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On n'a eu que le temps de le porter sur son lit, où il est mort en quelques secondes.
Grâce aux renseignements fournis ultérieurement par sa famille, on a pu reconstituer l’histoire du malade.
C'était un homme très bien constitué, grand, et remarquablement vigoureux. Il avait été lutteur, faisant des tours d’acrobate et soulevant des poids dans les champs de foire. De bonne heure, il avait été grand buveur et avait abusé de la vie de toutes les façons. Les nombreux tatouages qui couvrent tout son corps attestent, d'ailleurs, qu'il a copieusement fêté Vénus et Bacchus. Il y a quelques mois, ses forces avaient décliné assez rapidement pour l’obliger, bien que n'ayant que 43 ans, à quitter sa profession de lutteur pour celle de photographe. Peu après, il entra pour quelque temps à l'hôpital pour des douleurs lombaires et des vomissements de sang abondants avec violente dyspnée. On aurait, paraît-il, à ce moment constaté de l’albuminurie. Très amélioré par le régime lacté, il le suivit consciencieusement à sa sortie de l'hôpital et renonça complètement à boire. Pendant cette période, les vomissements disparurent, mais le malade éprouva de la dyspnée d'effort, eut de l’œdème malléolaire, maigrit beaucoup, de 20 kilogs suivant le dire des parents. Dans les derniers temps, la dyspnée s'était accrue et l'œdème avait considérablement augmenté.
Aulopsie, 27 heures après la mort. — L’aorte n’est pas dilatée, elle présente de nombreuses plaques athéromateuses non calcifiées. [Immédiatement en dehors de l’artère sous-clavière gauche on trouve le point de la perforation, par où l’hémorragie s’est produite ; il est petit, assez nettement découpé, il ne siège pas sur une plaque athéromateuse et forme une fente allongée d’un centimètre environ de longueur, et dont les bords sont nettement découpés. Un peu de sang s’est infiltré entre les tuniques de l'aorte, sur lesquelles il forme une ecchymose de quelques centimètres.
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Le tissu conjonctif est infiltré de sang au voisinage de la perforation et le long de la crosse aortique.
Examen histologique. — L’'aorte sur les bords de la rupture présente un épaississement de sa tunique interne, sans athérome. La tunique moyenne est au contraire amincie ; ses fibres élastiques sont déchirées à des niveaux différents. Le sang s'est infiltré entre les lames de la tunique moyenne et surtout entre cette tunique et la tunique externe. On remarque à une certaine distance de la rupture des points où les fibres élastiques de la tunique moyenne sont interrompues et où se trouvent des sortes de cavités irrégulièrement creusées dans cette tunique.
Sur les préparations traitées par l'acide osmique, on constate au voisinage de la rupture une fine dégénérescence graisseuse des cellules de la tunique interne et même dans la partie profonde de cette tunique des amas graisseux confluents.
Obs. XXXVII. — Anévrysme disséquant étendu à la totalité de l'aorte et spontanément quéri. Signes d'insuffisance aortique avec intégrité parfaite des valvules sigmoïdes (M. LETULLE. Soc. méd. Hôp., 29 décembre 1905).
Femme, 45 ans, couturière, entre le 5 août 1904 à l'hôpital pour une affection cardiaque. Elle se plaint depuis 2 mois d'une sensation de constriction thoracique permanente, avec accès de suffocation. Les douleurs n'ont pas d’irradiations ; elles s'accompagnent de dyspnée assez accusée avec facies pâle et angoissé.
On trouva un souffle diastolique à la base, on fit le diagnostic d'insuffisance aortique. Comme il existait en même temps de l’albuminurie avec polyurieet pollakiurie,on ajouta néphrite chronique. Sous l'influence du repos et du régime lacté, tout s’améliora lorsqu'au bout d'une quinzaine de jours quelques crachats sanglants survinrent avec reprise de la dyspnée et des douleurs précordiales. Ces légères hémoptysies durèrent 5 jours. En même temps apparut un phénomène tout à fait anormal, une paralysie du nerf facial inférieur droit, sans
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autres troubles intellectuels, moteurs et sensitifs. Dés la fin d'août, l’arythmie cardiaque s’installe avec la dyspnée et l'oligurie. Le 26 octobre, la malade meurt au milieu des signes du ramollissement cérébral.
L'’autopsie révèle une constatation aussi intéressante qu'inattendue : perforation de la crosse en forme d’ulcère arrondi. Anévrysme disséquant de l'aorte, ayant soulevé les couches les plus externes de la tunique moyenne et la tunique externe. Le sang de cet anévrysme avait réussi à fuser à nouveau dans l'aorte à travers une nouvelle déchirure de la tunique interne.
Obs. XXXVIII (RENÉ MaRiE, Bull. Soc. Anat., 1906). — Cas d’une rupture aortique incomplète siégeant sur la tunique moyenne, immédiatement au-dessus des sigmoïdes. La mort ne s’en est pas suivie par suite de la soudure de l'endartère avec la tunique externe.
