CONCLUSIONS
On désigne sous le nom de ruptures spontanées de l’aorte celles qui surviennent dans une aorte atteinte d'artérite chronique (généralement athéromateuse), qui ne se produisent pas au niveau d’un anévrisme et qui n'ont pas le traumatisme pour cause unique et principale.
1° Au point de vue anatomique, ce qui les caractérise, c'est leur siège habituel au niveau de l'aorte ascendante avec épanchement intrapéricardique (plus rarement sur l'aorte descendante avec épanchement pleural) : leur forme assez souvent rectiligne, parfois cireulaire ; la formation possible d’anévrisme disséquant: la possibilité des ruptures incomplètes (Letulle).
Elles se rencontrent sur des aortes athéromateuses, dilatées ou non, parfois sur quelques aortes syphilitiques (Bousquet et Roger) ou présentant une diminution de calibre et un aminecissement particulier des parois (état papyracé : Brouardel et Vibert). Lorsqu'il n’y a pas de lésions visibles à l'œil nu, on constate presque toujours au microscope des altéralions histologiques, particulièrement de la dégénérescence graisseuse.
Chez les sujets morts de rupture de l'aorte, souvent le
cœur est hypertrophié, parfois graisseux, et le rein atteint de néphrite chronique atrophique.
2 Au point de vue de l'éliologie el du mécanisme de la rupture, les lésions de l'aorte (en particulier lathérome) sont le principal facteur des ruptures et suffisent dans certains cas à les produire. Mais il y a souvent des causes occasionnelles : traumatisme, effort de toutes sortes qui commandent le moment de cette rupture. Les agents d’artériosclérose (syphilis, sénilité, ele.) y prédisposent: les ruptures peuvent exceptionnellement avoir lieu chez des individus jeunes atteints d’aplasie de l’aorte ou de sclérose précoce.
L'Aypertension artérielle {néphrite chronique, gros cœur) est un des autres facteurs importants ; c’est par son augmentation brusque, sous l'influence de Feffort et du traumatisme, que la rupture a leu dans une aorte déjà malade.
Cette rupture se fait en un temps ou en deux temps, suivant que toutes les tuniques sont déchirées d’un seul coup, ou que après déchirure des deux premières et formation d'un anévrisme disséquant, la tunique externe résiste encore quelques heures.
La mort survient par le {triple mécanisme de l'hémorragie, de la syncope par inhibition et de la compression du cœur {dans le cas d'épanchement péricardique).
3° Au point de vue clinique, les ruptures de l'aorte se traduisent par un tableau des plus dramatiques : le malade pousse un cri, se plaint d'une douleur intense à la région précordiale, pâlit, tombe en syncope. La mort survient foudroyante, ou bien le malade se remet pour quelques instants, parfois pour quelques heures ou quelques jours (rupture en deux temps). Le diagnostic ne se fait guère que sur la table d'autopsie.