‹ Ruptures spontanées des ArtèresChapitre 19 sur 26 · LE. GR · texte numérisé non relu

LE. GR

cendante une petite fente bien nette, verticale, mesurant un centimètre, on pénètre alors dans un décollement de la tunique celluleuse de l'artère. Mais lorsqu'on ouvre l'aorte, on voit une déchirure d’un centimètre également. L'aorte ne présente pas d’aitérations macroscopiques au point de rupture. Au-dessus, il existe quelques plaques athéromateuses.

Obs. XVIII. — Ruplure spontanée de l'aorte (GASTON LioN, Bull. Soc. Anat., décembre 1887). — Il s’agit d'une malade, âgée de 66 ans, entrée le 22 décembre 1887, à 8 heures du soir et morte à 1 heure du matin. Elle n’a pas été examinée. On sait qu'elle a été amenée sur un brançcard ; néanmoins elle pouvait remuer tous ses membres. Son intelligence était complète, sa parole libre. Elle reconnut l'infirmière qui l'avait soignée dans un service voisin, où elle était entrée trois ans auparavant pour des accès d’étouffement et une affection ‘ardiaque.

Pendant les dernières heures qui ont précédé la mort, la malade a été en proie à une agitation assez vive, faisant des efforts pour sortir de son lit et prononçant des paroles incohérentes, entremêlées de plaintes.

L’autopsie fut pratiquée par le Professeur Cornil. A un centimètre au-dessus des valvules sigmoïdes aortiques, en un point qui correspond à la face antérieure du vaisseau, il existe une déchirure de 2 centimètres environ, régulière sur la tunique interne, déchiquetée sur la tunique externe. La cavité péricardique est remplie de caillots sanguins. Il existe quelques plaques athéromateuses, mais pas de lésions cardiaques orificielles. Le muscle cardiaque, jaune pâle, est d'aspect graisseux.

Obs. XIX.— Rupture de l'aorte (PILLIET, préparateur d'histologie à la Faculté, Bull. Soc. Anat., juillet 1889).— Le nommé Lemblé Antoine, âgé de 67 ans, entre le 16 juillet 1889 à l'infirmerie de l'hospice des Incurables d'Ivry, dirigé par le

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D' Gombault. Les bulletins, remis à son entrée par la surveillante, portent : « Depuis avant-hier, le malade se plaint d’étouffements et d’une douleur dans la poitrine. » Le début des accidents remonte au 14. C’est un homme grand, fort, vigoureux, bien charpenté. A l'entrée, il est dans un état de collapsus complet ; on ne peut tirer de lui aucune réponse. Pas de paralysie appréciable dans les membres. Les lèvres sont cyaniques, les extrémités froides et violacées, surtout les inférieures. Tout le corps est couvert de marbrures violacées, larges et étendues. Les bruits du cœur sont sourds et paraissent éloignés et faibles ; cette faiblesse des bruits est plus marquée à mesure qu'on se rapproche de la base, où le second bruit n’est plus perceptible.

Le pouls est très faible, dépressible ; on l’écrase facilement, il est pourtant régulier : 72 pulsations. Il existe à gauche et en avant.de la poitrine une voussure assez marquée, formant triangle à base supérieure et correspondant au cœur. À cette voussure correspond une matité cardiaque, dont le diamètre transverse atteint 16 centimètres à la base du poumon gauche. Les vibrations thoraciques paraissent conservées, la respiration est diminuée, mais il n’y a pas de souffle. Une ponction exploratrice faite avec la seringue de Pravaz ne donne rien. Le malade se laisse faire passivement pendant l'exploration ; il se plaint de la piqûre de l'aiguille, retombe ensuite sur son lit comme épuisé. Le palper abdominal révèle un foie gros, descendant jusqu'à l'ombilic et débordant à gauche. La pression sur les insertions diaphragmatiques, au niveau de l’épigastre et dans les deux hypochondres, est perçue douloureusement par le malade. La température est à 36° à l’aisselle. Le soir elle était à 38’ dans le rectum. Le malade est mort dans la nuit, tranquillement, par augmentation progressive du collapsus.

A l'ouverture du thorax, le péricarde apparait gorgé de sang ; il existe une perforation de l'aorte, immédiatement audessus de la valvule postérieure, d’une hauteur de 6 centimè-

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en

tres environ. Le sang s’est infiltré dans les gaines de l'artère pulmonaire et de l'aorte. Il est difficile de retrouver la perforation de la tunique externe.

Les deux poumons sont congestionnés, surtout le droit, qui est adhérent en arrière. La plèvre est lardacée, il existe un abcès froid costal cicatrisé.

Obs. XX. — ARuplure spontanée d'une aorte athéromateuse (PARMENTIER, Bull. Soc. Anat., juillet 1889). — Il s’agit d’une femme de 60 ans, athéromateuse, présentant les signes d’une néphrite chronique. Elle meurt subitement là puit, sans troubles prémonitoires.

Il existe une rupture transversale de l'aorte au-dessus des ralvules sigmoïdes, avec dissection de la tunique externe jusqu'à l’origine du tronc brachio-céphalique.

