OBSERVATION IX
(Lion. — Sociélé Analomique, 1887.)
Rupture rapide et progressive de l'origine de l'aorte. Epanchement péricardique. — Anévrisme disséquant.
Femme, 66 ans, ayant eu trois ans auparavant des crises de suffocation d’origine cardiaque. Entre à 8 heures du soir. Agilation vive. Intelligence conservée. Mort à 1 heure du matin,
Auropste. — 400 gr. de caillots dans le péricarde. Cœur graisseux.
L’aorte à sa partie antérieure, un peu au-dessus de son point d'origine, présente une déchirure qui intéresse ses trois tuniques. Aorte dilatée : 8 cent. de diamètre dans sa portion ascendante.
A 1 cent. au-dessus des valvules sigmoïdes, en un point correspondant à la face antérieure, existe une fente qui du côté interne a la forme d'un feston. La rupture ne s’est faite franchement que sur les tuniques interne et moyenne. Feuillet externe rompu irrégulièrement. Le sang a fusé' à travers la plaie, s'est infiltré dans le tissu cellulaire sous-séreux, a completement disséqué le feuillet péricardique au niveau de l'aorte et de l'artère pulmonaire.
Au point où siège la déchirure et immédiatement autour d'elle, l’endarlère a une teinte jaunâtre, mais elle est lisse et ne présente pas de trace d’athérome. Un peu plus haut existe une plaque d'athérome de 1 cent. de diamètre.
Mais dans presque tous ces cas on constate, au niveau de la rupture, des lésions très accentuées d’artérite chronique, une dégénérescence qgraisseuse des cellules fines de la couche sous-endothéliale de l’endartère (Letulle), qui, s’ajoutant à l’atrophie élastique de la membrane movenne, détermine une friabilité particulière de la
paroi vasculaire.
2° Aorle dilatée et athéromateuse. — La dilatation de l'aorte est une conséquence fréquente et importante de l'inflammation de ce vaisseau. L’aortite chronique ayant altéré et atrophié la tunique moyenne, l'ayant privée d'une partie de ses fibres élastiques, celle-ci se laisse distendre. On peut avoir tous les intermédiaires entre une aorte simplement dilatée et un anévrisme. L’aorte simplement dilatée rentre seule dans le cadre de notre sujet. Parsemée le plus souvent de plaques d’athérome, elle est épaissie par endroits, amincie et fissurée par d’autres.
Aussi est-elle plus que toute autre sujette à la rupture.
En voici quelques exemples qui sont presque tous à la fois des exemples de dilatation de l'aorte et de lésions athéromateuses.