‹ Ruptures associées de la rate et du rein gaucheChapitre 30 sur 48 · CONDITIONS ET MOMENT D’APPARITION · texte numérisé non relu

CONDITIONS ET MOMENT D’APPARITION

Les symptômes d’hémorragie interne se présentent différemment, suivant la variété et l'importance de l’hémorragie :

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Dans un certain nombre de cas, Vhémorragie est d'emblée très grave, et les signes d’anémie aiguë s’intriquent avec les symptômes du shock immédiat ; dans quelques cas, comme nous l’avons déjà signalé, les phénomènes de shock emportent le blessé avant même que l’anémie n’ait eu le temps de se manifester. Mais, le plus souvent, le blessé résiste au premier shock, et les symptômes d’anémie aiguë se substituent insensiblement à ceux du shock initial. Dans ce cas, l’état reste grave, malgré une thérapeutique anti-shock, et l'intervention ne doit pas être retardée sous prétexte d’intensifier le traitement préopératoire. ;

C’est le cas de notre observation 1, où l’état, d’emblée très grave, commanda l’opération immédiate, 3/4 d'heure après l’arrivée du blessé au service.

Dans beaucoup d'autres cas, lhémorragie n’est pas immédiatement cataclysmique, et les symptômes d’anémie vont s'installer peu à peu : "

soit qu’il y ait eu un shock initial que le blessé a surmonté, la reprise des symptômes pouvant être plus ou moins brusque, réalisant le tableau clinique souvent décrit de l’hémorragie splénique en 2 temps ;

soit que les symptômes du shock aient été très discrets ou nuls, la reprise des symptômes se faisant très progressivement, réalisant le tableau clinique de l’hémorragie tardive, ou mieux, progressive.

Nous avons vu, au chapitre de l’anatomie pathologique, les interprétations qui ont été fournies pour donner une explication à ces variantes symptomatiques. Nous ne ferons que résumer brièvement les conclusions cliniques qu’elles imposent.

Comme le dit également LATHURAZ-VIOLLET, le tableau clinique de l’hémorragie en 2 temps se traduisant par une reprise brusque des symptômes après un intervalle libre, long parfois de plusieurs jours, ne se voit

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presque jamais dans les cas qui nous occupent. Ils supposent, en général, un petit traumatisme incapable de produire une rupture associée.

Mais il s’agit très souvent du tableau de l’hémorragie progressive ; nous en avons 2 exemples très nets dans deux de nos trois cas (obs. 2 et 3).

À ce propos, et sans entrer dans des détails pathogéniques qui dépasseraient le cadre de ce travail, nous pouvons très bien comprendre que, dans ces cas d’hémorragie lente, la tension artérielle puisse se maintenir longtemps, grâce à des phénomènes vaso-moteurs compensant la perte sanguine qui ne devient que lentement importante. è

Quoiqu'il en soit, nous pouvons conclure que si, dans la plupart des cas, les symptômes d’hémorragie interne sont précoces el s’intriquent avec ceux du shock immédiat, dans un grand nombre de cas, au contraire, ce n’est que très progressivement que s’intallent les signes d’anémie aigué.

b) À côté des symptômes d'hémorragie proprement dite, un autre symplôme général peut, dans certains cas,” être recherché utilement : c’est la température.

Dans les cas où les symptômes sont immédiatement graves, c’est une investigation inutile, et qu’on n’a, en général, pas le temps de faire, l'intervention devant être faite immédiatement. C’est ainsi que, dans notre observation 1, la température n’a pas été prise avant l’intervention. a

Dans les cas, au contraire, où le diagnostic est hésilant la température peut donner quelques indications. Au début, elle est souvent ün peu abaissée. Il s’agit là d’un symptôme commun au shock immédiat.

Après quelques heures, elle est en général sensible-: ment subfébrile ; c’est le cas de notre observation 3, où 3 la température se maintenait autour de 37°5.

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