‹ Ruptures spontanées des ArtèresChapitre 23 sur 26 · PRE · texte numérisé non relu

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sont bistrés, les narines trémulantes, la dyspnée est assez violente et le malade a d’incessantes envies de vomir, un violent frisson l’agite. Le pouls est petit, rapide ; la température rectale à 356. Le malade dit, en montrant son creux épigastrique : &« Là une boule m'étouffe. »

Le ventre est souple, mais quand on comprime la paroi au creux épigastrique et à son voisinage, on réveille une vive douleur. On agite le diagnostic de perforation de l'estomac par ulcère.

Sous l'influence du repos, le malade se sent mieux ; seule la dyspnée persiste, quelques râles dans la poitrine, à aucun moment le malade n’a eu d'hémoptysies. Le cœur est tumultueux et son auscultation ne donne aucun renseignement.

A 9 heures du soir, le malade, qui causait avec l’un de ses voisins, pousse un cri et meurt subitement.

A l’autopsie, on ne trouve aucune lésion abdominale. A l'ouverture de la cage thoracique, quelques adhérences pleurales à droite, pas d'épanchement dans les plèvres. Mais l’attention est attirée de suite par l’étalement du sang dans le péricarde ; à l’ouverture de ce dernier s'écoule plus d’un litre de sang rouge. Ce sang évacué, on trouve un énorme caillot, masquant tout le cœur qui n’est pas gros.

A la face postérieure de l’aorte, à 2 centimètres au-dessus des valvules, il existe une perforation de 3 à 5 millimètres. Cette rupture commence sur le bord droit de cette paroi, à un centimètre et demi au-dessus du bord libre des valvules,pour se terminer un peu en dehors du bord gauche du vaisseau, à 20 millimètres de son point de départ; elle n’a pas partout la même profondeur. Sur une étendue de 12 à 15 millimètres, elle ne semble intéresser que la tunique interne ; sur une longueur de 5 à 8 millimètres elle porte sur les trois luniques. Sur la surface interne du vaisseau de petites plaques gélatiniformes arrondies ne présentant pas de concrétions calcaires.

Un premier examen de la pièce fut fait par MM. Claude et Launois. Il donna les résultats suivants :

Michaut 6

Sclérose généralisée. Fibres élastiques altérées. Fibrilles musculaires frappées de dégénérescence calcaire. Artériosclérose. Par conséquent rupture spontanée,

Malgré ces conclusions,un jugement fut prononcé en faveur de la dameC .,confirmant que l'effort fait pour accrocher une lanterne à l'arrière du train avait pu être la cause de la rupture aortique.

Un deuxième examen des pièces anatomiques fait par M. Letulle confirma les conclusions de M. Launois et la dame C..., fut déboutée de sa demande.

Obs. XLIII. — Ruplure spontanée de l'artère poplilée à son origine (MORESTIN, Bull. Soc. Chir., 11 mai 1909). — Le 6 avril dernier, on amena dans mon service, à l'hôpital Tenon, un homme âgé de 72 ans, présentant une énorme tuméfaction de la cuisse gauche, survenue spontanément, sans l’intervention du plus léger traumatisme. Dix jours auparavant, le malade, étant debout, avait été pris brusquement d’une vive douleur à la partie interne et inférieure de la cuisse. Il n'avait effectué aucun effort, il n'avait reçu aucun choc, il ne marchait pas, quand survint cette souffrance subite. Au bout de peu d’instants, il fut dans l'impossibilité de faire un pas et même de se tenir debout. Un gonflement considérable survint rapidement et ne cessa d'augmenter.

Pendant dix jours, le malade n’a pu trouver aucun. repos ; au moment de notre examen, il était épuisé par les souffrances et l’insomnie. IT était extrêmement pâle. Il parlait avec difficulté ; sa langue était sèche et commençait à prendre l’aspect rôti.

La cuisse gauche était gonflée, tendue, presque deux fois grosse comme celle du côté opposé. Outre cette tuméfaction générale, s'étendant depuis le genou lui-même augmenté de volume jusqu’au pli de l’aine, se dessinait une voussure très accusée, occupant la partie antéro-interne de la cuisse, sur une hauteur de 15 centimètres environ.

