OBSERVATION XVI
(Nitot. — In Société anatomique, 1877).
Rupture rapide et progressive de l'origine de l'aorte. —
Epanchement dans le péricarde.
Homme, 56 ans. Ancien syphilitique avec cicatrices nomhreuses, se plaint de fortes palpitations qui gènent sa respiration, pas.d'œdème des jambes, état calme quand le malade est au repos ; pouls radial identique, il est bondissant, dépressible et présente tous les caractères du pouls de Carrigan. <
Cœur volumineux. Souffle très net au deuxième bruit à la base avec maximum à l'orifice aortique. Insuffisance aortique.
Le malade sort de l'hôpital. Rentre cinq jours après, très essoufflé, anxieux, jambes enflées, souffle très fort. Le malade éprouve des douleurs mal définies. Après un calme de deux jours, ces phénomènes s’accentuent et il meurt dans un accès -de suffocation.
Autopsie. — Cœur vide, hypertrophié. Aorte un peu plus volumineuse que normalement. Insuffisance aortique. Quelques plaques très dures. Aucune ulcération. Valvules saines. À la partie antérieure, fente demi-circulaire de 1 em. 1/2 de long située à 5 centimètres au-dessus des valvules. Eraillure seulement sur les tuniques interne et moyenne, bords déchiquetés et taillés en biseau, de façon à représenter assez bien une sorte de valvule permettant facilement le passage du sang de dedans en dehors, mais par l'application de ces valvules l’une sur l’autre s’opposant plus ou moins complètement au retour du liquide
dans l’intérieur du vaisseau.
Aucune lésion apparente, pas de plaques. Aucune perte de substance. Cette ouverture fait communiquer l’intérieur de l'aorte avec une poche du volume d’un poing fermé, par décollement de la tunique celluleuse dans une grande étendue. Tout à fait à la partie inférieure au niveau de l'oreillette droite, la poche offre une large perforation du volume d’une pièce de 1 franc par où le sang a fait brusquement issue dans le
péricarde.