OBSERVATION XVII
(Lion. — J1n Société anatomique, 1887).
Rupture rapide et progressive de l'origine de l'aorte, =
Epanchement dans le péricarde. — Anévrysme disséquant.
L. C..., femme, 66 ans. Entre à l'hôpital à 8 heures du soir et meurt à 1 heure du matin. Elle n'a pas été examinée. Les seuls renseignements qu'on a pu recueillir sont les suivants :
Elle a été amenée sur un brancard. Elle était dans un état de faiblesse considérable, mais ‘elle pouvait remuer tous ses membres. Intelligence conservée, parole libre. À été dans un service trois ans auparavant pour des accès d’étouffements et certains phénomènes rapportés, paraît-il, à une affection cardiaque. Pendant les dernières heures qui ont précédé la mort, la malade a été en proie à une agitation assez vive et faisait des efforts pour sortir de son lit et prononçait des paroles incohérentes entremêlées de plaintes.
Autopsie. — Le péricarde offre une teinte violacée assez pro-
noncée, Cette cavité est remplie de caillots de sang noirâtre qui la distendent et entourent le cœur de tous côtés (400 grammes desang). L’artère pulmonaire dans sa portion intrapéricardique à une teinte noirâtre due à l’infiltration du sang dans le tissu cellulaire sous-séreux.
L’aorte présente à sa partie antérieure, un peu au-dessus de son point d'origine, une déchirure qui intéresse ses trois tuni- ‘ques et fait communiquer sa cavité avec l'extérieur. La portion ascendante du canal aortique largement ouvert est dilatée, sa circonférence mesure 8 centimètres, la dilatation porte sur les trois tuniques.
À 1 centimètre au-dessous des valvules sigmoïdes, en un point qui correspond à la face antérieure du vaisseau, existe une fente qui ainsi examinée du côté de l’endartère a la forme d’un feston ou d’un angle droit à sinus arrondi. Chacun des bords a 2 centimètres. La rupture ne s’est faite franchement que sur les deux tuniques interne et moyenne. Le feuillet externe s’est rompu moins régulièrement, les bords de la déchirure qu'il présente sont déchiquetés. Le sang a fusé à travers la plaie et s'est infiltré dans le tissu cellulaire sous-séreux et a complètement disséqué le feuillet péricardique au niveau de l’aorte et de l'artère pulmonaire. Sur l'aorte l'infiltration s’est prolongée en haut sous la tunique externe jusque dans la région thoracique.
Au point où siège la déchirure et immédiatement autour d'elle, l’endartère a une teinte jaunâtre, mais elle est lisse et ne présente pas trace d'athérome. Un peu plus haut, existe une plaque d’athérome de 1 centimètre de diamètre.
Les orifices et les valvules du cœur sont sains. Le muscle
cardiaque est jaune et d’aspect graisseux