‹ Rupture Spontanée de l'AorteChapitre 14 sur 43 · II. — Etat de l’aorte · texte numérisé non relu

II. — Etat de l’aorte

L'aorte frappée de rupture est généralement une aorle malade,

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Nous avons déjà signalé, à propos de la définition de notre sujet, pour les éliminer, certaines lésions d’aortite maligne ulcéreuse aiguë accompagnant généralement une endocartite infectieuse (Olliver, Bergé). Parfois l’aorte peut présenter des lésions d'aortile aiguë ou subaiquë : « présence de tissu conjonctif embryonnaire dans l’épaisseur de la tunique moyenne dont les éléments élastiques sont écartés, dissociés ou même coupés perpendiculairement par des dépôts inflammatoires, tandis que la tunique interne est elle-même rendue friable par les amas de cellules plates qui la boursoufflent » (Bergé). Ces lésions sont exceptionnelles.

Signalons encore pour mémoire certaines altérations rarissimes que l’on peut trouver dans des cas de rupture de l'aorte, telles que l'infiltration de la paroi par un noyau cancéreux (Destouches) : tel le cas de Kamen, où chez un homme de 24 ans la paroi était infiltrée de matière tuberculeuse et s'était rupturée par suite du contact avec un ganglion caséeux. Nous ne faisons que mentionner ces altérations et ces faits : ils rentrent dans le second groupe de ruptures de l’aorte, les perforations de cause extrinsèque, que nous avons indiqué dans notre premier chapitre : ces ulcérations secondaires sortent du cadre de notre sujet.

L'aorte présente des altérations, mais ces altérations peuvent être variables : 1° ce sont le plus souvent des lésions très nettes d'athérome ; 2° l'aorte est à la fois athéromaleuse et dilatée ; 3° dans quelques cas, ce sont des lésions d’artérite syphilitique ; 4 dans quelques autres, Paorte est dilatée et présente un état papyracé particulier ; 5° l'aorte peut être en apparence saine et présenter des lésions microscopiques.

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1° Aorle athéromateuse. — L'athérome est la lésion de l’aorte de beaucoup la plus fréquente dans les cas de rupture de ce vaisseau : aussi ne nous serait-il pas difficile d’en fournir de très nombreux exemples. Nous nous contenterons de rappeler que l'aorte est athéromateuse dans la plupart des observations déjà citées, Muselier (Obs. ITT), Gouraud et Muret (Obs. V), Turner (Obs.VI), dans la plupart de celles qui vont suivre, Nitot (Obs. XVT), et dans un grand nombre d’autres dont nous ne pouvons citer que quelques-unes, Maindron, Lignerolles, Festal, Saguet, Chauvel, etc. Dans les cas de Collombet (Obs. IV), l'aorte abdominale, siège de la rupture, était couverte de plaques calcaires, dont une, cylindrique, mesurait 3 centim. de hauteur ; et l’origine de l'artère mésentérique était transformée en un véritable tuyau de pipe.

Comme lésions athéromateuses, on décrit, généralement localisées à la crosse aortique, des plaques jJaunàtres ou jaune-blanchâtre, demi-transparentes, en tache de bougie, faisant légèrement saillie sous l'endartère, quelques-unes boursoufflées, rudes et rigides ; ou bien des ulcérations à bords irréguliers, serpigineux, raboteux, en nombre si considérable parfois qu'ellés peuvent donner un aspect vermoulu au vaisseau ; d’autres sont, au contraire, scléreuses, cartilagineuses ou calcaires.

Voici un exemple typique d’athérome.

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