LES SYMPTÔMES PHYSIQUES
Dès l'inspection du tronc, on peut parfois déceler une ecchymose ou une plaie indiquant le siège du traumatisme. Ce-signe dépend essentiellement de la nature de l'agent traumatisant et de l’étendue de sa surface contondante. Il ne faut pas compter le trouver lorsque la surface traumatisante est large. C’est ainsi que, dans aucun de nos 3 cas, il ne nous a été possible de déceler la moindre trace de traumatisme au niveau des téguments du thorax et de l’abdomen.
La palpation, au contraire, permet de mettre en évidence 2 symptômes importants :
La douleur provoquée. — Dans Ja presque totalité
des cas, l'abdomen est sensible à la pression dans toute
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son étendue. Parfois la douleur est plus nette au niveau du.flane gauche, mais même dans ce cas, on ne peut affirmer de lésion splénique. ,
TONDEUR, en particulier, souligne le fait qu’un simple hématome prérénal, tant qu’il se développe, peut déterminer exactement la même douleur:à la pression du flanc gauche, qu’une rupture splénique. :
De plus, le maximum de la douleur ne siège pas toujours exactement au niveau des lésions anatomiques maximales.
La contracture ou la défense musculaire. — C'est un signe d’une très grande valeur, le plus important pour certains. Mais il convient de dire tout de suite qu’il ne s’agit pas d’un signe d’hémorragie intra-abdominale, mais d’un symptôme de lésion d’un viscère intra-péritonéal.
- Néanmoins, en 1936, on a discuté, à la Société de Chirurgie, de ce symptôme au cours des hémorragies intra-péritonéale d’origine traumatique ou autres. Les uns niant l’existence de contracture, d’autres l’affirmant; tous se basant sur des observations bien prises, et sur des arguements d’égale valeur. La question ne peut être tranchée de manière définitive.
Quoiqu'il en-soit, la contracture, lorsqu'elle existe, peut être localisée dans le flanc gauche et, dans ce cas, orienter nettement le diagnostic vers une rupture splénique. Elle peut être généralisée à tout l’abdomen. A ce moment, le diagnostic est plus imprécis, mais commande de toutes façons une intervention d’urgence (HARTMANN).
Dans notre observation 1, on trouvait une légère contracture du flanc gauche. Dans notre observation 2, elle était diffusée à tout l’abdomen, mais plus marquée dans la région du flanc gauche. Dans l’observation 3, on ne put parvenir à la constater à cause du météorisme abdominal.
Il y a donc des degrés dans la contracture. Rappelons à ce sujet que certains auteurs établissent une différence entre la défense musculaire et la contracture. Il s’agit évidemment d’une intensité différente d’un même phénomène. Mais comme la démarcation entre les deux est extrêmement subtile, nous parlerons FORJOBES de contracture plus ou moins marquée.
Les causes d'erreurs dues à la contracture sont nombreuses, et peuvent se répartir en deux groupes :
Des erreurs bénignes, où la contracture fait poser le diagnostic d’une rupture splénique qui n’existe pas.
Des erreurs graves, où l’absence de contracture risque de faire méconnaître un rupture de Ja rate.
En effet 7
Il peut y avoir de la contracture sans rupture splénique. ë 1
. D'abord, une simple conlusion pariétale peut, dans les premières heures, donner de la contracture. QUENU et BÉRARD insistent sur ce point. |
Ensuite et surtout, un hématome périrénal, sans aucune hémorragie intra-abdominale peut, dans certains cas, donner des phénomènes de contracture: Une condition semble toutefois nécessaire, c’est que cet hématome augmente, et augmente rapidement.
Tondeur, qui a fait de nombreuses communications à ce sujet, parle même du « ventre de bois » des hématomes périrénaux, et affirme, en particulier, que dans les ruptures associées de la rate et du rein gauche, la conlracture abdominale qui serait la règle, tiendrait de l’hématome périrénal, bien plus que de l’hémorragie intrapéritonéale.
Notre observation 2 semble en plein accord avec cette manière de voir. C’est de nos 3. cas, celui où la contracture était la plus étendue et la plus marquée, et c’est en même temps celui où l’hématome périrénal était le