‹ Rupture de Pyosalpinx pendant l'accouchementChapitre 12 sur 13 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation I

Traduite et extraite de The Lancet.

Rupture mortelle d'un pyosalpinx pendant le travail. J.-W. Roë. The Lancet, février 1906, page 365.

Le cas suivant est intéressant à plus d’un titre. Il est rare qu’un pyosalpinx non reconnu se rompe pendant le travail. Les symptômes présentés ne furent point ceux qu’on rencontre habituellement dans les cas de rupture de pyo- Salpinx, et ce cas montre comment, sans la moindre faute commise, un médecin peut être mis en èchec avec des circonstances ennuyeuses et pénibles, contre lesquelles il ne pouvait se mettre en garde.

Le mercredi 6 décembre à 8 h. 30 du soir je fus appelé auprès d’une femme en travail. Mon confrère était mort deux jours seulement auparavant, qui devait voir le cas.

La femme, que je voyais pour la première fois, avait l'apparence de la vigueur et de la bonne santé. Elle était mariée depuis dix mois. Elle avait à son service une nour-

-rice au mois.

Loone On me dit que le travail avait commencé le lundi matin

vers 5 heures et que les membranes s'étaient rompues

vers midi le même jour. Les douleurs avaient été vives et

fréquentes le mardi et rien d’anormal n'avait été signalé. La malade avait bien pris ses aliments le lundi et le mardi mais n'avait pas dormi dans la nuit du mardi. La nour… rice me dit qu’elle ne m'avait pas envoyé chercher plus tôt, parce qu’elle savait que le premier travail était souvent long, ;

À 8 h. 45 la malade était pâle et épuisée, sa température était 98 F et son pouls battait 120 pulsations à la minute. La présentation était en occipito-antérieure et la tête était engagée dans le détroit du bassin. Le col était largement dilaté.

Vers 8 h. 45 et 9 h. 30 il y eut quatre ou cinq légères douleurs qui n’eurent aucun effet sur la progression de la tête, si bien que je fis demander de l’aide et, après avoir donné du chloroforme, j’accouchai la malade, avec le forceps, d’un enfant du sexe masculin et bien portant, sans autre accident qu’une lévère déchirure du périnée, qui fut recousue sur-le-champ. Avant de donner le chloroforme l’abdomen était mou et non sensible. [1 n’y avait eu aucun vomissement, l’utérus se contractait bien et le placenta et les membranes venaient bien complets. On fait un lavage au sublimé à 1 pour 2.000, et à 11 h. 30 du soir la malade n’était plus sous le coup de l’anesthésie, et se trouvait en

très bonnes conditions.

Le jeudi, la mère et l’enfant se portèrent bien tous les

deux. La inère n’avait pas eu de nausées depuis minuit,

| sg elle avait absorbé un litre de lait chaud et un peu de bouillon et n’avait eu aucune douleur.

La température était de 99 F (472), le pouls à 88.

Le nouveau-né avait une grosse bosse séro-sanguine, mais autrement bien constitué.

Le vendredi matin à 11 heures, je vis de nouveaula mère, elle avait eu une bonne nuit, mais avait vomi une fois à 10 h.30 du soir.Elle présente aussi une assez forte diarrhée.

Le ventre n’était ni tendu, ni ballonné et l’utérus pouvait facilement être palpé.

La température était de 100 F (37°7) le pouls à 96. L'enfant criait beaucoup et, comme cela semblait émouvoir la mère, il fut emmené dans une autre chambre.

DTA heures après midi, je vis de nouveau la mère. Elle | avait vomi deux fois depuis midi, et avait été à la garde-robe ‘ quatre fois. Il y eut quelques coliques mais aucune tension, aucun ballonnement de l'abdomen. Utérus toujours facile (TA palper. Langue bonne et humide, rien dans le thorax d'anormal à l’auscultation. La température était à 99°6 F et le pouls à 96. Je donnai un centigramme de morphine par la voie hypodermiqueet je prescrivis un peu de brandy sous forme de grog.

A Oh. 30 la malade était en bon état et ne soutirait plus. Il n'y avait plus de vomissements, ni de nouvelles garde-robes. La température était de 37°7 (100 F) et le pouls à 100 pulsations par minute.

À 3 h. 30 le samedi soir on m’envoya chercher, la ma- Jade était beaucoup plus mal, elle avait vomi à plusieurs reprises et se plaignait de violentes douleurs dans le ven-

tre. De plus elle était très affaissée.

