CORRESPONDANCE DE M. DE SAINT-SÉVERIN
fait cette façon de penser. Je remarque que la Russie a fait, en différents temps et en différentes occasions, bien des déclarations en faveur des puissances dont les intérêts peuvent lui être chers, mais qu'elles n'ont été suivies d'aucune réalité. Les choses peuvent changer; ainsi je ne prétends nullement décider que la Russie restera ou ne restera pas dans l'inaction où elle s'est tenue depuis le commencement de cette guerre-ci.
LE ROI AU COMTE DE SAINT-^ÉVERlN
Versailles, 8 janvier 1745 *.
J'ai VU, par la lettre que vous m'avez écrite le 23 du mois dernier, que la maladie dont vous avez été attaqué depuis la fin de la diète de Grodno vous a réduit dans un tel état de foiblesse qu'il ne vous est pas possible d'entreprendre le voyage de Russie pour y remplir la commission importante dont j'avois jugé devoir vous charger. Je ne diffère pas à en informer le sieur Dalion à Pétersbourg, afin qu'il sache que c'est sur lui seul que je me repose désormais pour suivre à cette cour les affaires qui pourront intéresser le bien de mon service. Vous pouvez donc, lorsque votre santé sera assez bien rétablie, partir de Varsovie et revenir en France si vous le voulez, ou séjourner quelque temps à Dresde si vous le pouvez; et, en ce cas, vous y paroltriez sans aucun caractère public. Je ne puis, au reste, que vous recommander de vous donner tout le repos convenable pour le rétablissement de vos forces.
Sur ce, etc.
Écrit à Versailles, le 8 janvier 1745.
Signé :
Louis.
Plus bas :
De Voter.
LE MARQUIS d'aRGENSON .VU COMTE DE SAINT-SÉVERIN
Versailles, 8 janvier 1745 >.
J'ai reçu vos lettres des 1", 16 et 23 du mois dernier. Celle de votre secrétaire du 12 m'est aussi parvenue, et je ne diffère pas à vous renvoyer votre courrier avec la dépêche ci-jointe du Roi qui vous explique lui-même ses intentions sur l'impossibilité où vous vous êtes trouvé d'entreprendre,
i. A. E, Pologne, t. CCXXVIII, fol. 299. 2. Ibid., ibid,, fol. 300.
M. D'ALION