SOMMES FOURNIES
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Écoles du ministèra de l'Instruotion Dubliaiie ••..
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7,45o,ooo roubles.
Alix écoles mililaires «...
Aux écoles ecclcsîastiques
Aux écoles spéciales et diverses.
Total général
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98,734fi4i rouljles.
Sur ce nombre d*étèv«8 , 44,000 environ reçoivent une instruction supérieure; les autres se contentent de connaissances élémentaires ou pratiques. Ainsi le nombre des élèves gui suivent les écoles est à la population totale de Tempire dans le rapport approximatif de un à cent quarante.
Le gouvernement poursuit avec persévérance la tâche d éclairer le peuple russe; mais s'il peut décréter l'établissement d*un collège ou d*une académie, il est impuissant à donner la vie scientifique et morale. En dépit de toutes les précautions , les moyens dont se sert la Russie pour distribuer les lumières dans les diverses classes de sa hiérarchie sociale, étant le produit d'une civilisation plus complète , conservent Tesprit de leur origine ; et ils pousseront les intelligences à la liberté qui est inséparable de la science, ou au désespoir. Entre ces deux alternatives il ne peut y avoir qu'un état mixte et apathique, où tombent quelquefois les peuples qui ont passé par toutes les phases politiques, mais qui ne peut convenir longtemps à une nation qui est dans la période la plus active de son développement.
Les derniers voyages de l'empereur Nicolas , sa visite inattendue à liernadotte, ses excursions en Allemagne,
Îuî rappellent Tactivité inquiète de ierre le Grand, ont sans doute un but politique; mais le défaut de ren-
seignements positifs ne nous permet pas de caractériser ces démarches.
Nous nousr contenterons de répéter que le but du cabinet russe est de rompre, ou tout au moins de neutraliser l'alliance anglo - française : il manie habilement a cet effet tous les incidents qui naissent de la question hollando-belge , de celles d'Afrlcjpie et d'Espagne, et des embarras où s'est jetée ia France en rompant ses relations amicales avec la Suisse et le Mexique. Pendant que la Russie embrouille tous ces fils, elle protège à sa manière la Porte ottomane, la Grèce et la Perse; et déjà les contrées limitrophes de l'Inde s'émeuvent sous son influence. Toutefois , plus elle approche du but, plus l'Angleterre s'inquiète; et le dernier pas sera plus difficile que tous les autres.
Les mœurs russes , sous le règne actuel , ont repris une allure plus nationale; encore un quart de siècle de cette séquestration de l'empire en Europe, et le caractère asiatique aura envahi les plus hautes classes de la société, qui, sous l'empereur Alexan* dre , se faisaient remarquer par une
Solitesse et une élégance de langage ont s'étonnèrent souvent les cours étrangères. On peutdireque les sciences militaires ont été seules en progrès; les arts et les lettres , qui ont besom pour fleurir du soleil de la liberté , se courbent sous le niveau des institua
L'UNIVERS
lions. Depuis la mort du poète Pouchkin , les écrÎTains rusâtes ont quelque* fois fait preuve de talent ;-mais le génie et la véritable inspiration ont disparu. Après tout, iqu'irnporte ? La civilisation , en Russie , n*a pour mission que de perfectionner Tobéissance ; tout ce qui sortirait de cette limite , le pouvoir le regarderait moins comme un avantage que comme un obstacle.
Quant au caractère personnel de l'empereur Nicolas, il est écrit tout entier dans Tallocution qu'il a adressée à la députatiott de Varsovie en octobre 1835 : nous le résumerons en deux mots : inflexibilité et persévérance. Ses actes les plus absolus ont une empreinte de grandeur; il possède l'art diflicile d'associer son peuple aux mesures qui affermissent 1 absolutisme ; étrange spectacle que celui de tant de millions drhommes qui applaudissent à leur propre assujettissement, parce que le reflet de la gloire militaire dore leurs ehalaesl
Nicolas ne s'est point signalé personnellement par de hauts faits militaires ; mais il sait donner Timpulsion , démêler et récompenser le mérite ; dans une guerre européenne, il ferait marcher jusqu'au dernier homme , et dépenserait le dernier rouble, plutôt que de céder sur un point qui engagerait l'honneur de sa couronne. Il a montré un grand sang-froid dans des circonstances difficiles : -son attitude , lors de la révolution militaire de Saint-Pétersbourg, en 1824, a donné la mesure de sa fermeté. Quand le choléra éclata dans sa capitale , on l'a vu 6*avancer , le front sévère , au milieu d'une populace furieuse, lui reprocher eu termes brefs et incisifs son égarement , et la faire tomber à genoux d'un geste.
En 1828, les Russes reprirent, à Varna, plusieurs canons conquis sur les Polonais en 1444, lorsque Ladislas Jaeellon périt au siège de cette ville. Nicolas, à la vue de ce trophée , ordonna de transporter ces pièces à Varsovie pour en faire un monument national.
C'est par l'autorité de l'exemple, non moins que par ses avertissements su-*
prémes,qu*îl exerce une înflur nce irrésistible sur les masses ; il a le droit de recommander l'ordre, l'économie et les vertus de la famille, lui dont les mœurs sont rigides , et qui ne déploie de magnificence que pour récompenser d'éclatants services, ou pour TétaÛlssement de fondations utiles. Certes, sa sévérité a fréquemment dépassé les bornes; mais, po0r bien juger un prince, il faut lui tenir compte de certaines exigences de position : la plus impérieuse , peut-être , a été cette sorte de réaction qui, dans les États despotiques, imprime souvent à la politique du nouveau souverain une marche contraire à celle de son prédécesseur ; soit que les abus du règne qui vient de finir, s'attribuent aux traits caractéristiques les plus saillants du dernier autocrate, soit que le nouveau maître, pressé de Ù^rt acte depuissance, entre instinctivement dans le despotisme en s'éloignant des limites où , comme les autres , il a dd marcher le front courbé. Or, nous avons TU que les qualités dominaute-sd'Alexaodre étaient la clémence, et une douceur de formes qui n'excluait point une grande finesse de vues : c'en était assez pour préparer la Russie et le monde au gouvernementdur, franc et entier de l'empereur Nicolas : d'ailleurs , quand im homme d'un caractère fort est maître absolu de soixante millions d'âmes, comment ne serait-il pas tenté de briser violemment les résistances; et, quand son agrandissement personnel n'est que l'expression de la puissance collective de tout un peuple , peut-on nier* que ses efforts revêtent un caractère imposant? Ce prince peut quelquefois errer dans les moyens; maisi aux yeux de son peuple , le but l'absout; l'autocrate fait son devoir, pourquoi l'Europe ne fait-elle pas le sien ?
Les ancêtres de Nicolas ont dit aux Russes : Abjurez vos coutumes, vos mœurs, pour adopter les mœurs et les coutumes étrangères : Nicolas, prématurément , selon nous, a dit aux Ru§ses : Votre civilisation mûrira d'ellemême; désormais vous marcherez seuls...