Elle était nettement on extremis; la température était 98° F et le pouls à 140, mais l’abdomen n’était ni dur ni ballonné. Il y avait un peu de sensibilité au palper de l’utérus. La langue était propre et humide.

Des boules d’eau chaude furent appliquées sur l’abdomen eï je donnai par la voie hypodermique un centigramme de morphine et deux miliigrammes de chlorhy-: drate de strychnine.

La patiente ne reprit pas le dessus et la mort arriva à

5 heures.

Autopsie.

$ A l’autopsie on trouva environ 30 grammes de sérosité

sanglante dans le péricarde et dans chaque cavité pleurale.

Les poumons, le cœur, le cerveau, la rate, le foie et les reins étaient sains.

Par endroits l'intestin grêle était hyperémié.

Autour de l'ovaire gauche et dans le Douglas on trouvait un peu de pus floconneux.

L’estomac, le pancréas et l’appendice étaient sains. Il y avait quelques vieilles adhérences autour de l'ovaire gauche et de la trompe. L’un et l’autre étaient très congestionnés.

Un peu de pus épais et jaune s'échappait de la trompe gauche qui contenait encore du pus de même nature. L’utérus était tout à fait normal à l’intérieur.

Je n’ai pu obtenir de renseignements sur la salpingoovarite de la part des parents.

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L’enfant, qui avait été porté hors de la chambre de sa mère depuis le jeudi matin, était couché sur des coussins dans un fauteuil à la cuisine. Je l’avais vu à 1 heure après midi et il était alors tout à fait bien, mais à 2 h. 30 je le trouvai mort.

L’examen, post mortem, de l'enfant montra qu’il avait péri par asphyxie (/hat death was due to suffoeation (Weybridge).

Observations II et III.

Deux cas de péritonite mortelle occasionnée par une pyosalpingite. LÉA, Ann. Gyn. Année 1901, observations rapportées in Thèse CLÉNET. Nantes, 1906.

IL. — Primipare qui,après avoir été infectée par son mari, avait souffert douze mois de douleurs pelviennes intenses, qui s’accompagnaient d’un écoulement vaginal.

Durant la première période du travail, elle devint très malade. Elle eut un frisson avec une poussée thermique à 40°5.

Après la délivrance qui fut naturelle et nul examen vaginal n'ayant été fait, l’hyperthermie persista et une péritonite généralisée se développa rapidement.

Je vis la malade en consultation le dixième jour. Elle avait alors une péritonite généralisée et de la péricardite avec des signes de toxémie profonde.

Il ne pouvait être question d'intervention chirurgicale, la mort survint trois Jours après. Pas d’autopsie.

Il paraît vraisemblable que dans ce cas pendant le tra-

RQ: put -

vail un abcès ovarique où un pyosalpinx creva dans le péritoine, provoquant les symptômes aigus.

Le travail avait été normal, et le frisson accompagné d’'hyperthermie avait commencé dix heures après la déliyrance.

HI. — Primipare. Travail normal, infection grave ayant : débuté le troisième jour des suites de couches. Je la vis pour la premiëre fois le neuvième jour. Elle était alors extrêmement malade.

Toxémie profonde. Température 40°. Pouls 140.

A l'examen on constata une masse dans la région des annexes gauches et une péritonite généralisée. Section vaginale qui donna issue à plusieurs onces de pus de la trompe gauche. La femme mourait vingt-quatre heures après de à septicémie.

Le mari était au moment traité pour une gonorrhée.

Clénet. A.-A. Thèse de Nantes, 1906, p. 71.

Observation IV (/nédite).

Observée dans les services de maternité et de gynécologie

de l'Hôpital de Versailles,

Le 20 mai 1908, vers 2 heures du matin, une jeune fille de 16 ans mettait au monde, à l’hôpita civil de Versailles, un enfant à terme bien portant présenté par le sommet.

L'accouchement s'était passé de la façon la plus simple et, malgré une exagération des douleurs, rien n’éveillait l'idée d’une complication possible,

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La délivrance avait été très normale et complète et l’utérus était bien revenu.

Prise sous l’aisselle, la température était de 38°5 ; le 20 mai au soir cetle température n’indiquait rien par elle même, silôt après l'accouchement, si la femme n'avait accusé, du côté droit du ventre, une douleur très violente, avec des paroxysmes.

On pense à des douleurs utérines,à des tranchées et on fait un traitement symptomatique (cataplas-

mes laudanisés, etc...)

