‹ Rupture sous-péritonéale du duodénumChapitre 16 sur 19 · OBSERVATION PERSONNELLE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PERSONNELLE

Le 14 novembre 1930, M. C..., âgé de vingt-trois ans, fut pris entre une remorque et un camion. La partie inférieure du thorax et le creux épigastrique supportèrent le traumatisme. Le blessé fut transporté chez lui, une demi-heure après l’accident, qui avait eu lieu à six heures. Un médecin appelé vers neuf heures ordonna son transport à l’hôpital, où nous le vimes cinq heures après l'accident. A ce moment, le blessé était en excellent état :. pouls bon, bien frappé à 75, facies nettement coloré, aucun vomissement, température normale. Au niveau de la partie inférieure du thorax, on relève quelques lésions cutanées légères ; aucune fracture de côtes : l'examen du poumon est négatif, l'abdomen est peu sensible ; on ne peut encore parler de défense et encore moins de contracture ; rien à la percussion.

Trois heures après ce premier examen, suivi d’injections de sérum et d'huile camphrée, l’état du blessé est vérifié à nouveau. Dans l'ensemble, peu de changement. L'état général est aussi bon. Très légère augmentation du pouls à 80 ; cependant la région de l’hypocondre droit résiste à la palpation ; la défense est nette,

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On décide une intervention qui a lieu neuf heures après l'accident.

Intervention (D'8 Renon et Laffitte). — Anesthésie à l’éther. Laparotomie médiane. Présence de liquide acajou semblant composé de sang et de bile. Le foie et les voies biliaires ne présentent aucune lésion. La première partie du duodénum est un peu violacée, mais la palpation montre l'intégrité de l’épaisseur habituelle du tube digestif ; en revanche, la moitié inférieure de la région pancréatico-duodénale est occupée par une sorte d’œdème mou, qui soulève le côlon transverse. De plus, la troisième portion du duodénum présente en son centre une coloration vert cendre tout à fait caractéristique. Cette tache, irrégulière, s'étend sur une longueur de trois à quatre centimètres et sur une largeur égale à celle de l'intestin. Elle est située au devant de la colonne osseuse. Le péritoine, ainsi exploré par sa face profonde, semble intact. On effondre cette séreuse au centre de la tache, on traverse une couche cellulo-ædémateuse de un à deux millimètres d'épaisseur, et l’on tombe sur un éclatement intéressant les tuniques musculaires et séreuses dans leur totalité. Leur destruction crée un orifice admettant l’extrémité de l'index. Cette perforation est suturée en trois plans, musculomuqueux, musculaire, péritonéal, suivant un axe perpendiculaire au tube digestif. Le péritoine sain a été recherché en dehors de celui qui correspondait à la zone écrasée, et cette dernière suture a pu être faite sans tiraillements. Une petite mèche caoutchoutée est laissée en contact de la région pancréaticoduodénale, et on ferme la paroi aux bronzes en un plan.

Le lendemain l’état général est excellent, la température est à 38, le pouls à 90 : pas de vomissement, ventre absolument

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