Partout où régnait ce gonflement, les téguments offraient une teinte jaune clair ou jaune sombre, et çà et là des plaques violacées, des ecchymoses. La peau était notamment infiltrée de sang à la face interne de fa cuisse, au voisinage du périnée, au niveau du scrotum et du fourreau de la verge.

La tuméfaction était de consistance très ferme, presque dure, surtout à l'endroit de la voussure précitée.

. En examinant celle-ci de plus près, on pouvait constater des battements et des mouvements d'expansion, aisément reconnaissables à la vue et plus encore à la palpation.

À l’auscultajion, on percevait un souffle rude, râpeux, intermittent, isochrone aux pulsations artérielles, dont le maximum répondait à la partie interne de la voussure, au point où devait être le canal de Hunter. Souffle et battements étaient arrêtés par la compression de la fémorale.

Un épanchement assez notable occupait la synoviale du genou. La jambe et le pied ne présentaient aucun changement de volume ou de coloration. Le pied n'avait aucune tendance au refroidissement. Je ne pus sentir le pouls de la pédieuse, mais on ne trouvait pas non plus la pédieuse de l’autre pied. Les battements de la tibiale postérieure, par contre, furent constatés sans difficulté, ils semblaient toutefois moins forts qu'à droite.

L'examen du cœur et des artères superficielles ne révéla rien de bien particulier. Toutes les artères semblaient un peu dures, ce qui n'avait rien de surprenant chez un homme ayant près de 73 ans. Le sujet, jusque-là robuste, n'avait jamais eu de maladie sérieuse.

Au niveau du siège de la lésion, il n'avait jamais remarqué rien d’anormal ; aucune saillie pulsatile ou non, aucune sensation douloureuse, nulle gêne. L’affection s’est révélée brusquement, instantanément, au milieu d’une santé parfaite.

Après ces constatations, je n'eus pas de peine à porter le diagnostic d’anévrysme diffus, soit par rupture de la fémorale à sa terminaison ou de la poplitée à son origine, soit par

meute

déhiscence d’une poche anévrysmale, jusque-là ignorée. En

dehors du gros tronc fémoro-poplité, aucun vaisseau dans

cette région ne pouvait avoir donné naissance à un aussi énorme hématome pulsatile. Il était clair que la cuisse était littéralement remplie de sang, surdistendue, infiltrée dans tous ses interstices. Il était clair aussi que le sujet, après une telle

spoliation sanguine et de si longues souffrances, était au bout

de sa résistance et déclinait rapidement. Le pouls était lent, . régulier.

L'intervention s’imposait. Compression de la fémorale sous l’arcade crurale. Incision de 20 centimètres en dedans de la voussure, sur le trajet du couturier.

Le couturier est reconnu et récliné en dedans. Le vaste interne apparait, noirâtre, partout infiltré de sang et fortement soulevé ; ses fibres sont écartées, prêtes à céder.

Incision de ce plan musculaire et nettoyage de la cavité cruorique.

Cette cavité est très vaste, remplie de caillots qui ont séparé le vaste interne du crural et se sont accumulés jusqu'à la racine de la cuisse. L’hématome s'étend également dans la partie supérieure du creux poplité. Je constate que le point de départ de l’hémorragie est la partie initiale de la poplitée, qui présente juste au-dessous du 3° adducteur, à son origine exactement, une déchirure allongée de haut en bas, longue de 12 millimètres, occupant sa partie antéro-externe, tournée contre le fémur.

C'est une perforation récente. Au voisinage, on ne trouve aucune trace de poche anévrysmale. Les bords de la solution de continuité, un peu ondulés et irréguliers, n’offrent que quelques petits paquets fibrineux non organisés et manifestement récents.

