‹ Rupture Spontanée de l'AorteChapitre 10 sur 43 · LD · texte numérisé non relu

LD

LR poussée sanguine et se laissant perforer. Aussi, non seulement l'aspect sera variable dans les divers cas, mais il dffèrera suivant que l’on examine la pièce anatomique par sa face extérieure ou par la cavité de l'aorte.

Vue par la face interne, la rupture apparaît le plus souvent sous la forme d’une déchirure généralement lnéare, plus ou moins longue, à bords lisses ou déchiquetés, Lantôt à pic, tantôt taillés en biseau, tantôt en clapet. Mais il y a bien d’autres aspects : aspect bifurqué, aspect étoilé, forme en L, en T,en V,en Y. Parfois l’orifice de ruplure ressemble à la perforation produite par un trocart, à Femporte-pièce ou par un coup de ciseau : ou bien, loin d’être nettement délimité, 1l présente un trajet fistuleux et même plusieurs petits pertuis minuscules à peine visibles à lPœil nu. Le dessin que nous publions montre bien que, dans le cas de MM. Bousquet et Roger, l’orifice, qui à première vue apparait linéaire, est au contraire déchiqueté et anfractueux.

Dimensions. — Dans les cas de perforation arrondie, la perte de substance peut atteindre les dimensions d'une pièce de »9 centimes (Letulle). Dans certains cas, elle est minuscule et imperceptlible : Duffey, Boucher, en citent où la déch'rure permettait tout juste l'introduction d'un stylet. Le pertuis peut être encore plus infime, admettant une sole de sanglier, une tête d’épingle (Loppe, Obs. XIV).

Les déchirures linéaires ou à bords plus ou moins découpés vont de quelques millimètres à quelques centimètres : « déchirure à bords écartés, mesurant 6 centim. de hauteur sur 3 centim. de large, comblé par un caillot ayant une épaisseur de Ï centim. » (Pilliet, Obs. XXIT). Elles peuvent embrasser les deux tiers et même les trois quarts de la circonférence de l'aorte. Dans un cas de Roki-

lansky, dans un cas de Goupil, seule une étroite bande de paroi artérielle était intacte.

Dans le cas de MM. Bousquet et Roger, la-rupture est toute petite, mesurant à peine 3 à 4 millim.

Direction. — La fente linéaire que l’on constate est généralement verticale, suivant l'axe même du conduit, mais il est des cas où elle est transversale (Bergé). Bobo, qui limite, il est vrai, son étude aux ruptures intrapéricardiques, écrit par contre: « Les ruptures transversales sont fréquentes. Après viennent les ruptures verticales. Les cas où elles sont en Y, circonflexe, curviligne, en biseau sont les plus rares. »

Infiltralion sanguine intrapariétale. Anévrisme disséquant. — Il arrive fréquemment que l'orifice interne, . celui qu'on aperçoit après ouverture de l'aorte, ne corresponde pas à l’orifice externe, celui qu'on aperçoit à sa surface. Cela provient de ce que membrane interne et membrane externe ne se sont pas rupturées en même temps. Ne

La rupture se produit en un seul lemps dans certaines artères très sclérosées où toutes les {uniques sont plus ou moins confondues, adhérentes les unes aux autres et empêchant tout clivage ([Martin-Sisteron) ; alors orifice interne et orilice externe sont tout à fait parallèles.

Souvent il se produit d'abord une rupture de la tunique interne et de la tunique moyenne, le sang s’infiltre sous la tunique externe ; et celle-ci finit par céder à son tour: ce sont les ruptures en deux temps. Rupture interne et rupture externe ne coïncident pas : la fente interne peut être transversale et l’externe verticale. Il peut exister entre les deux un trajet assez long: à chaque ondée sanguine, du sang s’introduit dans le plan de clivage entre les tuniques : l'hématome augmente et peut disséquer au

SOS loin les (uniques : d'où le nom d'anévrisme disséquant qu'on lui donne.

Cet anévrisme disséquant est en général parüel, ne s'étend en hauteur et en largeur que sur quelques centimètres. Mais il peut s'étendre de l’origine jusqu’à la portion terminale de l'aorte (Lejonne, Milanoff, R. Marie). « Le décollement intrapariétal descend jusqu'à l'origine de l'aorte et il remonte sur toute l'étendue de la crosse aortique pour se continuer sur toute l'aorte descendante... Ce décollement comprend presque toute .la circonférence du tronc artériel pour la portion ascendante. Il est himité aux deux liers postéro-externes pour la portion descendante » (Maindron). Toute l'aorte est doublée d’un second conduit circulaire dans le cas encore plus curieux de Letulle (Obs. VIT) où la rupture ne fut pas complète et où l’anévrisme guérit.

Voici la description que donne Boinet de ces infiltrations sanguines interstlitielles :

« Le sang continue à décoller les feuillets de la couche élistique et se crée un canal distinct : l’aorte dédoublée est alors représentée par deux conduits parallèles comparables à deux canons de fusil; une seconde aorte parait donc adossée à la première. Une série de petites perforations peut les faire communiquer. La cavité de l’anévrisme disséquant est parfois traversée par des trabécules fibreuses et même par des portions d’artères intercostales ou médiastines. Le décollement de la tunique moyenne peut être complet; ce tube interne représenté par le canal primitif de l'aorte est alors emboîté par un second tube, formé par la tunique externe doublée des couches périphériques de la tunique moyenne. L'aorte semble être formée de deux cylindres enfoncés l’un dans l’autre ; ils ont été comparés aux canons d’un fusil de chasse. Souvent cette

Len NS

dissection circonférentielle est incomplète ; elle est oblique, spiroïde, irrégulière, imparfaite : l'aorte est alors divisée par un septum placé à peu près vers son milieu. Ce décollement s'étend aussi sur une grande longueur : il peut occuper la crosse,qui prend la forme d'un sablier, et se prolonger sur tout le trajet de l'aorte jusqu'aux iliaques et même jusqu'à l'artère poplitée, ou bien encore atteindre la carotide {Goupil), le tronc brachio-céphalique (Guthrie et Cruveilhier). »

Page 1