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HISTORIQUE

Les ruptures de l’aorte ne paraissent pas avoir été connues des anciens auteurs. Vésale (1557), à qui nous devons la première autopsie d’anévrisme aortique diagnostiqué pendant la vie, soupçonne les ruptures de l'aorte non anévrismatique et indique leur éventualité sans apporter aucun fait clinique.

Riolan (1658) considère comme excessivement rare cet accident, étant donné la résistance et l’épaisseur des parois aortiques.

Les premières observations sont dues à Laneisi, Morgagni, Manec, d'Almeida. Morgagni, dans ses lettres à Valsalva (93° lettre), relate un cas de rupture de l'aorte, rupture traumatique, il est vrai, survenue après une chute du sommet d’une échelle : la mort survint après plusieurs syncopes, deux heures environ après l'accident. A l’autopsie, Morgagni constate un abondant épanchement de sang dans le péricarde et une rupture aortique.

Scarpa prévoit, sans vérifier son hypothèse, la possibilité de ruptures de l'aorte, et sa localisation au niveau

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de la crosse, à cause de l’athérome dont elle estsi souvent atteinte et du travail plus considérable qu’elle fournit.

Puis viennentles observations de Trousseau et Leblanc, Rose, de Angelis.

C'est en 1850 seulement que Broca fait à la Société anatomique un bon exposé d'ensemble des faits Jusqu'alors connus : c'est à l’occasion d’une observation de Destouches (cancer de l'aorte et du péricarde) qu'il se livre à quelques considérations sur les ruptures spontanées. « En dehors des cas d’anévrisme, les ruptures spontanées de l’aorte comptent au nombre des accidents les plus rares. C’est à cause de cela, sans doute, que les auteurs gardent sur cette rupture un silence presque absolu et que ceux qui en parlent lui consacrent à peine quelques lignes insignifiantes. » Il conclut en ces termes: «En un mot, au point de vue de l'anatomie, de la physiologie et de la pathologie, l'histoire des ruptures de l'aorte est entièrement à faire. »

Après cette communication les observations affluent : les journaux anglais en publient quelques observations du plus haut intérêt signées des noms de Stoke, Ogle, Peacok, Turner, Kelly, Michell, Spaks, Browning, John Howkes. À la Société anatomique et dans les journaux français, paraissent les observations de Gibert, Chauvel, Beaugrand et Kelsch, Hanot,-Nitot, Martin, Boucher, Demange, cependant que François Frank étudie, dans le laboratoire du professeur Marey, le mécanisme de ces ruptures et publie les résultats de ses expériences dans la thèse de Lagrollet (Paris 1876).

Il nous serait actuellement difficile de citer toutes les observations qui ont été publiées depuis : quelques-unes des plus caractéristiques seront résumées ou transerites au cours de ce travail. Signalons toutefois quelques-unes

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des plus récentes : Mollière, Sullivan, Brodeur, Muselier, Barié, Loppe, Newmann, Davis, Adams, Lion, Pépin, Brouardel et Vibert, Jacquet, Mosny, Caussade, Civel et Lenoble, Gallavardin, Thoinot et Bernard, Lejonne et Milanof, Saguet, Nissim, Festal, Barth, de Massary, Thiercelin, Camus et Labonnette, Gouraud et Muret, Gougerot, Ingelrans et Bouret, R. Marie, Lorrain et Cesbron, Halbron, Enriquez et Bauer, Achard et Paisseau, Babès, Collombet, les cas plus récents de Letulle (1905), Russ et Pétresco (1905), Oppenheimer (1905), Hansteen (juin 1907), Gouget ef Rembert (Soc. anat., [* mars 1907), Lœper, Esmein et Bruel (Soc. anat., 13 déc. 1907), et l'observation inédite que MM. Bousquet et Roger ont bien voulu nous communiquer.

Parmi les travaux d'ensemble ou les mémoires les plus importants qui ont paru sur la question, nous citerons : la communication de Pilliet à la Société anatomique (1889); le mémoire de Martin Dürr dans les Archives de médecine : (1891); les thèses de Gardette : Rupture spontanée de l'aorte dans le péricarde (Bordeaux 1891); de Bobo : De la rupture spontanée de l'aorte et de ses anévrismes dans Île péricarde : étude clinique, anatomo-pathologique et expémentale (Paris 1898); de Wilmart : Rupture spontanée non anévrismatique de l'aorte dans sa portion thoracoabdominale (Paris 1903-04); de Martin-Sisteron : Ruptures de l'aorte (Paris 1905) ; les articles d'Achard et Paisseau dans la Presse médicale (1905), de Tolot et Sarvonat dans la Revue de médecine (1904), de Bergé dans la Gazette des hôpitaux (1906) et de Letulle dans la Presse médicale (1907).

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