Obs. XXI. — Auplure spontanée d'aorte (MarTIN-DüRR, Bull. Soc. Anat., octobre 1890). — II s’agit d’une malade de 87 ans, qui s'était plainte depuis 1883 de troubles gastrointestinaux variés ; On avait pensé à un néoplasme rectal. Elle ne s'était jamais plainte du cœur ni de ses vaisseaux.

Le 2 octobre, vers 7 heures 1/2, elle se plaint d’une violente douleur dans le dos à gauche, devient pâle et est obligée de s'asseoir. À la suite de frictions légères, d’aspirations d’éther, la malade se sent mieux ; il n’en reste qu'une gêne légère de la respiration, lorsque, vers 10 heures, la douleur reprend brusquement, et elle meurt.

La rupture aortique est longue de 10 centimètres et est interposée à deux plaques athéromateuses.

Obs. XXII. — Ruplure spontanée de l'aorte(Ourmonr, Bull. Soc. Anat., février 1892). — Il s’agit d’une femme de 41 ans, entrée le 5 juillet 1891 dans le service de M. Oulmont. Dans la nuit du 4, elle fut réveillée par de vives douleurs siégeant dans la région épigastrique. Il existe une vive anxiété et du

ZE OT refroidissement des extrémités. On fait le diagnostic de colique hépatique. De plus, on constate un souffle systolique à la base du cœur, attribué à l’athérome.

Le 5, la douleur subsiste à l'épigastre.

Le 6, facies grippé. Elévation de la température. Subictère. La douleur persiste à l’épigastre. Les bruits du cœur sont moins bien perçus et le pouls est moins bien frappé.

Dans la nuit du 6, elle meurt subitement, avec des phénomènes d’algidité et de refroidissement, sur lesquels elle a à peine le temps d'attirer l’attention de la surveillante.

Il existe une perforation de 2 cent. 1/4 à 2 cent. 1/2 au-dessus des valvules sigmoïdes. La tunique externe est décollée ; une raste poche est formée à ses dépens, qui se rompt dans le péricarde gorgé de sang.

Obs. XXIIL (BROUARDEL et ViBERT, Société de médecine légale, 1892). — Rupture spontanée aortique chez un étudiant en médecine, dans les antécédents duquel on ne relève qu’une fièvre typhoïde à 5 ans.

Tout d’un coup, dans la nuit du 8 au 9 février 1892, il fut pris de douleurs dans le ventre. On croit à‘une colique hépatique, lorsque le 9, à 7 heures et demie du soir, il mourut subitement en s’asseyant sur son lit.

A l’autopsie, il existe deux déchirures, l’une de 2 cent. 1/2, située à 36 millimètres au-dessous de la naissance de Ja carotide gauche, l’autre à 3 centimètres au-dessus des insertions diaphragmatiques.

Obs. XXIV.— Ruplure aortique chez un labélique, avec aorte légèrement dilatée (X...,. Bull. Soc. Anal., mars 1893). — On avait relevé les signes d’une insuffisance aortique. Néanmoins, malgré quelques troubles dyspnéiques après les repas ou bien après un effort léger, rien ne laissait prévoir la mort subite du malade dans un effort de défécation, le 13 mars au

matin.

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Rupture en Y, située à 3 centimètres du bord libre des valvules.

Obs. XXV. e de l'artère crurale. Incision du sac. Mort (K.…, Bull. Soc. Chir., 1894). — M. Viard (Isle-sur-le- Serein, Yonne) relate l'observation d’un jeune homme de 18 ans, atteint d’un volumineux anévrysme spontané de l’artère crurale. Une ponction pratiquée dans le sac donne issue à un flot de sang ; immédiatement on pratiqua la ligature de la crurale, mais au-dessous de la fémorale profonde. Aussi l'hémorragie, qui avait été provisoirement arrêtée au moyen d’un tampon, reprit-elle immédiatement, quand le tampon eut été enlevé. On fit un nouveau tamponnement, mais le malade ne succomba pas moins 4 jours après l'opération.

Nous croyons devoir publier cette observation, car nous ne connaissons d'autre anévrysme spontané que l’anévrysme

diffus.

Obs. XXVI (Glasgow med. Journ., 1895). — Il s'agit d’un homme de 54 ans, admis à l’infirmerie Victoria le 11 juillet. I se plaint de souffrir depuis le 3 d’une violente douleur à l'estomac ; il meurt le 12 dans une syncope.

Il existait une rupture aortique à 6 centimètres environ du tronc cœliaque.

Obs. XX VII (Bull. Soc. Anal., 1900). — Jeune homme de 24 ans, de bonne santé habituelle, pris subitement d’une douleur rétro-sternale sans irradiations, avec anxiété, agitation plaintes, léger éréthisme cardiaque. Mort 14 heures après le début de ces phénomènes.

A un centimètre et demi au-dessus de l’origine de l'aorte : perforation de 4 à 5 millimètres.

Obs. XXVIIT. — Ruplure spontanée de l'aorte. Opération césarienne sur la morte. PRans, vivant (WEISSWANGE, Dresde Centralblatt für Gynecologie, 7 mars 1903), — Le 4 août 1902,

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