ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Avant d'entreprendre l'anatomie pathologique nous allons rappeler quelques considérations d’anatomie topographique qui nous permettront de mieux situer la lésion dans l’organisme.
Les deux artères iliaques primitives, nées de l'aorte au niveau de la quatrième lombaire, se portent obliquement en bas et en dehors dans la direction d’une ligne allant de l’ombilic à la partie moyenne de l’arcade crurale et se divisent au niveau de la symphyse sacro-iliaque en deux branches : iliaque interne et iliaque externe. :
Les iliaques primitives ne fournissent aucune collatérale. Elles reposent en dehors sur le muscle psoas et sont recouvertes en dedans et en avant par le péritoine. L'iliaque primitive droite passe au devant de la veine correspondante et recouvre en partie l'origine de la veine-cave inférieure. L’iliaque primitive gauche présente sa veine collatérale en dedans et en arrière. Chaque artère est croisée en avant par l’uretère du même côté.
Les différents processus pathogènes pouvant entraîner la formation d’anévrismes des gros troncs artériels abdominaux sont l’athérome, les artérites
localisées et la dégénérescence graisseuse.é
Dans les observations publiées au début de ce travail, nous relevons deux cas d’athérome, les malades du Dr Lenouëne et du D’ Ferrari. Celui du D' Ferrari présenta une perforation d'une artère athéromateuse ayant donné lieu secondairement à un anévrisme diffus et celui du D' Lenouëne une perforation d’un anévrisme développé aux dépens d’une artère athéromateuse.
L’athérome artériel est une andartérite chronique. Les vaisseaux sont durs au toucher, roulent sous lé doigt, ne se laissent pas déprimer. Ils sont dilatés en certains points. Leur section montre une paroi düre, résistante, épaissie, de consistance calcaire. La surface interne est irrégulière, mamelonnée, présente des plaques cartilagineuses, rigides, et dans les interstices qui séparent ces plaques, la tunique interne tiraillée se laisse déchirer. Le sang pénètre dans leur intervalle ; la tunique moyenne s'infiltre et se rompt, la tunique externe se dilate et forme une poche anévrismale. Ce décollement de la tunique externe peut se faire sur une très grande étendue. La rupture est une des conséquences relativement fréquentes de l’athérome.
Les anévrismes des gros troncs artériels, ainsi que l'ont dit Broca, Lancereaux et Brault, sont le plus souvent sous la dépendance d’artérites localisées. Ces artérites sont des complications d’une maladie locale ou générale. Dans cette catégorie rentrent les observations de Rivet et de Orth. On y voit deux jeunes malades, l’un convalescent de typhoïde,
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l’autre blessé d’un coup de feu. Enfin le malade de Brewer est un ancien syphilitique.
La présence à l’intérieur d’un vaisseau d’un corps étranger donne lieu à une réaction inflammatoire de l'artère. Ainsi agissent les embolies (anévrismes emboliques connus depuis les recherches de Greenfield, de Gowers et de Pel) et les thromboses. Toutes les maladies infectieuses, mais particulièrement la grippe et la fièvre typhoïde sont les causes de ces thromboses. D’autre part, la syphilis et la tuberculose sont souvent l’origine d’anévrismes par artérites localisées, leurs processus spécifiques détruisant la tunique moyenne de l’artère.
Enfin une inflammation se produisant dans le voisinage d’une artère ou un traumatisme, peuvent retentir sur elle, donner lieu à de la péri-artérite puis à de l’endartérite. Et pour terminer un foyer purulent voisin peut être la cause d’ulcération ou de perforation, et ici nous retrouvons la pathogénie de l’anévrisme diffus de Rivet, où une suppuration d’origine rénale entraîna la perforation d’un anévrisme préexistant.
Quel que soit le processus pathologique, inflammation de voisinage s’attaquant d’abord à la tunique externe, altération primitive de la tunique interne dans l’embolie ou la thrombose, lésions spécifiques de la tuberculose ou de la syphilis, un fait principal domine l’anatomie de l’anévrisme c’est la modification profonde subie par la tunique
moyenne, la plus résistante.
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A un examen histologique, la paroi du sac apparaît, disent Cornil et Ranvier, comme formée par un seul tissu dont la structure est identique à celle de la tunique interne modifiée par l’endartérite, c’est-à-dire par un tissu de cellules plates formant des couches superposées séparées par une substance fibrillaire, ce tissu pouvant subir du reste une série de transformations diverses, athérome, dégénérescence graisseuse ou calcaire ; dans certains anévrismes même la poche forme une véritable coque calcaire. C’est en somme un tissu qui ne permet pas de reconnaître la structure artérielle, mais si l’on fait des coupes au niveau de l’abouchement de l’anévrisme avec l’artère on trouve des vestiges de la tunique moyenne, des lames superposées de tissu élastique.
Les anévrismes iliaques se présentent sous des apparences différentes qui permettent de les diviser comme les anévrismes en général en anévrismes fusiformes (renflement cylindrique dont les deux extrémités sont constituées par l’artère qui se continue à plein canal avec la tumeur), Et anévrismes sacciformes (poche appendue à l'artère communiquant avec elle par un orifice plus ou moins large) Leur nombre et leur siège est variable.
Quand on ouvre la poche anévrismale on constate l'existence dans la cavité des caillots fibrineux. Ils apparaissent comme des couches stratifiées, de consistance fibrineuse presque fibroïde là où elles
sont en contact avec la paroi artérielle, de consis-