Obs. XXXIX. — Rupture de l'artère épigastrique (MicHAUX, Bull. Soc. Chir., 1906). — Une dame de 67 ans est prise brusquement de douleurs abdominales très vives dans la région de la fosse iliaque droite, en dessous du plan transversal passant par l’ombilic. Les douleurs s’accompagnaient d’un certain gonflement du ventre, avec troubles gastro-intestinaux : constipation, arrêt des gaz, vomissements. |
Le pouls était petit, mais assez bien frappé, entre 100 et 110 pulsations, la température entre 37° 5 et 38°,
L'examen de l’abdomen montre un ventre légèrement météorisé, dont la région iliaque droite est occupée par une tuméfaction en forme de boudin qui fit penser à M. Michaux, appelé pour lexaminer, soit à une collection appendiculaire, soit à une invagination iléo-cœcale, soit à un étranglement interne,
La laparotomie fut pratiquée : on ne trouva aucune lésion appendiculaire, ni intestinale, pas d’étranglement interne,
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mais sous le péritoine une énorme saillie noirâtre, haute de 20 centimètres.
L'incision péritonéale refermée, on trouve au-dessous du muscle grand droit un vaste hématome et une rupture de l'épigastrique, un centimètre au-dessus. La ligature des deux extrémités fut pratiquée. L'état resta satisfaisant pendant 24 heures, mais le pouls baissa, devint de plus en plus petit, filiforme et la malade succomba au bout de 50 à 60 heures.
Obs. XL. — Rupture spontanée extra-péricardique de la érosse de l'aorte (GOUGET et REIMBERT, Bull. Soc. Anat., 12 mars 1907). — M. Jules T..., âgé de 71 ans,pensionnaire à Chardon- Lagache, est pris le 25 février vers 10 heures du matin, en pleine santé apparente, d'une douleur aiguë, siégeant dans le sein gauche, douleur si violente qu’elle lui arrache des cris. Cette douleur est irradiée vers la région dorsale et la région lombaire et s'accompagne de sueurs froides avec nausées et vomissements peu abondants, pâleur du visage et légers phénomènes d’excitation. :
L'examen du malade ne donne aucun renseignement. La température est à 37°6, le pouls à 120. L'état du malade reste stationnaire jusqu'à 3 heures du matin,. heure à laquelle les phénomènes douloureux redoublent d'intensité et il meurt deux heures après.
Sur la crosse de l'aorte existe une perforation au delà du tronc brachio-céphalique, de 2 centimètres environ.
Obs. XLI. — Rupture en deux temps de l'aorte ascendante. Anévrysme aigu disséquant (BRuEL, ESMEIN et LŒPER, décembre 1907). — Il s’agit d'un homme de 50 ans, qui entre le 15 septembre 1907 à l'hôpital Lariboisière. La veille, à 11 heures du soir, il a été pris subitement d’une douleur rétro-sternale violente et d’une suffocation qui depuis ne l’a pas quitté. Quand nous le voyons, à 11 heures du matin, il est assis dans son lit,dyspnéique et cyanosé.Les poumons ne présentent rien
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d'anormal..Le cœur est gros, hypertrophié en totalité ; sa matité dépasse à droite le bord du sternum et en cette région, sur toute la hauteur de l'os, la main sent une vibration forte, l'oreille entend un double souffle violent.
Malgré l'absence de tout autre signe, on fit le diagnostic d'anévrysme de l'aorte et la mort du malade, le soir même, nous donnait en partie raison.
La tunique externe de l'aorte est rompue un peu au-dessus de l'implantation des valvules sigmoïdes et les deux autres tuniques à l'union des portions horizontale et ascendante, en un point où l'aorte est en quelque sorte pavée de plaques athéromateuses.
Obs XLII. — Rupture spontanée de l'aorte (DuJARIER, DE- MOULIN, (CHOCHON-LATOUCHE, Bull. Soc. Chir., 5 janvier 1909). — Le 30 novembre 1907, le nommé C..., 27 ans, agent de la Compagnie du Nord, fut pris d’un malaise subit au moment où il changeait le disque de queue d’un train en gare de Sevran (Seine-et-Oise). Le D' Vivien requis constata que :
Le blessé était couché sur un brancard, les membres inertes, la face livide, couverte d’une sueur froide, le nez pincé, le pouls filiforme, faisant des efforts pour vomir et se plaignant de douleurs atroces entre les deux épaules et au creux épigastrique, la respiration courte avec sensation d’oppression et d'angoisse.
On le conduit à Lariboisière.
Dans le trajet de Sevran à Paris, la situation s'améliore, les plaintes du malade cessèrent, les couleurs reparurent sur les joues très accentuées, laissant le reste de la face blême. La température redevient normale ainsi que le pouls ; le blessé ne souffre pas.
Une heure après son entrée à l'hôpital, l’état s’est sensiblement aggravé ; le malade a toute sa connaissance, maisle fa: cies extrêmement pâle témoigne d’un état fort grave, les yeux
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