions dont il voulait parler en disant que la Providence vous avait affligé de cela ?
R. — C'était un de mes fils qui était comme troublé, dans le moment, qui avait l'esprit fatigué ; de manière que j'avais été à lui pour demander un renseignement sur la manière dont je devais m'y prendre pour obtenir sa guérison.
Q. — Vous lui demandiez des avis spirituels ?
R. — Oui.
Q. — Vous a-t-il dit en punition de quoi cette afflictionlà vous avait été envoyée !
R. — Il à dit que j'avais toujours été rebelle contre l'Eglise sur différents rapports ; qu'il avait passé en collection pour quelques affaires et que je n’avais pas voulu contribuer et que l’un et l’autre occasionnaient que je fusse puni dans le moment.
Q.— A-t-il parlé aussi dans le même temps, de votre politique, de votre parti !
R. — Certainement que oui; puisqu'il a dit que j'avais toujours été libéral et contre l'Eglise.
Q. — Il ne vous à pas dit de faire rien qu'un sacrifice ; il vous a dit d’en faire plusieurs ?
R. — Ilinen a cité deux.
Q. — Les deux principaux !
R. — Ca peut se faire que ce serait les deux principaux ; moi, j'ai considéré de mettre une petite somme qu'il me demandait pour un sacrifice. J'ai préféré donner cette petite somme d'argent là parce que je ne suis pas beaucoup riche, plutôt que de faire l’autre sacrifice.
e À — Vous avez préféré donner de l'argent plutôt que de sacrifier votre opinion politique ?
R. —— Oui, monsieur