‹ Ruptures spontanées des ArtèresChapitre 20 sur 26 · TOO · texte numérisé non relu

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je fus appelé de nuit par un collègue auprès d'une parturiente qui était morte subitement. Il s'agissait d’une primipare de 30 ans, qui était de bonne santé habituelle et attendait son accouchement dans deux semaines. Le cours de la grossesse avait été tout à fait normal. La femme dans l'après-midi rendit visite à une de ses amies, puis elle alla prendre son mari dans un restaurant où elle s'était trouvée très bien. Les époux prirent ensemble un repas simple, pendant lequel elle but deux petits verres de bière. Puis ils regagnèrent à pied leur maison, à trois quarts d'heure de distance, et causèrent encore ensemble. Elle eut une selle comme tous les soirs, avant de se coucher. En s'asseyant sur le bord de son lit, après avoir retiré ses bas, elle éprouva tout à coup, à une heure et demie de la nuit, une violente douleur dans la région du cœur avec une forte dyspnée. Le mari, qui croyait que c'était le commencement de l'accouchement, envoya chercher aussitôt une sagefemme, à l’arrivée de laquelle on manda le médecin le plus proche. Celui-ci, à son arrivée, ne put que fixer l'heure de la mortà 2 heures trois quarts. Commeon entendait distinctement les bruits du cœur fœtal, il m'envoya chercher à la hâte. Trois heures sonnaient quand j'ouvris la porte. Tout en pratiquant aussitôt que possible l’opération césarienne, 4 minutes s'écoulèrent au moins, y Compris le temps d'arriver à l'escalier et d'avoir l'autorisation du mari, avant que l'enfant fût dégagé et que le cordon fût lié.

On réussit, bien qu'après de longs efforts, à faire crier l’enfant profondément asphyxié.

19 minutes s’écoulèrent en tout entre la mort de la mère et la naissance de l'enfant.

L'autopsie de la morte, pratiquée par moi-même, confirma le diagnostic posé de rupture spontanée du cœur. On trouva une déchirure de 2 centimètres de l'aorte, dirigée vers le cœur. Le péricarde même était rempli de sang frais. Macroscopiquement il n'existe aucune altération qui apporte une explication de la rupture.

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(Communication manuscrite que nous devons à l’obligeance de M. le Professeur Scamort, de Dresde.) É

A un centimètre au-dessus des valvules aortiques se trou-

ait une déchirure de 2 centimètres de long, qui, commençant au-dessus de l'artère coronaire antérieure, se dirigeait obliquement à gauche, en arrière et en haut et intéressait la totalité des tuniques interne et moyenne de l'aorte. La tunique adventice était sur une grande étendue séparée de la tunique moyenne par un épanchement de sang et permettait de reconnaître une déchirure transversale d’un centimètre de long ; de cette déchirure, le sang s'était répandu dans le péricarde. .

A l'examen microscopique, on trouvait au niveau de la déchirure de nombreuses infiltrations dans la tunique moyenne et dans l’adventice, avec polynucléaires autour des vasa-vasorum ; dans le dédoublement de l’adventice se trouvaient des cocci que l’on rencontrait surtout à l'endroit où se trouvaient les infiltrations les plus étendues. Dans le voisinage de la déchirure et des infiltrats de polynucléaires, les fibres musculaires étaient difficilement colorables, de même que les fibres élastiques (coloration par la méthode de Weigert). L’adventice était très œdématiée. La rupture de l'aorte est donc le résultat d'une dégénérescence inflammatoire.

En outre, on sut que la femme avait eu uné angine 14 jours avant sa mort. Pour moi, nul doute que les altérations inflammatoires ne fussent sous la dépendance de l’angine et que les cocci trouvés dans les vaisseaux ne fussent parvenus par voie embolique des amygdales jusqu’à leur habitat.

Obs. XXIX. — Ruplure spontanée de l'artère fémorale (Wa1- THER, Soc. Chir., 1% juillet 1903). — II s’agit d’un homme de 65 ans, sans tare héréditaire ou acquise, non syphilitique, qui exerce la profession de tanneur.

