‹ Rupture d'un anévrisme de l'artère iliaque primitiveChapitre 13 sur 24 · MAR · texte numérisé non relu

MAR

un volume considérable le vingtième jour. À ce moment l'état général nécessite l'entrée à l'hôpital.

Le jeune malade se présente à moi très amaigri, très décoloré ; sa jambe gauche est en flexion ; il ne peut remuer ses membres sans le secours des mains. Pas d’œdème. Sensibilité atténuée du membre inférieur. L’abdomen révèle une déformation très apparente avec voussure de la fosse iliaque gauche. On trouve une volumineuse tuméfaction, un peu irrégulière, emplissant toute cette fosse, dépassant la ligne médiane et remontant jusqu'aux fosses côtes. Matité partout à gauche, sauf un peu dans la région lombaire. Palpation douloureuse ; on ne peut allonger la jambe du patient. Température : 380, 3805. Urine normale, ni sang, ni pus. Il n'y a aucune affection antérieure à cette iyphoïde Quel diagnostic porter ? L'existence d'une tuméfaction empâtée semblant en certains points fluctuante profondément l'existence d’un état infectieux de longue durée, à oscillations, l'élévation actuelle de la température, imposaient le diagnostic de collection purulente.

Intervention le 22 mars. Incision courbe à peu près parallèle à l’arcade de Falloppe, afin de décoler le plus près possible de la fosse iliaque externe. À peine les différents plans de la paroi incisés, je vis s’écouler du pus teinté en brun. Avançant progressivement avec circonspection, avecle doigt seul, dans la direction de l'écoulement purulent, je me trouvais rapidement en présence d’une masse de couleur lie de vin, ressemblant un peu à la paroi de certaines hématocèles. La partie profonde en contact avec la fose iliaque était assez résistante ; la paroi supé-

rieure au contraire rénitente, très tendue à paroi mince

RAA SRE mais le tout absolument adhérent aux parties voisines,

A quoi avais-je à faire ? Kyste hématique, anévrisme infecté ? Immédiatement sans autre effraction la poche se rompt largement faisant jaillir avec force un flot de liquide rouge. {Evidemment anévrisme. Compression de l'aorte abdominale et la poche est remplie de compresses. L'hémorragie s'arrête. Le malade déjà affaibli semblait s’en aller: laparotomie pour ligature du vaisseau si possible. Je trouve une tuméfaction énorme sans limite précise en corrélation avec les dimensions décrites remontant très haut vers la région rénale. L’aorte aplatie à sa surface ne pouvait se révéler même par une palpation minutieuse ; elle se perdait vers le milieu de la tumeur. Diflicilement je repère l'iliaque externe dont les battements sont peu sensibles. Impossibilité de voir le point d’épanouissement de l’artère dans l’anévrisme. La ligature de l’aorte était impossible, il aurait fallu remonter trop haut, le malade succombe deux heures après.

Nécropsie : la pièce présentée est un anévrisme sacciforme développé aux dépens de l’iliaque primitive, à environ un travers de doigt de sa bifurcation, poche très volumineuse sans configuration précise, à limites indécises, fusionnée avec les organes voisins notamment avec le psoas. L’aorte disséquée avec peine est absolument aplatie à sa surface. L'iliaque primitive semble faire corps avec elle d’où impossibilité de faire une ligature sur cette portion artérielle.

L'anévrisme contient deux parties, l’antérieure représentant la cavité anévrismale la plus récente, l’autre profonde et postérieure adhérente au psoas, épaisse de 5'à 6 centi-

mètres, résistante, se divisant en lamelles qui ne sont que

Page 1