MINISTRE PLÉNIPOTENTIAIRE — DEUXIÈME MISSION
M. d'Alion, qui avait quifté la Russie après son altercation avec La Chétardie, avait reçu Tordre d'y retourner après le départ précipité du marquis.
Un passage de llnstruction à Saint-Séverin, où il est question de d'Alion, nous montre que <c le Roi ne jugeait pas qu'il pût avoir personnellement, auprès de cette princesse (Elisabeth) et de ses principaux ministres, toute la considération nécessaire pour discuter avec eux les affaires importantes » ; mais les lettres de M. de Saint-Séverin, affirmant au contraire, d'après Michel Bestoujef,que M. d'Alion avait été reçu à Pétersbourg avec distinction, avaient contribué à faire revenir le Roi sur cette impression.
M. d'Alion avait reçu une Instruction datée du 1*' août 1744 et quitté Paris en septembre. Il était arrivé le 10 novembre 1744 à Pétersbourg.
Si nous avons publié avant cette Instruction l'Instruction au comte de Saint-Séverin qui est du 29 novembre, c'est que nous n'avons pas voulu pi^atiquer une interruption dans la série des documents relatifs à la mission de M. d'Alion.
RAPPEL DE M. D'ALION» 1747. 479
du xYin* siècle autorisât le maintien des rapports diplomatiques entre deux puissances qui n'étaient en guerre qu'indirectement, le cabinet de Versailles ne se méprit point sur la portée de cet acte.
D'Alion fut rappelé en décembre 1747 ; lelO janvieri748,Bestoujef refusa de le faire admettre à Taudience de l'Impératrice : d'Alion remit donc les papiers à M. de Saint-Sauveur, consul à Pétersbourg, et la France n'eut plus en Russie ni ambassadeur ni ministre plénipotentiaire.