PRONOSTIC ET TRAITEMENT POUR LA MÈRE
Le pronostic est le plus grave. Dans les quatre cas que nous observons, la mort à suivi la rupture du pyosalpinx dans les premier, Geuxième, troisième et quatrième jours après l'accouchement.
Ce pronostic est rendu si grave d’abord parce que le diagnostic n'étant presque jamais fait, on attend toujours une sédation des accidents aigus. Ensuite et surtout, parce que cette péritonite généralisée d’emblée, survenant chez une femme à terme, au moment de l’accouchement, et coïncidant avec l’époque la plus critique de la puerpéralité, place la femme dans les pires conditions.
On nous permettra d’être réservé pour l'indication du traitement. Dans les faits que nous rapportons, comme on ne savait rien sur le passé génital de la femme, qu’on n’avait pas de détails sur l’éxistence d’une inflammation pelvienne au cours de la grossesse, el que, tout de suite, les femmes se trouvè-
rent dans un état très grave, on ne fit pas de traitement autre que le traitement symptomatique.
Mais, il semble logique d'admettre que, l’accouchement étant fait, sion ayait des raisons valables pour songer à une rupture de pyosalpinx, le traitement chirurgical serait le seul indiqué.
On ferait la laparotomie avec les trois incisions recommandées par Peyrot et Guinard (Peyrot. Soc. Chir., 5 mai 1897), c’est-à-dire : :
Une incision médiane ;
Deux incisions latérales, suivant les lignes de ligature des iliaques externes.
Après avoir étanché le pus, déversé dans la cavité péritonéale, on en ferait le drainage :
Pour cela, on disposerait deux tubes en caoutchouc, de la grosseur du pouce, dans chacune des plaies et on les fixerait à la paroi.
Une fois les drains bien en place, on ne rétrécirait que légèrement les incisions, et on achéverait l’occlusion en bourrant les plaies, entre les drains, avec de la gaze iodoformée.
Enfin le traitement serait complété par des injections sous-cutanées de sérum artificiel, soit le sérum de Hayem à doses massives, soit de préférence le sérum de Chéron « Chez des opérés même très déprimés, il suffit, en effet, de quatre ou cinq injections de dix à trente grammes chaque, par vingt-quatre heures, pour obtenir des résultats évidents. »
(P. Segond. Soc. de chir., 18 décembre 1895.)