‹ Rupture Spontanée de l'AorteChapitre 3 sur 43 · MOT · texte numérisé non relu

MOT

ment constatée dans les hôpitaux, et on a peu souvent l'occasion de posséder pareilles pièces anatomiques. Mais cela ne tient-il pas en partie à ce que la rupture de l'aorte est une cause de mort subite ou très rapide ? De tels malades n’ont pas toujours letemps d’être amenés dans les hôpitaux. Ainsi un assez grand nombre de cas passent inaperçus.

En tout cas, il est fort compréhensible, étant donné l'épaisseur de la paroi aortique, que ces ruptures soient bien moins fréquentes que celles. des artères de petit calibre de certains organes, comme par exemple des artères cérébrales. Il est un fait à noter et qui ne s'explique pas par la différence de calibre vasculaire : c’est la rareté des ruptures de l'artère pulmonaire en comparaison avec celle de l'aorte. L'explication se trouve dans le peu de fréquence des artérites pulmonaires et dans la fréquence de l'athérome de l'aorte, cause principale de rupture.

Si l’affection que nous étudions est relativement rare chez l'homme, elle est tout à fait exceptionnelle chez Les animaux, à cause de la rareté de la sclérose aortique.

Aussi avons-nous cru devoir citer les deux observations suivantes constatées toutes deux chez le cheval.

Trousseau et Leblanc. — Recherches anatomiques sur les maladies des vaisseaux faites au clos d'équarrissage de Montfaucon, en 1827 (Archives générales de médecine, 1828).

Nous avons été témoins d’une rupture de l'aorte avant sa bifurcation en iliaques primitives. Le cheval devait être tué. Pour l'abattage on réunit à l’aide de lacs les quatre pieds de l’animal ; puis on le renverse en le poussant subitement sur un lit de paille en même temps que des aides tirent fortement les lacs. La surprise, la

frayeur et l'effort violent que fait le cheval pour résister à la chute, impriment au sang un mouvement tel que la rupture de l'aorte puisse s’ensuivre. L'équarrisseur qui le sacrifiait lui plongea son couteau dans le poitrail, de manière à couper en même temps l’origine des troncs artériels el veineux des parties antérieures. Le cheval resta un instant presque immobile, puis se cabra avec violence, tomba, agité de mouvements convulsifs très énergiques, et expira dans l’espace d'une minute.

L'aorte abdominale nous offrit une rupture qui n'intéressait que les deux tuniques internes, mais à des degrés différents. :

La tunique interne était déchirée dans le sens du diamètre transversal de l'artère, et dans l'étendue d’un pouce environ; elle était en outre entièrement séparée de la musculeuse qui était rompue suivant un sens diamétralement opposé, et dans l'étendue de 6 à 8 lignes seulement. La tunique celluleuse restée intacte était seulement infiltrée d’un peu de sang, qui s'était accumulé probablement pendant le court espace de temps qui avait séparé l'instant de la blessure de celui de la mort.

Cette rupture tient-elle aux mouvements violents d’extension que fit l'animal au moment où il tomba, ou bien à l'impulsion subitement accrue du sang artériel? Nous laissons à d’autres le soin d’en trouver l'explication.

(Petit. — Bullelin Sociélé analom., juin 1905, p. 508.)

Rupture de l'aorte. — Anévrisme disséquant et mort subite chez le cheval.

« L’autopsie montra un péricarde distendu par un énormé caillot fibrino-cruorique moulé sur la surface du cœur... Le {issu aortique estentouré d'un manchon sanguinolent, sorte d'hématome qui se prolonge davantage sur l'aorte antérieure que sur la postérieure, mais qui nulle part n’atteint une bien grande épaisseur. Il s’agit d’un anévrisme disséquant, c'est-à-dire d'une infiltration sanguine limitée et maintenue par l’adventice de l'aorte, mais le sang s’est promptenent répandu dans le péricarde et l’a rempli, ce qui a provoqué la mort subite par syncope cardiaque.

» L'incision de l'aorte après ouverture du cœur montre qu'elle est, dès son origine, le siège d'une déchirure linéaire transversale,

A QT

longue de 3 centimètres environ, située sous la pointe d'un des éperons d'union des valvules sigmoïdes.

» L'artère semble saine... L'étude microscopique des coupes révèle des lésions prononcées de sclérose intéressant les tuniques interne et moyenne. D’abondantes traînées de tissu fibreux de nouvelle formation s’observent entre les lames élastiques enserrant el atrophiant à la fois les fibres musculaires. »

Petit signale cette autopsie comme tout à fait exceptionnelle, la dégénérescence graisseuse s’observant rarement chez les animaux, et les lésions inflammatoires subissant une calcification hâtive.

DiIvisiON ET PLAN.— Nous mettons en tête l'observation inédite que nous ont communiquée MM. Bousquet et Roger. |

Après un cour historique de la question (Chap. II), nous ferons d’abord l'étude anatomo-pathologique des ruptures de laorte (Chap. IV) : ce chapitre comprendra l'étude de la rupture des lésions concomitantes de l'aorte et des viscères où se sera fait l’épanchement sanguin.

Des lésions constatées découle l’éliologie et le mécanisme de la rupture (Chap. V). Nous ferons une courte élude clinique des symptômes de la marche, de la durée * de ces ruptures (Chap. VI) et terminerons par quelques considérations médico-légales (Chap. VID.

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