Le 21 au matin la température : 37°5, on fait passer la malade à l'isolement, sans vouloir cependant se résoudre à admettre une infection utérine.

La malade se plaint du côté droit dans la fosse iliaque, elle souffre aussitôt qu’on la touche et cette douleur nous rappelle une hypéresthésie très nette et très bien constatée pendant l'accouchement, quand la main frôlait la paroi abdominale à droite.

On fait tous les diagnostics sans pouvoir s'arrêter à aucun, tant l’idée d'accidents post partum prend

de proportions dans l’esprit.

On fait à la malade un lavage vaginal et il s'écoule un liquide très sale et d'odeur fétide.

A l'examen ôn aperçoit une plaque de sphacèle localisé de la muqueuse sur le pilier postérieur du vagin du voisinage de la fourchette.

* Le lavage utérin ramène un liquide à peine souillé

sans odeur.

La malade interrogée à fond nous raconte qu’il y

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a deux mois, elle avait été blessée à la vulve, par un éclat de vase de nuit en faïence.

La petite plaie s'était très lentement agrandie, puis enfin s'était guérie.

On mit alors la température au compte de sphacèle vaginal.

La douleur persistait à droite dans l'abdomen et se révélait à la palpation légère et superficielle comme à la palpation profonde.

La malade nous avoue qu’elle souffrait aussi depuis longtemps et qu'elle perdait en blanc.

La langue est rouge et sèche ; le pouls est à 120.

Le 21 à 2 heures après-midi température : 40°4.

On pense à la scarlatine, à cause d’une légère angine, de la langue framboisée.

Le 22 au matin le thermomètre marque 39%. .

État général encore bon, pouls à 125. M. le D: Parelle vérifie avec la curette la cavité utérine et ne ramène aucun résidu placentaire ou membraneux.

Forcé d'admettre une infection vaginale, avec des restrictions, on fait des injections vaginales antiseptiques.

Le 22 au soir température 389, mème état.

Le 23 rien de changé, température du matin 39°, température du soir 387, la diarrhée apparaît,

Le 24 même état local, la malade souffre moins, la diarrhée est très abondante, fétide, le ventre est légèrement ballonné, les traits sont un peu tirés, la malade vomit tout ce qu’elle prend.

Le 25 température du matin 37°%, au soir 375.

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L'état général semble plus mauvais, le pouls bat toujours à 120, les traits sont très tirés, la langue est sèche, la diarrhée s'arrête.

En somme à part le facies et le pouls on peut songer à une évolution normale vers le mieux, mais le 26 au matin, hypothermie.

La malade est très affaiblie, le pouls très rapide, le facies franchement péritonéal, le ventre ballonné et doulourcux partout.

La langue est très sèche et couverte de fuliginosités, les extrémités sont froides, les vomissements porracés et la malade meurt la nuit suivante sans avoir perdu conscience de ce qui se passait autour * d'elle.

Autopsie. — Due à l'obligeance de mon ami M. Anal,

interne à l'Hôpital civil de Versailles.

A l’ouverture du ventre, un flot de pus s'écoule, jaune, d’odeur nauséabonde, le grand épiploon s’étend partout, ecchymotique adhérant à la paroi antérieure, à l’intestin, à l’utérus.

Après l'avoir détaché de ses adhérences, et après avoir évacué le pus, dans lequel baignent tous les organes de l’abdomen et du petit bassin, on arrive, par une incision latérale de la paroi pour avoir du jour, sur un paquet d'adhérences occupant toute. la fosse iliaque droite. Déchirées peu à peu et prudem-

ment on voit s’écouler du pus en grande abondance.

Se

On pense alors à une appendicite, mais l’appendice détaché peu à peu de la masse adhérente, se montre à peine congestionné. Il était atliré, enveloppé dans les adhérences voisines ; au milieu de celles-ci, grosse comme un boudin, la trompe remonte jusque sous le cæcum sur le muscle psoasiliaque.

A sa partie moyenne, un caillot sanguin obture une déchirure grande comme une pièce de cinquante centimes d’où s'échappe encore du pus.

La péritonite est due à la rupture d’un pyosalpinx pendant l’accouchement.

L'ostium uterinum était fermé, l’abcès était clos par conséquent du côté de l’utérus.

L’ostium abdominale était fermé, la rupture était entre les deux orifices, la trompe gauche était malade mais à un moindre degré.

L'enfant, vénu au monde bien portant, n’a présenté rien d'anormal par la suite, il est actuellement

en bonne santé.

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