Le 11 juin, après avoir circulé à pied une grande partie de la journée, il fut pris brusquement d'une douleur sourde à la

parte moyenne de la cuisse droite, douleur qui en quelques minutes devint très vive et consistait surtout en une sensation de brûlure au point initial du mal, avec pesanteur et engourdissement de tout le membre.

Il rentra péniblement chez lui, se coucha et tâtant le point douloureux, sentit une grosseur tendue et qui battait sous le doigt, du volume d’un macaron.

Les jours suivants, la douleur persistait plus ou moins forte, et la tumeur augmenta peu à peu en même temps que la jambe enflait.

Le malade se levait cependant un peu et circulait chez lui dans la journée. Le 16, pour aider sa femme, concierge, il entreprit de nettoyer un escalier de six étages, il frotta à la paille de fer et brossa tout l'escalier, se servant de la jambe malade. Après quoi, la douleur devint insupportable, la tumeur beaucoup plus grosse et la jambe très enflée. Il entra le lendemain, 17 juin, dans mon service, à l'hôpital de la Pitié.

Il présentait alors tous les signes d'un anévrysme diffus, siégeant à la partie moyenne de la cuisse, à égale distance de la pointe du triangle de Scarpa et du canal de Hunter. La tumeur avait la largeur de la paume de la main environ. La jambe, le pied étaient œdématiés, sans aucun trouble de la sensibilité ; et les battements de la tibiale postérieure et de la pédieuse, difficiles à trouver à cause de l’œdème, existaient nettement.

Le malade resta au repos avec une légère compression ouatée du membre à partir du pied.

Le 25 juin, j'opérai le malade. La tumeur avait notablement grossi et l'infiltration sanguine avait gagné la partie postérieure de la cuisse. Une longue incision sur la ligne de la fémorale me permit, après avoir récliné en dedans le couturier, d'arriver sur l'artère et sur la poche ; je l’ouvris, j'enlevai rapidement les caïllots qui emplissaient le foyer et mis le doigt dans l’orifice supérieur. L’artère fut isolée jusqu'à 5 ou 6 centimètres au-dessus de l’anévrysme, et liée, puis section-

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née à ce niveau.Je ne trouvai aucune trace de sac,d’anévrysme vrai préexistant, mais seulement une coque de tissu ceJlulaire tassé autour des caillots. En rabattant le bout supérieur de l’artère et en le soulevant, je pus la disséquer par sa face postérieure jusqu'au-dessous de la perforation et lier, à un centimètre plus bas, l'artère elle-même et une collatérale qui s'en détachaïit en ce point.

La rupture, qui siège sur la face antérieure de l'artère, a des bords réguliers. L'écartement de ces bords est d'environ un centimètre et demi. Sur la face postérieure qui maintient la continuité de l'artère, on voit nettement la tunique interne rompue etla tunique moyenne à nu. L’artère présente des lésions très nettes d’athérome.

Nulle part on ne trouve de trace de sac formé aux dépens des parois artérielles. Les bords de. l'orifice de rupture sont très nets.

Il s’agit donc bien là d’une rupture primitive de l'artère fémorale athéromateuse, rupture spontanée, puisque nous n’avons rien pu relever dans l’histoire du malade, ni choc, ni effort violent, aucun traumatisme qui puisse être incriminé dans la pathogénie de la lésion. ù L

Obs. XXX. — Rupture de l'aorte (RENÉ MARIE, Soc. Anal., Janvier 1904). — René Marie montre une pièce de rupture spontanée de l'aorte avec anévrysme disséquant. Le vaisseau est rompu transversalement au-dessus des valvules sigmoïdes ; seule la tunique adventice a été respectée. Les parois aorti-

ques ont été dissociées par le sang jusqu'au niveau des artères fémorales.

Obs. XXXI. — Rupture de l'aorte (P. HarBroN, Bull. Soc. Anal., avril 1904). — T1 s’agit d’une femme de 42 ans, entrée le 19 avril 1904 à midi dans le service de M. Barié. Le 11 avril, elle était rentrée chez elle souffrant de douleurs lombaires et

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très fatiguée. Un médecin appelé fait le diagnostic de grippe, la soigne quelques jours, puis l'envoie à l'hôpital Laënnee, en lui disant qu'elle est atteinte de congestion pulmonaire. Elle se couche elle-même à son arrivée dans la salle, présentant néanmoins une cyanose assez marquée. Deux heures après elle se dresse brusquement dans son lit, prend subitement une coloration violacée intense et meurt aussitôt.

