OBSERVATION X
(Vibert. — In Société anatomique, 1856).
Rupture spontanée de l'aorte. — Epanchement dans le péricarde.
Une femme âgée de 91 ans, ne présentait que des symptômes de grippe pour lesquels on prescrit 1 gramme d’ipéca eto gr. 10 de tartre stibié. À peine en a-t-elle bu la première gorgée qu’elle succombe instantanément.
Autopsie. — Péricarde distendu par un caillot de sang qui pesait 34 grammes, cœur légèrement hypertrophié du côté du ventricule gauche, les valvules et les deux orifices du même côté étaient légèrement indurés.
L'aorte est altérée dans toute son étendue ; son calibre est
Do
irrégulièrement renflé, ce qui lui donne un aspect noueux, sa face interne est rugueuse, dépolie et tapissée de plaques crétacées.
Au milieu de la crosse, l'aorte étalée présente un diamètre de 11 centimètres ; au delà, son calibre diminue, et vers le point où elle est croisée par la bronche gauche son diamètre est de 7 centimètres.
C'est donc au niveau de la crosse que l'augmentation de volume est la plus grande.
Sur le bord connexe de l'aorte, à 3 centimètres environ de son origine, on trouve une ouverture linéraire, longue de 2 centimètres, perpendiculaire à l'axe du vaisseau. Les lèvres de cette ouverture sont constituées par les tuniques interne et moyenne qui sont saines à ce niveau.
Par cet orifice on pénètre dans une cavité formée par le dédoublement de la tunique externe d’une part et des tuniques interne et moyenne de l’autre.
Cette cavité s'ouvre dans le péricarde par un orifice irré-
gulier.
OBSERVATION XI (Chauvel. — Jr Gazette médicale de Paris, 1866).
Rupture rapide et progressive de l'aorte thoracique, — Ané-
vrysme disséquant, — Rupture dans la plèvre gauche.
Homme 69 ans, soigné dans le courant de l’année pour
synovite des tendons des péroniers latéraux. Ni cardiaque, ni
alcoolique. Bonne santé.
Le APS
À son entrée le g octobre à 11 heures, anorexie, douleurs diffuses, grande faiblesse et toux depuis plusieurs jours, mais surtout pâleur extrême de la face, et anxiété très grande. Respiration et circulation normales.
À 2 heures, douleur vive entre les deux omoplates avec oppression et angoisse effrayantes. Respiration un peu emphysémateuse, pouls vif, petit, irrégulier; mais aucun bruit anormal au cœur. |
À 4 heures, le malade assis sur son lit s’affaisse et meurt.
Autopsie. — Après trente-six heures. Epanchement énorme dans la cavité pleurale gauche. Poumon fortement emphysémateux à sa base. Adhérence complète des plèvres droites. Tissu pulmonaire sain mais pâle et anémié.
Péricarde sain contenant 50 grammes de sérosité sanguino— lente, Cœur de volume normal.
Aorte saine jusqu'un peu au delà des branches céphaliques. La tunique externe est décollée et soulevée par un caillot mou, noir, récent, depuis la naissance des branches ascendantes jusqu à l'ouverture diaphragmatique (sur unelongueur de 2 em.). Aorte abdominale saine,
La face interne présente quelques plaques athéromateuses, très petites, un peu plus nombreuses au niveau de la rupture.
La rupture comprend les deux tuniques internes et occupe toute la demi-circonférence antérieure sur une longueur de 5 centimètres depuis la naissance de la sous-clavière droite et en dessous d’elle. À gauche, là où commence la déchirure, plaque athéromateuse indurée de sels calcaires.
Le décollement de la tunique externe se prolonge un peu audessus de la lésion des membranes internes. En haut et à
gauche on trouve l’ouverture de la tunique celluleuse par
laquelle le sang s’est échappé dans la cavité pleurale, c'est un trou ovalaire de un demi-centimètre sur 1 centimètre. À ce point la tunique cellulaire était amincie mais son tissu n’était
pas altéré.