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Ce programme large devait naturellement attirer sur la revue l'attention du public et la haine du clergé.
La campagne faite contre les exemptions de taxes dont le public s'empara avec enthousiasme, assura au
JANADA-REVUE une circulation et une autorité qui se
montrent lorsqu éclata le scandale Guyhot.
Le scandale Guyhot n’est qu'un élément infime dans le soulèvement qui a éclaté au sein de la population catholique de la Province.
Mais il faut croire que le moment était venu, que la coupe était pleine puisqu’elle-déborda aussitôt.
Ce fut un grand cri.
Après tout, ce Guyhot n'était pas seul. Son crime, ilest vrai, avait un caractère d'hypocrisie écrasante, stupéfiante, une foule de noms étaient mêlés à l'affaire il avait tout profané, religion, morale, famille, mais bien d’autres l'avaient fait avant lui.
Ses lettres toutes tombé pu x mains du mari outragées suintaient le vice et la crapuleuse débauche : mais, bien d’autres mains ecclésiastiques s'étaient faites les pourvoyeurs des librairies pornographiques des temps anciens, modernes et contemporains !
Pourtant, l'éclat fut énorme, la pooulation atfolée demanda justice et le CANADA-REVUE et un autre journa], l’'ECHO DES DEUX-MOHTAGNES, se firent l'écho de cette voix et les justiciers.
Un premier article parut, conçu en ces termes :
Le scandale humiliant qui court les rues en ce moment est une leçon terrible pour les autorités ecclésiastiques et pour les catholiques de cette ville.
C'est l’histoire qui se répète et se répétera aussi longtemps que le monde durera.
On perd les hommes en les encensant continuellement, en excusant leurs abus, en justifiant leurs exagérations, en leur faisant croire que tout leur est permis.
À force de leur dire qu’ils sont maîtres absolus de tout et qu’ils peuvent tout prendre, ils finissent par prendre nos femmes.
Il est temps que dans l'intérêt de la religion et du clergé lui-même les hommes dont personne ne peut soupçonner les motifs disent la vérité.
Il faut être aveugle pour ne pas prévoir la tempête qui, tôt ou tard, éclatera et brisera tout, si le clergé ne fait pas ce que les circonstances exigent.
Plus il a fait de bien, plus son influence a été grande et bienfaisante, plus il doit être sur ses gardes et tenir compte des plaintes qui se font entendre partout.
Les abus d’autorité, l'accumulation des richesses, l’amour du bien-être, la condamnation pendant des années des hommes les plus honnêtes, le défaut de surveillance des jeunes prêtres, l’imprudence avec laquelle on les met en contact journalier avec les femmes, l’acharnement avec lequel on se cramponne à des privilèges et à des exemptions de taxes et de redevances que tout bon citoyen devrait payer, tout cela devait produire dans l’ordre religieux, politique et social ce que nous voyons.
Que les têtes sages réfléchissent et avisent !
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