Le bord antérieur en est souple, mais la lèvre postérieure est plus épaisse et l’on voit dans la partie adjacente à ce bord les débris d’une plaque athéromateuse, L’artère est demeurée perméable. L'endartère. montre sa surface lisse, brillante,

saine au delà des limites de la plaque d’athérome. Pas le moindre eaillot, pas la plus légère thrombose dans le canal artériel. Le sang coule en bavant, venant du bout inférieur.

Cette perforation est fermée, après ablation des débris de la plaque d’athérome, par un surjet à la soie 000.

La circulation s'est immédiatement rétablie et l'on perçoit les battements de l'artère au-dessous de la suture.

Suture des plans superficiels, pas de drain. Pansement.

Injection de sérum 800 grammes, 0 gr. 01 de morphine.

Le lendemain, 7 avril, je trouvai le malade sans fièvre, avec le pouls régulier, calme et lent, à 64. Il n’y avait pas eu d'hémorragie. Le pied avait conservé la coloration et la température normales.Apathie profonde du malade*Langue cependant un peu moins sèche que la veille. On est obligé de sonder le malade et on retire une quantité suffisante d'urine claire. |

Nouvelles injections de sérum, d’éther et de caféine,

Mort 36 heures après l'intervention.

Pas de vérification anatomique.

Ce fait méritait d'être rapporté non pas seulement au point de vue de la chirurgie artérielle, mais à cause de la rareté des ruptures artérielles spontanées des gros troncs des membres. Il n'y a ni poche anévrysmale, ni trace d’ectasie de l'artère. Celle-ci a crevé brusquement par déhiscence d'une plaque athéromateuse ramollie.

Obs. XLIV. — Rupture spontanée de l'artère radiale chez un hémophile atteint d'insuffisance aortique (Echo médical du Nord, 23 mai 1909). — Homme de 22 ans. Parents non hémophiles. Dans l'enfance, souvent épistaxis. En février 1907, épistaxis qui fut difficile à arrêter. La moindre blessure détermine un écoulement abondant de sang. Rhumatisme il ya 2 ans.Purpura il y a 6 mois. Pleurésie gauche en février 1907.

Depuis quelques mois pâleur et amaigrissement. Il y a deux mois, douleur légère dans la partie supérieure de l’avant-bras

droit : ces douleurs ont augmenté, elles empêchent parfois le sommeil et s'irradient dans la partie externe de l’avant-bras et de la main. Une tuméfaction s’est développée à peu près à la même époque au niveau de la partie antéro-supérieure de l'avant-bras droit et a depuis ce moment augmenté rapidement. |

Le malade tousse un peu et crache. Pas d’hémoptysie ni d'hématurie. <

Etat au 29 septembre 1907 : Au tiers supérieur de lavantbras droit, dans toute la largeur de celui-ci existe une tuméfaction qui atteint en haut le pli du coude ; elle est animée de battements visibles et d'expansion ; elle est le siège d’un thrill inconstänt, systolique.

Au niveau de sa partie externe, on entend un souffle double (le systolique étant le plus fort),surtout dans sa partie externe: Les battements disparaissent complètement, si l'on comprime l'artère axillaire. Le pouls radial droit est extrêmement faible ; il n'y a pas de pouls cubital droit. La récurrence radiale est nette. La partie inférieure deJ'avant-bras droit et la main droite sont œdématiées. Le malade est très pâle.

Il existe de la submatité aux deux sommets. Les vibrations vocales sont normales. Un peu de diminution du murmure vésiculaire et expiration prolongée aux sommets. Pas de craquements. Un peu de bronchophonie.

La pointe du cœur bat dans le cinquième espace, à un bon travers de doigt en dehors de la ligne mamelonnaire. Rétraction diastolique de la pointe. Pas de fixité de la pointe, ni dans les mouvements respiratoires, ni dans les changements de position du malade. Pas d’invariabilité de a matité préventriculaire gauche. Souffle diastolique dont le maximum est sus-xiphoïdien, se propageant dans tous les sens, mais plus particulièrement dans la région de la pointe ; invariable dans les deux mouvements respiratoires ; non modifié dans la position couchée.

Danse des artères, pouls de Corrigan. Très légère danse des

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