II. — Marche et formes cliniques
La marche sera différente suivant que la rupture se fera en un ou deux temps. Dans le premier cas, nous pourrons avoir la forme foudroyante où rapide ; dans le second cas,
une forme plus lente qui durera quelques heures, tout un jour où même plusieurs jours.
Forme foudroyante. — Le drame se joue en quelques secondes; le malade pousse un eri, tombe, fait quelques respirations incomplètes, ébauche quelques mouvements convulsifs et meurt en quelques minutes où même en quelques secondes. Ces formes se rencontrent dans Îles ruptures larges de l'aorte: environ dans un tiers des cas. (Achard et Paisseau).
Forme rapide. — Les mêmes phénomènes de début: cri, pâleur subite, perte de connaissance, se retrouvent ; le malade est considéré comme mort. Peu à peu, il reprend connaissance, mais la douleur persiste plus ou moins violente ; parfois c'est une gêne précordiale, une sensation d’étouflement. Le malade est dans un état de grande faiblesse : pouls arythmique, faible, dépressible ; bruits du cœur assourdis et lointains; dyspnée progressive ; eyanose et marbrure des extrémités : refroidissement général. Le pouls faiblit de plus en plus et au bout d’un quart d'heure ou parfois quelques heures, la mort survient. C'est la forme rapide et progressive, plus fréquente que la forme foudroyante. Elle est sans doute liée à une étroitesse de la rupture qui ne permel pas une hémorragie
brutale.
Forme lente. — Elle évolue très nettement en deux lemps : dans le premier temps, apparaît le même tableau syncopal, mais au lieu de persister toujours aussi inquiétants, il semble que les symptômes du début régressent complètement. Tout danger immédiat semble être écarté, comme après une crise d'angine de poitrine,
Cette rémission peut se prolonger trois jours (Nitot, Obs. XVI), et même jusqu’à 14 (Broca), 17 jours (Peacok), puis survient une recrudescence des phénomènes morbides que la mort termine. Ces déux temps cliniques correspondent ‘très nettement aux deux temps anatomiques de la rupture : premier temps, déchirure de la tunique
interne et moyenne — rémission correspondant à la formation de l’anévrisme disséquant; — deuxième temps,
rupture de la tunique externe.
Tel est le tableau clinique effrayant de cette affection presque toujours mortelle. Toutefois la rupture peut se limiter au premier temps, rester toujours partielle, mais ces cas-là sont rarissimes : nous avons relaté tout au long
le cas de Letulle (Obs, VIT).