‹ Russes et Prussiens, guerre de Sept ansChapitre 63 sur 122 · Bolotof, t. I, p · texte numérisé non relu

Bolotof, t. I, p

RUSSES ET PRUSSIEiXS.

Quoi qu'il eu soit de ce récit, il est certain que Frédéric II, qui avait sur le cœur son succès incomplet et même contesté de Zorndorf, était décidé à en finir cette fois avec les Russes et, par une défaite irrémédiable ou une destruction totale, de « s'en débarrasser » pour toute la campagne. 11 ne voulait pas d'une demi-victoire.

Il imposa de nouveaux efforts à son infanterie. Sans atteindre encore la grosse batterie, on la déborda par la droite. On la dépassa. Ses défenseurs, inquiets, commenraient à l'abandonner. Qu'on voie à quoi tiennent les victoires ! » dira plus tard Frédéric \ D'après son récit, Laudon serait accouru, aurait réoccupé ou renforcé la batterie et fait cracher sur les assaillants les grosses bouches à feu chargées à mitraille.

L'attaque de gauche pouvait seule déterminer un nouveau progrès. C'était celle que la cavalerie de Seydlitz allait diririger sur le flanc sud du plateau du Spitzberg. L'intrépide guerrier hésitait à l'entreprendre ; il avait d'abord à faire déboucher ses escadrons dans les intervalles des étangs de Kunersdorf ; à se former au delà sous les batteries du Spitzberg et du Judenberg, dans une area battue de feux croisés ; puis à chai*ger non svu* de la cavalerie ou de l'infanterie à découvert, mais sur des pentes raides couronnées de retranchements, et en avant desquelles étaient semés des trous de loup. Son coup d'œil ne pouvait le servir aussi bien qu'à Zorndorf, où l'on découvrait toute l'action comme « sur la paume de la main ». 11 ne savait où en était le roi de son attaque sur le plateau. 11 hésitait donc -, mais comme il recevait de Frédéric II courrier sur courrier, comme il ne pouvait répondre « sur sa téte » de l'heureux succès d'une nouvelle désobéissance, il dut se résoudre à donner le signal.

Il déboucha par les intervalles des étangs, mit ses escadrons en ligne sous un terrible feu d'artillerie, chargea sur les retranchements, sur les régiments qui les défendaient : Pskof, S"" et 4"" grenadiers, Nevski, Kazan. Natmellement il dut se replier avec de grandes pertes. Ses cavaliers étaient mainte-

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