À l’autopsie, l'aorte présente un certain nombre de pustules athéromateuses. A 3 centimètres au-dessus des valvules sigmoiïdes, on trouve une perforation qui est située à la face postérieure du vaisseau. Les bords en sont très minces, déchiquetés. Au pourtour de l'orifice, la face externe de l'aorte est infiltrée de sang. £ r

Obs. XXXII. — Mort subile par rupture spontanée de l'aorte athéromateuse non ectasiée (GOUGEROT, interne de M. Triboulet, Hospice Debrousse. Bull. Soc. Anat., juillet 1904). — Le 28 juin 1904, une des pensionnaires de l’hospice, Mme T..…., âgée de 85 ans, d’une excellente santé habituelle, se leva suivant sa coutume à 5 heures du matin, causa à ses voisines, ne se plaignit de rien; quelques instants après, on la trouve dans le lavabo affaissée sur elle-même et morte.

L’aorte n'était pas dilatée, pas de souffles orificiels. L'albuminurie et les petits signes du brightisme manquaient.

A l’autopsie, il existait un hématome sous-pleural qui soulève la crosse aortique. La perforation aortique apparaît sous la forme d’une fissure linéaire, verticale, oblique en bas eten arrière, longue de 35 millimètres, siégeant à la fin de la crosse aortique, au début de l’aorte descendante. Cette rupture aortique s’est produite sans effort exagéré.

Obs. XXXIII (ToLor et SARVONAT, Revue de médecine, novembre 1904). — Il s’agit d’une femme de 60 ans environ, un peu obèse, qui arrive vers 8 heures du matin, le 9 juin 1904, à l'Hôtel-Dieu de Lyon. Elle s'était trouvée mal en

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tramway, on l'avait fransportée dans une pharmacie et de là à l'hôpital. Elle mourut quelques minutes après son entrée.

Il existait une rupture sur une plaque athéromateuse, située à 10 centimètres de l’origine de la plaque athéromateuse, qui avait 20 millimètres de long Sur 5 de large.

Obs. XXXIV. — Ruplure de l'aorte (M. LORRAIN, hôpital Saint-Joseph, service du D° Leroux. Bull. Soc. Anat., décembre 1904). — Il s’agit d’un homme de 34 ans, lapidaire, ne présentant aucun antécédent héréditaire. Il est alcoolique, buvant surtout du vin, peu de liqueurs. Il a quatre enfants, dont l’aïné a 11 ans, tous bien portants, sauf un qui est tuberœuleux. La fenrme n’a jamais fait de fausses-couches. Pas de syphilis. L’an dernier, 1903, à la consultation de Laënnec, on lui a parlé de péricardite et d’aortite.A ce moment,il souffrait un peu et avait de la dyspnée d'effort, mais il n’a jamais cessé de travailler ; il est occupé aux diamants. Ce métier n’est pas fatigant.

Le 5 octobre, à la fin de sa journée, il tombe brusquement sans connaissance. Il est glacé, les extrémités froides ; on le transporte à Saint-Joseph. Il avait quelques petites nodosités sur les veines. Il a quelques varices. On pensa à une embolie, mais ni râles, ni dyspnée.Au cœur il existe un bruit de galop. Les artères sont dures et sinueuses.

On recommande au malade un repos absolu; malgré cet avis, il se leva pour aller aux cabinets, il revint à son lit en apparence calme, mais en se couchant il tombe brusquement et meurt.

À un centimètre du bord libre des valvules sigmoiïdes, on aperçoit une déchirure de 6 centimètres, transversale, à bords déchiquetés. La déchirure de la tunique externe est verticale, de 2 à 3 centimètres.

Obs. XXXV. Cas de MM. THOINOT et BERNARD. — (Presse médicale, 22 mars 1905). —I1 s’agit d’un malade de 44 ans,

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