M. DE CHÂU VELIN A M. DE LESTANG
Fontainebleau, 4 novembre 1734 *.
J'ai lieu de croire, par ce qui m'est revenu, que vous avez peut-être trouvé publique à votre arrivée la vraie mission de qtli vous savez '. Si cela étoit, vous auriez sans doute pris le parti de le voir; sinon il aura fallu vous renfermer dans les ménagements que je vous ai prescrits avant votre départ. Dans le premier cas, vous ferez bien de lui communiquer ce que je vous écris. S'il n'étoit point connu, il seroit à souhaiter que vous pussiez lui dire à l'oreille que nous sommes inquiets de voir son voyage se prolonger; mais surtout conduisez-vous dans ce dernier cas avec la plus grande circonspection.
M. nClL AU CARDINAL DE FLEURY '.
Pétersboarg, 10 décembre 1734.
Votre Éminence aura la grâce de me plaindre plutôt que de m'accuser d'une négociation dont je ne saurois nommer la qualité. Je crois le sieur de Rernardoni assez juste et raisonnable pour lui commettre qu'il plaidât ma cause devant Votre Éminence. Je ne parle pas du mérite, puisque, par malheur, je n'en ai pas pu trouver dans cette affaire ; il n'y a que mon innocence dont je voudrois bien faire convaincre Votre Éminence. Mes plaintes et malheurs sont les mêmes que ceux de M. de Bernardoni. Enfin, Monseigneur, la droiture et la justice très connue de Votre Éminence me font espérer qu'elle ne me donnera pas la faute où je n'en ai point.
J'ai l'honneur, etc.